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Véridicité de l’information : un concept opérationnel pour l’éducation critique aux médias

18 Nov, 2023

Résumé

Le phénomène des fake news est une opportunité d’interroger les liens entre journalisme et vérité en considérant, en miroir, la relation que les journalistes tissent avec leurs publics, et ce, au sein même de leurs récits d’information. Cette contribution s’intéresse à la notion de véridicité, au centre de l’énonciation journalistique, afin d’offrir des repères au cœur de la triade journalisme-vérité-publics. Elle s’avère pertinente pour comprendre la pluralité des pratiques d’écriture de l’information et servir d’outil dans le cadre de formations critiques aux médias. L’analyse d’indicateurs de véridicité dans des reportages multimédias et des enquêtes graphiques permet d’interroger les stratégies discursives du journalisme et leurs dimensions pédagogiques auprès des publics.

Mots clés

Véridicité, Énonciation journalistique, Éducation aux médias, Publics, évolutions du journalisme

In English

Title

Veridicity of the information: an operational concept for critical media education 

Resume

The fake news phenomenon is an opportunity to examine the links between journalism and truth by looking in a mirror at the relationship that journalists have with their audiences, even within their news stories. This paper focuses on the notion of veridicity, which is at the heart of journalistic enunciation, to offer reference point at the heart of the journalism-truth-audience triad. It is relevant to understanding the plurality of news writing practices and to serve as a tool for critical media training. The analysis of truthfulness indicators in multimedia reports and graphic surveys makes it possible to question the discursive strategies of journalism and their pedagogical dimensions with the public.

Keywords

Veridicity, Journalistic enunciation, Media education, Publics, Journalism evolutions

En Español

Título

Veracidad de la informacion : un concepto operativo para la formación crítica de los medios de comunicación

Resumen

El fenómeno de las fake news es una oportunidad de indagar al respecto de los vínculos entre el periodismo y la verdad, teniendo en cuenta la relación que los periodistas establecen con sus públicos y al mismo tiempo con susrelatos informativos. Este artículo se interesa por la noción de veracidad, que está en el centro de la enunciación periodística, con el fin de ofrecer algunos puntos de referencia sobre el periodismo-la verdad-el público. Esta tríada es pertinente para comprender la pluralidad de las prácticas de redacción y para servir de herramienta para la formación crítica de los medios de comunicación. El análisis de los indicadores de veracidad en reportajes multimedia y encuestas gráficas permite cuestionar las estrategias discursivas del periodismo y sus dimensiones pedagógicas con los públicos.

Palabras clave

Veracidad, Enonciación periodística, Educación a los medios, Públicos, Evolución del periodismo

Pour citer cet article, utiliser la référence suivante :

Béasse Muriel, , « Véridicité de l’information : un concept opérationnel pour l’éducation critique aux médias », Les Enjeux de l’Information et de la Communication, n°23/5, , p.135 à 147, consulté le dimanche 14 juillet 2024, [en ligne] URL : https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2023/supplement-a/08-veridicite-de-linformation-un-concept-operationnel-pour-leducation-critique-aux-medias/

Introduction

L’inquiétude, voire la panique, générée par le phénomène des fake news  (Vauchez, 2022, Cardon, 2019A) amène les journalistes à faire preuve de pédagogie sur leur façon de travailler et sur ce qui est propre au traitement de l’information, en particulier, afin de rétablir la confiance envers leurs discours et leur profession. Des alliances se sont développées entre journalistes et acteurs éducatifs afin d’outiller les plus jeunes aux mécanismes de la désinformation ou mésinformation (Wardle et Derakhshan, 2017). Plus généralement, le contexte médiatique a vu poindre la figure d’un journalisme de décryptage, guide interprète des vrais et faux messages médiatiques, notamment à travers le développement de rubriques de fact-checking (Bigot, 2017). Ces différentes expériences de prévention et d’éducation présentent toutefois des limites, pour ce qui a trait aux axes de formation privilégiés et à l’attitude des professionnels de l’information vis-à-vis des publics ciblés. Deux principales failles sont mises en exergue. Ces démarches s’appuient, d’une part, sur le modèle contesté de l’objectivité (Vauchez, 2019) suivant une approche positiviste du journalisme qui mérite d’être repensée (Grosbois, 2022 ; boyd, 2018). Les publics visés sont, d’autre part, souvent appréhendés comme des lecteurs d’information en mal de compétences informationnelles et numériques, considérés comme crédules face aux fakes news, ce qui donne lieu au retour de discours de disqualification des publics à l’ère des réseaux sociaux numériques (Doutreix et Barbe, 2019 ; Cordier, 2015). 

