Dossier
23 Sep, 2026
Hubert Boët
En 2020, la Commission européenne a présenté une « Stratégie européenne pour les données », visant à faire des données numériques une opportunité industrielle et politique. Cette stratégie a donné naissance au projet d’un espace de données sécurisé et partagé, le « Data Spaces Education Skills » (DASES), en vue de bâtir des services européens d’IA consacrés aux compétences. L’article analyse les rapports de force industriels et diplomatiques que le DASES et ses trois appels à projets sous-tendent, et évalue leur degré de rupture avec la mainmise économique et idéologique des Big Tech sur le numérique éducatif européen. Pour cela, il mêle une approche socio-économique de la filière des logiciels éducatifs aux infrastructure et platform studies et à l’analyse dynamique de l’innovation de Patrice Flichy. L’analyse des discours programmatiques révèle une utopie connexionniste « centrée sur l’humain », consistant en un projet social-libéral permis par des données et des IA « souveraines ». Cependant, la concrétisation des cas d’usage montre des rapports de force asymétriques, alors que la faiblesse des moyens engagés et la régulation erratique du cloud ne remettent pas en cause l’hégémonie des Big Tech. À l’aune de la théorie de l’industrialisation de la formation, ce programme témoigne en outre d’une plateformisation de l’éducation, adoptant les orientations des plateformes éducatives et des offres de Big Tech.
23 Sep, 2026
Alphée Yannick Hilaire Ngalli Ngomo
Cette étude analyse la collection numérique DICAMES pour comprendre sa gouvernance et la circulation des données. Mobilisant une méthodologie bibliométrique, elle révèle une répartition géographique inégale et des biais structurels dans les métadonnées. L’article préconise une normalisation des données et une double validation pour corriger ces lacunes. Au-delà des aspects techniques, il mobilise les notions de souveraineté informationnelle et de diplomatie scientifique, concluant sur la nécessité de faire de ces archives des leviers stratégiques pour renforcer la position de l’Afrique dans le paysage scientifique mondial.
23 Sep, 2026
Sylvie Marciset-Sognos
Cet article examine les enjeux scientifiques du partage et du ré-usage des données dans un contexte marqué par la « datafication » et les mutations de la communication scientifique numérique. La science ouverte, devenue priorité politique, met en tension souveraineté, gouvernance des données en soulevant des enjeux éthiques, économiques, politiques et épistémologiques. En mobilisant la notion de compromis chez Ricœur (1991) et la notion de médiation en Sciences de l’information et de la communication, l’analyse observe les intersections entre ordres de grandeur et figures de médiation. À partir de la littérature récente sur le ré-usage des données en SHS, elle expose les difficultés de leur gestion ouverte et questionne le « travail scientifique des données » (data scholarship) comme agencement complexe des relations entre données et recherche.
23 Sep, 2026
Raphaëlle Bats, Mathilde Garnier
L’ouverture des données scientifiques, principalement organisée pour les pairs, peine à toucher les non-spécialistes alors que leur accès présente un enjeu démocratique fort. Cet article présente une expérimentation visant à rendre les données accessibles et appropriables par tou·tes à travers un travail diplomatique d’attention et d’écoute des besoins, des valeurs et des enjeux en matière de diffusion et de réception de l’information scientifique. Dans une démarche participative et lors de plusieurs types d’ateliers avec des citoyen.nes, différentes approches et lectures de documents produits dans des projets d’écologie forestière ont fait émerger des récits multiples et contextuels permettant de négocier les métadonnées nécessaires à décrire, partager et rendre réutilisables les données scientifiques. Ce travail sensible de diplomatie permet de construire une cartographie de ces documents, outil d’analyse et de navigation, préalable à l’édition d’une base informationnelle d’un outil de médiation scientifique numérique, passerelle entre le monde académique et la société.
