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Varia 2023

Varia 2023   [Version PDF intégrale à paraître]   [display-posts taxonomy="type_article" tax_term="varia" taxonomy_2="annee" tax_2_term="2023" tax_operator=‘IN’ posts_per_page="-1" date_format="j M, Y" include_date="true" include_excerpt="true"...

Paradoxes info-communicationnels et usages de l’expression sobriété numérique

Delphine Dupré, Nadège Soubiale
Cet article vise à explorer la diffusion info-communicationnelle de conflits normatifs (Hoang, Mellot, et Prodhomme, 2022) liés à l’injonction à la sobriété numérique (Bordage, 2019 ; Flipo, 2020) dans la presse professionnelle et la presse généraliste. La démarche s’appuie pour cela sur une analyse lexico-sémantique d’un corpus de 227 articles de presse parus entre janvier 2020 et mars 2022. Les univers sémantiques issus de l’analyse révèlent deux imaginaires contrastés de la sobriété numérique : celui du développement durable, propre à la presse du secteur public mais aussi de la communication, et celui de la transition écologique, davantage porté par la presse d’opinion et de vulgarisation scientifique.

Véridicité de l’information : un concept opérationnel pour l’éducation critique aux médias

Muriel Béasse
Le phénomène des fake news est une opportunité d’interroger les liens entre journalisme et vérité en considérant, en miroir, la relation que les journalistes tissent avec leurs publics, et ce, au sein même de leurs récits d’information. Cette contribution s’intéresse à la notion de véridicité, au centre de l’énonciation journalistique, afin d’offrir des repères au cœur de la triade journalisme-vérité-publics. Elle s’avère pertinente pour comprendre la pluralité des pratiques d’écriture de l’information et servir d’outil dans le cadre de formations critiques aux médias. L’analyse d’indicateurs de véridicité dans des reportages multimédias et des enquêtes graphiques permet d’interroger les stratégies discursives du journalisme et leurs dimensions pédagogiques auprès des publics.

Quand l’émotion l’emporte sur la raison : les publics de RT France face au terme de fake news

Gulnara Zakharova
L’article examine le terme de fake news appliqué à RT France (anciennement Russia Today), chaîne transnationale d’information en continu financée par l’État russe. Accusée d’avoir diffusé des fake news depuis son lancement en 2017, la chaîne a été interdite dans l’UE en 2022 à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Or, elle a déployé une stratégie de « retournement de situation », se présentant comme la victime de la censure et objet de discrimination, créant de fait un lien affectif avec ses publics, qui se sentent marginalisés et exclus de l’espace public dominant. En s’appuyant sur la théorie des contre-publics subalternes et à travers des entretiens semi-directifs des utilisateurs Twitter, l’article démontre que les sympathisants de RT perçoivent le terme fake news comme une « étiquette », injustement attribué à la chaîne, qui renforce leur confiance à l’égard de RT France au lieu de les avertir des risques potentiels de la consommation de ses contenus.

Loi française contre la manipulation de l’information en période électorale et pratiques professionnelles des journalistes face au phénomène des fake news

Mathieu-Robert Sauvé , Alexandre Coutant
Cet article propose d’analyser les conséquences de la loi contre la manipulation de l’information sur la production journalistique de la presse écrite durant les élections présidentielles de 2022 en France. De quelles manières les pratiques professionnelles ont-elles été affectées par ce nouvel encadrement juridique et quelle en a été la perception des journalistes ? Ces questions ont été explorées dans un questionnaire envoyé aux journalistes de terrain, une observation de leurs activités au travail et lors de dix entretiens avec des responsables de la rédaction de médias de France. L’analyse démontre que cette loi n’a eu à leurs yeux aucun effet sur la pratique du métier et n’a pas contribué à diminuer le nombre ni l’ampleur des fausses nouvelles. Les journalistes estiment que leur expertise est déjà fortement balisée par le droit français et renvoient la responsabilité de la vague de désinformation aux médias socio-numériques. Pour lutter contre la désinformation, c’est à leur impunité qu’il faut s’attaquer, clament-ils, en appelant à de meilleurs programmes d’éducation aux médias. Nous discutons cette perception du phénomène par la profession et questionnons ce que cela implique en termes de permanence de pratiques professionnelles.