Dans leur participation à l’effort de formation des publics, les journalistes ont tendance à orienter leurs interventions autour de la défense de leur profession en portant trop peu de considérations aux nouveaux usages des publics et à d’autres formes informatives (Kervella, Matuszak et Micheau, 2021). La production journalistique évolue pourtant vers de nouveaux supports et formes narratives. D’autres usages se développent, mais ceux-ci ne sont pas toujours reconnus ou mis en avant dans les démarches d’éducation aux médias. 

Comment aborder les questions liées à la relation information-vérité à l’aune de la relation fondamentale journalisme-publics ? Dans le contexte de brouillage médiatique favorisé par les fake news, les formations d’éducation critique aux médias ne pourraient-elles pas tirer parti des évolutions de l’écriture journalistique ?

La présente proposition mise sur la notion de véridicité pour nuancer, d’abord, les liens entre journalisme et vérité et pour outiller, ensuite, les démarches d’éducation aux médias axées sur la compréhension des processus d’écriture de l’information et associant des journalistes. La véridicité s’appréhende comme une vérité qui relève du discours et non du contenu de l’information (Hanot, 2002). Elle forge et guide, en particulier, la narration journalistique (Cornu, 2009 ; Lits, 2019). Nous soutenons que de nouvelles écritures de l’information, issues notamment de récits multimédias du web ou de la bande dessinée, sont susceptibles d’attirer l’attention des publics dans des formations d’éducation aux médias tout en les sensibilisant à des stratégies de véridicité favorisant le discernement de discours vrai.

Dans un premier temps, cet article se charge d’expliciter la notion de véridicité à l’aune de la relation journalisme-vérité, souvent source de malentendus entre journalistes et lecteurs. Ce texte précise, dans un second temps, les modèles théoriques d’une véridicité servant de clef d’analyse et la manière dont la notion se déploie dans une lecture critique de l’information. L’article s’appuie pour cela sur l’analyse de quatre reportages adoptant les formes du webdocumentaire ou du roman graphique. Ce travail souligne enfin l’intérêt pédagogique de la véridicité comme outil d’enseignement critique des médias dans une perspective de stimulation des liens de confiance entre les journalistes et les publics d’information. 

Malentendu journalisme-vérité et énonciation

En endossant le rôle d’experts référents de l’information dans des activités d’éducation aux médias (Dauphin, 2019), les journalistes font valoir l’importance de la notion de vérité dans leur déontologie professionnelle. Si la vérité est une visée « obligée » et un « impératif » de l’activité journalistique (Gauthier, 2004), le caractère imparfait de la captation journalistique du réel est toutefois largement documenté en considérant les contraintes et influences liées à la profession (Charon, 2007 ; Lemieux, 2000). 

Le journalisme s’appréhende dans cet article comme une pratique d’écriture spécifique « de construction sociale de la réalité dans un espace concurrentiel de production discursive » (Ringoot et Utard, 2005, p. 25). La notion de vérité apposée au concept d’information dans sa forme événementielle s’entend comme un référentiel journalistique de fidélité au réel, essentiel à l’identité et la légitimité de la pratique (Le Cam et Pereira, 2018). Le journalisme ne peut que se réclamer du réel au risque « de se nier en tant que pratique discursive spécifique » (Charron et de Bonville, 2004, p. 144). Et, en effet, si la mission de vérité traditionnellement attribuée à la profession journalistique est mise à mal par les bouleversements identitaires, économiques et technologiques que rencontre la pratique, les capacités d’invention du journalisme s’investissent dans de nouvelles formes d’écriture où le référentiel de vérité journalistique se maintient (Ringoot et Utard, 2005). 