23 Sep, 2026
Chérifa Boukacem Zeghmouri, Candice Fillaud
Alors que le partage des données de la recherche occupe une place importante des politiques de Science Ouverte, leur réutilisation qui en constitue l’oblitération reste encore peu traitée dans la littérature autour de la Science Ouverte. Or, la réutilisation permet d’aborder l’enjeu du partage au-delà des logiques normatives qui ont présidé à la définition des discours institutionnels et de l’opérationnalité des infrastructures mises à disposition. En se fondant sur les travaux de deux projets de recherche (Harbinger 1 et 2 et JuDDGES), le présent article montre que la question du partage des données traitée en relation avec celle de leur réutilisation révèle beaucoup des relations qui se tissent et se négocient entre le large prisme des acteurs impliqués dans ce que nous appellerons « l’événement de réutilisation ». L’approche diplomatique est particulièrement féconde pour prendre en compte la complexité dans laquelle se nouent ces relations et la nature des logiques qui y interviennent. Abordée sous l’angle des SIC (médiations à l’œuvre, recherche d’information…), elle révèle les dynamiques et les tensions dans lesquelles les propriétés de la valeur des données rencontrent un marché symbolique (des savoirs) et économique (des plateformes).
23 Sep, 2026
Luis Roman Arciniega Gil, Manuel Munier
Dans un contexte de numérisation généralisée, les données scientifiques sont devenues une ressource stratégique se situant à la croisée de la libre circulation des savoirs, de la souveraineté et de la justice sociale. Cet article analyse les conditions d’une gouvernance équitable des data commons scientifiques en s’appuyant sur la théorie des communs, l’analyse comportementale du droit et la diplomatie normative. En ce sens, l’Union européenne apparaît comme une puissance régulatrice dont les instruments juridiques incarnent un modèle fondé sur la transparence et sur la protection des droits, mais qui présente également des ambivalences hégémoniques. En réponse, nous proposons un modèle de gouvernance bio-inspiré, centré sur la confiance, la réciprocité et la résilience adaptative, illustré par plusieurs exemples empiriques déjà mis en pratique dans différents contextes, et qui pourraient soutenir une application potentielle dans le domaine des données. Ce modèle ouvre la voie à une diplomatie des données plus inclusive et durable.
23 Sep, 2026
Saliha Hadna
En s’appuyant sur une série d’entretiens et une analyse documentaire sur la controverse autour des cancers pédiatriques de Sainte-Pazanne, on montre dans un premier temps que la création du collectif Stop aux Cancers de nos Enfants (SCE) a contribué à l’institutionnalisation du mouvement citoyen. Il devient un interlocuteur privilégié des services de l’État en même temps que le révélateur de leurs limites dans la gestion du problème sanitaire. On montre dans un second temps que la mise en place de l’Institut citoyen de recherche et de prévention en santé environnementale (ICRePSE) participe à la scientifisation de l’argumentaire citoyen qui place au cœur de ses enjeux un concept rapidement écarté dans la démarche d’enquête des services de l’État : l’effet cocktail. La production de données épidémiologiques apparaît alors au centre des rapports de forces : tantôt évitées, tantôt recherchées. Le mouvement trouve un écho plus important à l’échelle nationale qui semble plus soucieuse de la situation locale, ce que démontre la récente adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi sur la création d’un registre national des cancers.
23 Sep, 2026
Julien Hocine, Julia Bihl, Normand Landry, Simon Fitzbay, Marie-Josée Dupuis
Dans un contexte marqué par la montée d’un autoritarisme numérique qui instrumentalise les données à des fins de surveillance, de censure et de propagande, cet article analyse les pratiques numériques des défenseur·es des droits humains. Fondé sur une revue systématique de 111 articles savants, il fait la démonstration que ces pratiques constituent une production normative implicite qui conteste les modèles étatiques de gouvernance des données. De fait, elles sont conceptualisées comme une « diplomatie des données par le bas » qui rompt avec une vision de la diplomatie comme une prérogative exclusivement étatique ou technocratique et vise à établir de nouvelles normes pour une circulation plus juste et sécurisée des données sensibles.
23 Sep, 2026
Anne Lehmans
20 Sep, 2026
Dossier 2026 ADiplomatie des données [Version PDF de 153 pages]Ce dossier a été coordonné par Anne Lehmans➤ Introduction du dossier 2026 A : Diplomatie des donnéesAnne Lehmans➤ Une « diplomatie des données par le bas » : la défense des droits humains en contexte...