La réception et le partage de (fausses) informations par les adolescents : des pratiques situées

Manon Berriche
À partir d’une approche pragmatique et interactionniste, cette étude examine comment la réception et le partage de (fausses) informations peuvent être favorisés ou au contraire entravés par certaines situations selon les contraintes énonciatives qui les sous-tendent. En reposant sur des entretiens collectifs, des observations et un dispositif expérimental, conduits au sein d’une classe de 4ème, cet article montre que les réactions des adolescents face aux (fausses) informations sont loin d’être une constante dépendant uniquement de variables cognitives et individuelles, mais varient selon le degré de publicité des situations.

Des « localiers » responsables de la diffusion de fausses informations ? Une défiance forte du politique.

Anaïs Théviot
Comment est vu le rôle du journaliste par les candidats et les militants dans la lutte contre la circulation rapide et massive de fausses informations en campagne électorale ? Cette interrogation sur la perception du rôle des localiers dans la diffusion de « fake-news » s’est fait jour lors de la conduite de notre enquête empirique sur le cas de l’élection municipale à Angers en 2020. Il est rapidement ressorti des entretiens avec les militants un climat de crainte autour de l’usage des réseaux sociaux justifié par la peur des fausses informations et de leur diffusion généralisée, même par ceux qui sont censés lutter contre. Nous verrons que la défiance est forte entre candidats et journalistes : les premiers accusant les seconds de participer à des campagnes de désinformation, en privilégiant le sensationnel et les polémiques à l’analyse. Ces accusations par le politique participent au dénigrement du métier de journaliste et interrogent sur les spécificités de la lutte contre les fausses informations dans l’espace local.

Fausser l’information journalistique pour mobiliser les algorithmes et les publics : comment les plateformes permettent-elles de faire du vrai avec du faux ?

Camille Alloing
Afin d’étudier la circulation des fake news en ligne, cet article propose une analyse info-communicationnelle du traitement endogène et automatisé des contenus journalistiques sur les médias socio-numériques dans un contexte de controverse environnementale. Regarder ce qui est fait avec ces contenus pour mobiliser des publics à soutenir une cause permet de définir une typologie de pratiques visant tant à les mettre en contexte qu’en circulation. Les contenus journalistiques étant eux-mêmes standardisés pour maximiser l’audience sur les plateformes, ils deviennent le meilleur moyen d’informer, de mobiliser comme de désinformer, sans avoir nécessairement à les reproduire de manière factice. La désinformation en ligne apparait ainsi comme une conséquence de la plateformisation de l’information et de la communication qui l’autorise voire la renforce.

Le debunking sur YouTube : une nouvelle pratique de lutte contre la désinformation en marge du ­journalisme

Florian Dauphin
Cet article s’intéresse à des acteurs en marge du journalisme, qui produisent des contenus pour lutter contre la désinformation. Ils réalisent des vidéos sur YouTube, qu’ils jugent avoir le plus d’efficacité afin de combattre, « debunker » selon leur terme, c’est-à-dire démystifier des théories, croyances ou informations qu’ils jugent fausses : « fake news », pseudo-sciences et théories complotistes. Ils se revendiquent sceptiques et partie prenante de la zététique. Notre interrogation consiste à comprendre les enjeux du debunking, et ses différences avec le fact-checking, en termes de stratégies et d’effets perçus par rapport aux publics.

L’autorité journalistique et ses failles : factualité, « bullshit » et « presque-vérité »

Alexandre Joux
Face aux fake news, le fact-checking rappelle les faits et atteste de leur véracité. Il passe toutefois sous silence la portée communicationnelle du journalisme qui, en s’adressant au public, vise aussi à donner du sens aux évènements. De ce point de vue, le journalisme semble démuni face au « bullshit », à savoir tous ces énoncés performatifs qui ignorent les faits plus qu’ils ne les trahissent. L’autorité du jour- nalisme s’en trouve affaiblie faute d’affirmer sa dimension politique, à savoir l’engagement qui consiste, pour son public, à interpréter les évènements dans une perspective la plus rationnelle possible. C’est ce qu’illustre le discours sur l’éducation aux médias associé au Décodex ou le fact-checking du débat de l’entre-deux tours de la présidentielle française de 2022 par CheckNews et les Décodeurs.