Les démarches pédagogiques des journalistes visant à clarifier les liens entre news et fake gagneraient à privilégier une approche critique des stratégies énonciatives de l’information, en considérant, à l’instar d’Esquenazi que « le concept de vérité dépend fondamentalement de ceux de langage et d’énonciation » (2013, p. 25). L’information journalistique est, par ailleurs, globalement constituée de discours concernant des affirmations sur la réalité plus que sur la réalité elle-même et la réécriture occupe une grande part du travail des journalistes. Comme le soutient Cornu : « les faits journalistiques émergent moins des évènements que des discours. Pour la plupart, ils sont d’abord faits de langage » (Cornu, 2009, p. 360). Si l’écriture journalistique est soumise à un référentiel de vérité qui l’oblige à la factualité et au traitement rigoureux de ses sources d’information, sa véridicité s’impose comme une caractéristique indispensable au cœur de cette énonciation. La notion s’entend comme une vérité du dire par opposition à une vérité de ce qui est dit. Elle est liée à l’attitude ou le caractère d’une personne qui dit la vérité ou qui est censée la dire ce qui fait écho au mandat social attribué au journalisme.

En englobant les normes de neutralité, d’impartialité, d’équilibre et de factualité qui régissent la pratique journalistique, le principe d’objectivité tient souvent lieu de garant d’une information de qualité. Dans le cadre de formation scolaire d’éducation aux médias, l’identification de marqueurs d’objectivité dans des documents de presse donne la possibilité, par exemple, de prendre la mesure de leurs fiabilités (Martin, 2004). Il s’agit, notamment, de relever la place accordée aux citations et le recours aux interviews, ainsi que la mise en évidences des seuls faits. L’objectivité est une caractéristique énonciative qui ne peut toutefois s’étendre à l’ensemble de l’activité journalistique (Cornu, 2009). Si la notion a longtemps fédéré la pratique professionnelle en devenant le label indissociable du journalisme depuis le dix-neuvième siècle, cet idéal tend à faire oublier les différents régimes de vérité du journalisme à travers la variété de ses formes discursives et à travers l’histoire et les évolutions de la pratique. Il s’agit donc d’approfondir les procédés discursifs qui assurent les publics de la mission journalistique. Les repères, classiquement mis en avant dans des démarches d’éducation aux médias associant des journalistes, méritent d’être renouvelés afin d’ouvrir le cadre de référence des publics à ce qui forge la fiabilité d’un message d’information.

Cadre théorique et méthodologie

Les modèles théoriques de cet article s’ancrent dans les travaux qui portent sur l’énonciation journalistique (Moirand, 2006 ; Maingueneau, 1998). Cette énonciation spécifique s’envisage comme une médiation entre un énonciateur polyphonique et des évènements réels ainsi qu’entre ce réel et un lectorat pluriel 1. Le rapport que ces lecteurs pluriels entretiennent avec une production journalistique est lié à la manière dont cette production s’adresse à eux (Servais, 2013) à travers les figures d’un énonciateur et d’un lecteur d’information construits. 

L’article s’appuie sur l’approche sémio-pragmatique développée par Odin (2000), en particulier dans sa conception des espaces de communication (Odin, 2011, p. 53). Suivant cette perspective, l’énonciation journalistique s’appréhende comme un espace de construction théorique, soumis au contexte social dans lequel il se situe, et qui éclaire les processus de production de sens d’une communication. C’est dans cet espace que vont prendre forme les attentes et les imaginaires des acteurs d’un message d’information tels que ce message les configure. À l’aune de la perspective constructiviste des faits et de la réalité sociale (Delforce, 2004), la présente analyse tient également compte des « modes distincts de structuration de l’expérience » (Goffman, 1991, p. 31) pour les journalistes comme pour leurs publics.