8 Déc, 2025
Odile Chatirichvili
Cet article porte sur les usages de la photographie de scientifiques dans le cas particulier des mathématiques contemporaines, en s’appuyant sur une analyse sémiotique des clichés photographiques issus de l’ouvrage La Maison des mathématiques (Villani, Uzan, Moncorgé, 2014). Publié dans le cadre de la stratégie de communication d’une institution de recherche, l’Institut Henri Poincaré, alors en évolution quant à son image sociale et à son rapport à la société, l’ouvrage ouvre un terrain de réflexion sur ce que les organismes montrent des mathématiques en tant que pratiques et expériences.
8 Déc, 2025
Sarah.Rakotoary
Cet article examine les dynamiques de la vulgarisation scientifique sur des plateformes numériques, en se concentrant sur TikTok. Il explore la transition de la médiation scientifique classique vers une médiatisation adaptée aux logiques des réseaux socionumériques, où les créateur·rice·s de contenu jouent un rôle clé. L’analyse de l’écriture scientifique « plateformisée » révèle comment ces acteur·rice·s construisent et affirment leur identité numérique tout en naviguant entre les exigences des algorithmes et les attentes du public. En s’appuyant sur des exemples de remédiation de pratiques et de stratégies identitaires, l’article met en lumière les formes renégociées, multi-formats et engageants de la diffusion des savoirs scientifiques.
8 Déc, 2025
Nicolas Brard
L’essor des médias vidéo sur Instagram, et leur dimension presque incontournable auprès de certains publics, interrogent leur rôle dans la médiation scientifique. Cet article analyse cette question à travers le traitement du sujet de la santé mentale par Brut, Konbini et FranceTVSlash (2021-2023). L’étude met en lumière une convergence des enjeux entre les médias vidéo et la médiation scientifique. Elle relève une éditorialisation marquée par des récits personnels, un cadrage événementiel et le rôle de l’influence. La diversité des acteurs — experts, témoins et personnalités publiques — reflète une évolution de la professionnalisation et des légitimités dans la diffusion des savoirs. Enfin, ces médias, bien que favorisant des approches participatives, révèlent un cloisonnement des rôles et une faible intégration des institutions scientifiques.
8 Déc, 2025
Benoist Blanchard
Cet article examine la manière avec laquelle les vulgarisateurs scientifiques amateurs francophones sur YouTube sont perçus, décrits et légitimés dans l’espace médiatique. À travers l’analyse de 176 articles de presse française entre 2016 et 2022, nous explorons la construction médiatique de ces vidéastes qui sont associés à des « figures ». L’étude révèle la manière dont ces vidéastes, experts, passionnés ou militants, influencent la réception publique de la science tout en illustrant la diversité des rôles attribués aux savoirs scientifiques dans l’espace médiatique.
8 Déc, 2025
Léo Tertrais-Flamand, Alex Maignan
Les tests psychologiques, disponibles aujourd’hui massivement en ligne, sont des objets d’investigation particulièrement intéressants pour réfléchir à la question de la diffusion et de la médiation de la culture psychologique contemporaine. Partant du succès de Psychologies Magazine depuis les années 1970, l’objectif de cet article est d’analyser l’évolution des formes et fonctions des tests psychologiques qui y sont publiés. Nous montrons que leur vocation est à la fois tributaire des dynamiques éditoriales du magazine (de la vulgarisation au développement personnel), mais aussi plus généralement des recompositions de la culture psychologique et de l’espace des professions psychothérapeutiques contemporaines.
8 Déc, 2025
Olivier Tredan, Marie-Claude Savoie, Fábio Henrique Pereira
Cet article porte sur les formes d’appropriation de l’information scientifique et aux médiations utilisées. Il explore les usages ordinaires de la production scientifique dans un quartier de Québec. Il se penche sur la manière dont les réunions publiques, les médias locaux et les espaces de discussion en ligne mobilisent les savoirs scientifiques dans le cadre de leurs activités. Différentes techniques de collecte de données ont été utilisées, l’accent étant mis sur une observation participante et des entretiens semi-directifs. Les résultats mettent en évidence un désintérêt relatif des répondants pour les dispositifs de vulgarisation de la science, y compris pour le journalisme. À son tour, le territoire organise les réseaux de sociabilité, structure les pratiques culturelles et configure les usages des savoirs scientifiques.