Supplément 2023 A : journalistes et publics face aux « fake news »

Supplément 2023 AJournalistes et publics face aux « fake news » [Version PDF de 149 pages]Ce supplément a été coordonné par Vincent Carlino et Nathalie Pignard-Cheynel.➤ Introduction du supplément 2023 A : Saisir les pratiques de production et de réception des « fake...

La chaîne télévisée russe Dojd : évolution du modèle économique d’un média indépendant grâce au web participatif

Vitaly Buduchev
L’article retrace l’évolution de la chaîne télévisée indépendante russe Dojd. Il analyse son modèle économique, fondé sur la rhétorique participative et la diffusion sur le web. L’adoption du format web et l’appui sur les publics permettent à la chaîne de s’installer dans le paysage médiatique russe et de s’adapter aux contraintes économiques imposées par le pouvoir. Dojd cherchait initialement à garder un équilibre entre son public et le pouvoir autoritaire qui contrôle les diffuseurs traditionnels. Finalement, le modèle participatif amène la chaîne à privilégier les aspirations de la communauté des publics critiques envers le pouvoir. Cela expose la chaîne aux pressions économiques du pouvoir, la prive d’accès aux publicitaires et aux diffuseurs traditionnels mais lui permet de continuer d’exister et de s’adapter aux contraintes imposées par le pouvoir.

Les podcasts natifs d’information en France : méthodologie pour un recensement de l’offre

Marie-Éva Lesaunier
Cet article présente la méthodologie employée pour le recensement des podcasts natifs d’information français dans le cadre de l’Observatoire du podcast (programme Obcast). Un tel recensement, dans un contexte de croissance rapide du secteur, contribue à une meilleure connaissance de l’offre, pour la recherche et pour le monde professionnel naissant, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif. Il constitue aussi un premier jalon, important pour les recherches en cours et à venir sur le secteur du podcast, puisqu’il permet de faire émerger des questions, des hypothèses et des terrains de recherche. Ainsi, nous montrons que les stratégies de valorisation des podcasts sur le site de leur producteur sont très hétérogènes et interrogeons le processus de normalisation technique et professionnelle à l’œuvre dans le secteur. Nous attirons enfin l’attention sur des corpus de podcasts revêtant un intérêt particulier du fait de leur thématique (coulisses du journalisme, notamment).

Télévision numérique au Sénégal et promesses politiques

Ngagne Fall
Le Sénégal a débuté un processus de passage des techniques analogiques vers les techniques numériques le 17 juin 2015. La transition s’effectue dans un contexte marqué par la notion d’« innovation » dans les discours politiques. Ceux-ci mettent en évidence le fait que le Sénégal est entré dans « l’ère du numérique ». Il s’agit de comprendre en quoi le numérique pourrait être considéré comme un outil au service des politiques, serait porteur d’enjeux communicationnels et favoriserait le développement économique du pays. L’analyse des discours confronte les promesses de la TNT avec les réalisations. Elle met en évidence le fait que les discours politiques sur la TNT sont fondés sur un fort technodéterminisme.

Dossier 2023 : Pouvoir local et dispositifs numériques

Dossier 2023 Pouvoir local et dispositifs numériques [Version PDF intégrale 130 pages] Coordination : Stéphanie Wojcik, Clément Mabi, Raphaël Lupovici ➤ Introduction du dossier : pouvoir local et dispositifs numériques Stéphanie Wojcik - Clément Mabi - Raphaël...

À la recherche du citoyen « ordinaire », les publics imaginés de l’ouverture des données publiques au niveau municipal

À partir de l’étude du Portail des données ouvertes de la Ville de Montréal (Canada), cet article rend compte des publics de l’open data municipal à trois niveaux : les publics imaginés dans les discours, les publics configurés par le dispositif numérique, et les publics construits à travers les stratégies d’acteurs. Nous montrons comment la figure du citoyen « ordinaire » est travaillée discursivement et pratiquement, et comment les (non) usages du portail constituent des indices des attentes des publics effectifs qui, réinterprétés par les acteurs, contribuent à faire évoluer les publics et leurs représentations. Au-delà du constat de la non-équivalence entre les publics idéaux et les publics empiriques, l’étude encourage à prêter attention aux stratégies d’adaptation variées qui en résultent.