L’étude présentée ici prolonge un travail de recherche en thèse qui a porté sur les stratégies d’écriture d’un « discours vrai » dans des récits journalistiques (Béasse, 2020). Ce travail a permis de mettre en évidence des dimensions spécifiques de la véridicité de productions d’information. En adoptant une définition pragmatique et stratifiée de la véridicité (Vernant, 2008), il est possible de schématiser les différentes dimensions énonciatives de cette notion afin de la transposer en outil d’analyse. La véridicité se caractérise par des signes de fiabilité et d’engagement propres à l’énonciateur vis-à-vis de son message. Elle se définit également par des caractéristiques dialogiques qui s’appréhendent par des signes de coopération entre énonciateurs et destinataires du message d’information. Chacune de ces dimensions (fiabilité, engagement, coopération) peut être reliée à des éléments concrets du dispositif d’énonciation qu’il soit composé de textes, d’images fixes ou animées ou de sons. Concernant la véridicité, il ne peut être établi que les contenus journalistiques sont « vrais » au sens de conformes à la réalité des événements et de l’actualité. La notion n’a pas trait à la vraisemblance des récits d’information, à savoir si ceux-ci sont construits efficacement pour produire des effets de réel. Pour Vernant (2008), elle ne doit pas, non plus, être confondue avec la véracité qui implique qu’une personne dit ce qu’elle croit vrai et qu’elle en apporte des preuves. La véridicité prend appui sur des logiques d’interaction et de coopérations conjointes entre interlocuteurs. Elle loge dans ce qui façonne la signification d’un texte et ce qui détermine les conditions de sa réception, en postulant qu’un texte est non seulement conçu pour une certaine compétence de lecture, mais contribue aussi à stimuler cette compétence. Cet enjeu spécifique de la véridicité est au cœur de la démarche d’éducation critique aux médias que défend cette étude et qui consiste en somme à initier les publics aux cadres interprétatifs signifiés par les médias.

Les caractéristiques de « fiabilité » dans l’écriture journalistique sont des marqueurs souvent reconnaissables pour les lecteurs d’information. Elles sont ce qui permet d’identifier un message journalistique selon des règles et codes d’écriture déjà connus dans la sphère médiatique, avec l’adoption, par exemple, de ce qui a trait à l’éthos journalistique, sa position institutionnelle qui transparaît à travers son statut et des règles d’écriture définitoires du genre journalistique (Bonville, 1997). La fiabilité correspond à ce qui forge la crédibilité d’un énoncé et par extension de son énonciateur.

La dimension « engagement » correspond à la responsabilité que prend l’énonciateur par rapport à la réalité relatée, sous forme de propositions explicites (Moirand, 2006). L’engagement investi par l’énonciateur dans l’acte d’énoncer s’établit par exemple à l’aune de la distance et de l’implication du locuteur à l’égard de son propre énoncé (Charaudeau et Maingueneau, 2002). L’usage de guillemets, de vocabulaire évaluatif et les références aux circonstances de l’énonciation constituent d’autres exemples classiques.

La dimension « coopération » de la véridicité relève de ce qui assure la gestion collective de l’échange, ce qui prédispose les destinataires d’une production journalistique à participer activement à la construction du sens du message et à recevoir l’information. La dimension coopération est mise en avant dans les environnements numériques qui tendent à amplifier ses différents aspects (Jenkins, Ito et Boyd, 2017). La coopération s’ancre dans une culture participative des publics qui ne peut être confondue avec l’interactivité associée au développement du web 2.0. Elle connaît au contraire des pratiques diverses selon les contextes et les supports et continue d’évoluer. 

Les dimensions « fiabilité », « engagement », « coopération » s’apparentent à des territoires significatifs reliés entre eux et qui doivent faire l’objet d’investigations poussées. À partir des données de la recherche, nous avons établi des questions qu’un lecteur est amené à se poser pour saisir la véridicité d’une production journalistique :

Critères de véridicité

Questions

Fiabilité

Sur quels critères l’émetteur d’information est-il digne de confiance ?

(Statut d’autorité, de crédibilité, d’expertise, codes d’objectivité)

Engagement

Quelles sont les responsabilités prises par l’émetteur d’information par rapport à l’information transmise ?

(Proximité-distance, signes évaluatifs du réel transmis)

Coopération

Quelle latitude d’action est proposée au lecteur d’information ? 

(Compétences attribuées, stimulations proposées)

Tableau 1. Critères d’investigation de véridicité

Pour cet article, nous expérimentons ces questions sur un corpus de productions participant au renouvellement des modes de discours journalistiques : l’enquête graphique, associée au journalisme en bande dessinée (Bourdieu, 2012) et les reportages multimédias envisagés comme des productions hétéroclites bouleversant la représentation du réel (Beauparlant, 2017). Ces productions hybrides ont la particularité d’avoir été toutes récompensées par le milieu professionnel du journalisme français 2. Cette reconnaissance confère à ces productions une exemplarité qu’il est pertinent d’exploiter dans des démarches de formation critique aux médias visant à faire découvrir les fondamentaux du journalisme aux publics. Le choix d’analyser des productions en marge de la production journalistique traditionnelle fait également écho à l’intérêt de développer l’éducation aux médias au plus près de la diversité de pratiques du journalisme tout en tenant compte des nouveaux modes de lecture de l’information (plus particulièrement visuels). 