8 Déc, 2025
Stéphane Djahanchahi
Cet article porte sur la question de l’automédication au cannabis thérapeutique. Cette recherche portait sur des processus de médiation liés aux usages sociaux de savoirs scientifiques et techniques. Nous avons étudié des forums d’usagers et cultivateurs de cannabis pour interroger les dimensions normatives de ces dispositifs. L’analyse a porté sur les logiques de légitimation des connaissances qui sous-tendent la diffusion des savoirs pratiques liés à l’automédication, en dehors, voire en opposition à l’autorité de santé. Nous présentons nos résultats concernant la légitimation des savoir-faire pratiques clandestins appuyés sur des connaissances scientifiques et techniques.
8 Déc, 2025
Yohann Garcia
Cet article étudie la médiation des savoirs en santé environnementale à partir des dispositifs de prévention des perturbateurs endocriniens. Sur la base d’une enquête ethnographique combinant des observations d’ateliers de prévention dans deux services de maternité publique et des entretiens avec leurs animatrices et leurs participant·es, il montre comment cette configuration de la médiation, tout en faisant advenir de nouvelles catégories de médiatrices et de médiateurs, conduit à un usage normatif des savoirs. Se dessine alors une médiation du biopouvoir davantage tournée vers l’encadrement des conduites individuelles que vers l’« encapacitation » des publics. Au-delà des enjeux de pouvoir, la médiation observée est susceptible de reproduire les inégalités sociales sans régler le problème des expositions ubiquitaires aux substances chimiques.
8 Déc, 2025
Saliha Hadna
En s’intéressant à la controverse autour de la qualité de l’air à Saint-Nazaire, cet article analyse la manière dont les revendications locales en faveur de la production de données épidémiologiques se heurtent à plusieurs formes d’ignorances. À partir d’un corpus combinant une dizaine d’entretiens semi-directifs menés auprès des parties prenantes (élus, associations, services de l’Etat) avec une analyse de la littérature grise (rapports officiels, services de l’Etat, DREAL) et de la PQR sur la pollution de l’air, cet article cherche à comprendre comment l’expertise institutionnelle a moins contribué à apporter des réponses aux populations qu’à entretenir l’ignorance sur les origines de la surmortalité par cancer soulevée par l’ORS en 2019. Il tente de saisir ce que les discours des experts révèlent des logiques d’(in)action qui ont pu conduire sur certains territoires à une véritable « culture de la défiance » (Bensaude-Vincent et Dorthe, 2023). L’article met ainsi en exergue quatre processus de production d’ignorance : la foi dans la réglementation, l’absence d’urgence, la globalisation des facteurs de risques, la carence épistémologique concernant l’effet cocktail.
8 Déc, 2025
Marie-Christine Bordeaux, Mikaël Chambru
8 Déc, 2025
Dossier 2025 B Enjeux publics de la médiatisation des sciences [Version PDF de 136 pages] Ce dossier a été coordonné par Marie-Christine Bordeaux et Mikaël Chambru ➤ Introduction du dossier 2025 B : Enjeux publics de la médiatisation des sciences...
8 Nov, 2025
Claudia Adrianzen Lapouble, Laure Bolka-Tabary, Éric Kergosien
La Grande Enquête !, émission télévisée au cœur du Projet MérLin – portée par l’Université de Lille dans le cadre du label SAPS – illustre l’implication croissante des universités dans la médiation scientifique. En tant que membres du comité de rédaction de l’émission, notre équipe de chercheur·e·s en Sciences de l’Information et de la Communication a participé à la conception et à la réalisation de cette émission télévisée scientifique, et observer la complexité des dynamiques éditoriales issues du partenariat entre université, chaîne de télévision et association de médiation scientifique. Grâce à une méthodologie mixte combinant entretiens semi-directifs avec les acteur·ice·s du projet, observation participante et analyse des émissions, l’article examine la construction éditoriale et la médiation des savoirs scientifiques dans une émission télévisée co-réalisée en contexte universitaire.