Facebook comme appui médiatique de l’action collective : fabrique des groupements et intégration du mouvement contre le barrage de Sivens

Dans cet article, nous analysons la manière dont les collectifs en lutte à Sivens ont utilisé les espaces « Groupe » et « Page » de Facebook comme espace de médiatisation de leur action collective. Ainsi, nous étudions comment les différents répertoires d’action militants du conflit s’incarnent dans des sous- répertoires médiatiques dont la fonction est double. Premièrement, l’animation éditoriale de ces dispositifs socio-techniques capacite la structuration spécifique de chaque entité mobilisée. Mais dans un second temps, la dynamique militante « hors ligne » qui ambitionne d’intégrer ces collectifs dans un mouvement contre le projet de barrage trouve une matérialité « en ligne » sur le réseau socio-numérique.

Actions collectives en ligne : un acte individuel pensé pour le bien commun ?

Les recherches sur l’action collective en ligne ont porté sur la possibilité d’une articulation entre objectifs partagés et initiatives individuelles. La nature peu astreignante voire peu consistante de celles-ci conduit parfois certain.es auteur.es à reléguer les questions de rationalité (au sens de M. Olson) et de « calcul » aux théories classiques de l’action collective. Cet article souhaite donc proposer une réflexion sur la manière dont, au sein d’actions collectives en ligne, un acte individuel peut tout à la fois s’avérer peu coûteux et malgré tout reposer sur une réflexion intentionnelle, non pas dans un état d’esprit strictement utilitariste mais orientée vers un but collectivement poursuivi. Deux modes opératoires, reposant sur des actions individuelles désireuses d’être utiles pour un projet commun, ont été extraits de notre analyse : le « porte-parole auto-désigné » et « l’astuce de l’effet cumulatif ».

Fabrication numérique à Barcelone : les effets sociopolitiques de la participation lors des Mercredis Makers

Cet article décrit les effets sociaux et politiques qui se dégagent des dynamiques participatives à l’œuvre lors des Mercredis Makers [DimecresFab] de la Fab Casa del Mig à
Barcelone. Ce texte s’appuie sur les sciences sociales et la perspective critique appliquée aux techniques et mobilise les données d’une étude empirique et qualitative fondée sur une ethnographie d’un an au sein du makerspace. En favorisant l’autonomie des usagers, la redistribution des savoirs et le développement de liens avec les réalités sociales et historiques locales, les Mercredis Makers permettent aux citoyens-usagers de déployer des capacités d’actions et de réflexions en matière technique. À la lumière de l’exploration et de l’analyse de ces sessions de fabrication numérique et d’électronique ouvertes et collectives, il apparaît que la participation contribue à démocratiser les techniques et à rendre visible leur dimension politique.

Expression citoyenne et usages d’une plateforme numérique participative locale

Cet article présente les résultats d’une recherche réalisée auprès d’habitants de Grenoble Alpes Métropole afin de recueillir leurs positions sur la place de la concertation dans leur vision de la politique locale et leurs manières d’appréhender l’usage d’une plateforme numérique participative institutionnelle. Plus précisément, nous présentons les usagers d’une plateforme numérique participative et nous documentons leurs pratiques numériques ainsi que la place qu’ils y accordent dans leur engagement citoyen, qu’il soit individuel ou porté par des collectifs. Ces usagers se perçoivent-ils comme des citoyens contributeurs ou comme un collectif formant un public ?

Appel à articles : Les reconfigurations de l’information télévisée

Actualités Revue scientifique en sciences de l’information et de la communication Numéro coordonné par Céline Ségur, Crem, université de Lorraine (celine.segur@univlorraine.fr)Le dossier propose de s’interroger sur l’évolution de la production et de la réception de...

« L’ antisystème » : de la formule à la posture médiatique

Lucie Raymond
Partant du constat que le terme « antisystème » circule dans les sphères médiatiques et académiques sans pour autant faire l’objet d’une conceptualisation précise, cet article propose quelques pistes pour déconstruire ce terme flou et difficile à saisir. Il s’agit de cerner dans un premier temps les diverses définitions de l’« antisystème » et des études qui lui ont été dédiées, à l’appui d’une enquête sémantique, étymologique et scientifique du terme. Et ce, avant de proposer dans une seconde étape une analyse détaillée de ses usages médiatiques au sein de la presse nationale française, permettant de faire émerger la diversité et les caractéristiques des acteurs se revendiquant ou étant qualifiés d’« antisystème ».

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