8 Nov, 2025
Anna Mesclon
À partir d’une enquête dans un muséum d’histoire naturelle français, cet article repose sur une analyse socio-historique d’une institution de culture scientifique entre 1950 et 2020, en se focalisant sur les visées que ses personnels attribuent à leur travail. Il montre la coexistence, dans l’équipe actuelle, de deux approches – « scolastique » et « naturaliste » – du rôle du musée dans la transmission des sciences. La première, qui correspond à l’approche centrale aujourd’hui, est investie par les agents les plus diplômés ; tandis que la seconde, ancrée de plus longue date au musée, y a suivi une trajectoire de sédimentation et de déclassement. En rapprochant la trajectoire du muséum et celle de ses travailleurs, l’article analyse des transformations et des variations dans la façon d’envisager la transmission des sciences dans une institution ancienne et peu étudiée par les sciences sociales, soulignant le rôle des socialisations scientifiques des travailleurs sur leurs propres perceptions.
8 Nov, 2025
Marie-Noëlle Doutreix, Simon Gadras, Isabelle Hare, Annelise Touboul
Cet article porte sur les représentations en jeu dans un projet “Science Avec et Pour la Société”, une résidence croisée chercheur·e-journaliste. Nous avons observé l’importance, la place et le rôle de ces représentations dans la construction du dispositif ainsi que sa mise en œuvre. Ces représentations croisées émanant des trois instances en présence (organisatrices, journalistes et chercheure) se donnent à voir dans les restitutions, oscillant entre des idées-reçues à combattre et des “vérités” à restaurer.
8 Nov, 2025
Marie Després-Lonnet
Cet article analyse la façon dont des savoirs collectifs se sont construits autour de la conception et de la fabrication de masques en tissu lors de la pandémie de Covid-19. En analysant les échanges qui ont eu lieu dans un groupe Facebook de couturières bénévoles à la suite d’un partage d’informations officielles ou de documents de cadrage, il met en évidence les tensions entre savoirs institutionnels et savoirs pratiques, ainsi que les enjeux soulevés par la légitimation des normes et des discours scientifiques. L’étude révèle la manière dont un groupe, initialement conçu pour favoriser l’entraide entre couturières, s’est transformé en un espace de discussion favorisant l’appropriation, l’interprétation et parfois la remise en question des cadres normatifs et des savoirs afférents. Plus généralement, cet article examine le rôle des groupes de citoyens, et plus particulièrement des femmes, dans la diffusion et la stabilisation des connaissances en temps de crise.
8 Nov, 2025
Émilie Kohlmann, Aude Inaudi, Amélie Coulbaut-Lazzarini
Cet article porte sur le statut du livre à la fois dans sa dimension symbolique et fonctionnelle afin d’interroger les évolutions de la médiation scientifique et les tensions entre différentes représentations de la science et du public, dans un univers où se croise une grande diversité d’acteurs. L’hypothèse est que pour répondre à leur objectif de reconnaissance, les acteurs de la médiation scientifique ont recours à différents éléments symboliques, dont le livre en tant que représentant d’une connaissance scientifique fiable et stabilisée. Objet-frontière, le livre permet d’articuler différents métiers et compétences de la médiation scientifique. Indirectement, il sert à asseoir la légitimité des discours et des acteurs, ainsi qu’à ouvrir sur des dispositifs dans lesquels la place du public est reconsidérée.
8 Nov, 2025
Chérifa Boukacem-Zeghmouri
Le texte vise à rendre compte de la manière dont la restructuration du secteur de la publication autour des modèles ouverts et des plateformes numériques a conduit les grands groupes de l’édition scientifique à envisager le champ de la communication des sciences comme une extension du champ de la communication scientifique pour leurs luttes de domination et de légitimation. L’exemple des revues The Lancet et Nature, respectivement médicale et généraliste, et leurs stratégies éditoriales sur leurs comptes de réseaux sociaux grand public, montre la variété, la richesse et la complexité des contenus diffusés, au service d’une médiation socio-scientifique, qui fidélise un vivier de lecteurs et d’auteurs, mais qui permet aussi de se démarquer et de se distinguer vis-à-vis de leurs concurrents.