Au moyen de deux web reportages (Trouillard, 2018 ; Dufresne, 2019) et deux enquêtes graphiques (Jarousseau, 2019 ; Toulmé, 2020), il s’agit d’interroger la véridicité de ces reportages aussi bien numériques que papier. Le recours aux images, photographiques ou dessinées, constitue un point commun à ces différents reportages en plus d’aborder des sujets à forts enjeux sociaux et politiques, comme la déportation sous le régime de Vichy (Trouillard, 2018), le maintien de l’ordre pendant les manifestations des « Gilets jaunes » (Dufresne, 2019), la précarité dans la France rurale (Jarousseau, 2019) ou le sort des réfugiés syriens (Toulmé, 2020).

Analyse des stratégies de véridicité

L’analyse de ces productions fait ressortir des stratégies discursives significatives sous l’angle des dimensions fiabilité, engagement et coopération de leur véridicité.

Fiabilité

Dans les productions étudiées, la fiabilité de l’énonciateur s’établit en bonne partie à partir du discours d’autorité journalistique, mais revêt aussi d’autres formes. Dans les reportages de la journaliste de France 24, Stéphanie Trouillard ou de David Dufresne pour Mediapart.fr, la réputation des médias producteurs-diffuseurs de ces enquêtes, ainsi que les statuts professionnels des principaux auteurs, contribuent à tisser un lien de confiance avec les lecteurs. 

Les deux enquêtes graphiques qui apparaissent sous des éditions associées au monde de la bande dessinée usent de différentes stratégies. Dans un encart, en couverture, Vincent Jarousseau met en avant son profil de photographe professionnel pour la presse nationale et internationale. La fiabilité du reportage repose aussi sur la mise en valeur d’une investigation minutieuse et au temps long : deux ans d’immersion auprès des habitants de Denain, dans le bassin Lorrain. L’ouvrage de Fabien Toulmé, auteur et illustrateur de bandes dessinées, souligne également les mois d’entretiens passés à recueillir le témoignage d’Hakim, un jeune réfugié syrien dont le périple migratoire a duré trois ans. La fiabilité de l’énonciateur puise plus nettement sa légitimité dans la mise en scène d’une posture d’enquêteur. Cette posture est clairement mise en évidence, et en dessins, par Fabien Toulmé qui se représente régulièrement en train de collecter le témoignage de son personnage, questionnant ou écoutant. 

Stéphanie Trouillard qui cherche à retracer le parcours d’une lycéenne déportée à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale fait également régulièrement mention de sa position d’enquêtrice. Elle fait progresser son reportage par séquences de recherche en usant des métaphores de l’investigation judiciaire qui procède à petits pas, par documents d’archives et recueil de témoignages. 

David Dufresne et Vincent Jarousseau ont choisi de ne pas se présenter explicitement dans leur travail d’enquête : pas de représentation visuelle, de pronom personnel mettant en visibilité le journaliste narrateur, par exemple. Cet effacement énonciatif leur permet de mettre encore plus en évidence les réalités qu’ils rapportent. Les dimensions fiabilité et engagement de la véridicité apparaissent ainsi très liées. 

Engagement

Stéphanie Trouillard mentionne l’admiration et l’affection qu’elle porte à la jeune fille disparue au cœur de son enquête en parlant d’elle dans son reportage comme d’une « élève particulièrement douée », qui « fait preuve d’une incroyable maturité » (Trouillard, 2018). L’engagement de la journaliste se lit aussi dans une série d’énoncés performatifs qui ancrent le reportage dans un mandat social fort : « Nous nous donnons une mission : retracer le parcours de ces lettres et surtout l’histoire de Louise Pikovsky ». 

L’engagement de l’énonciateur d’Allô place Beauvau (Dufresne, 2019) s’insinue dans la mise en scène visuelle et textuelle des données de l’enquête qui oscille entre mesures prudentes et mise en accusation. D’une part, un contrat tacite est passé avec les lecteurs en faisant valoir que l’information recueillie est soumise à leur contrôle : 

« Une erreur ? Une précision ? Un cas à signaler ? Un droit de retrait photo ? Écrivez à placeb@davduf.net  » (Dufresne, 2019).

D’autre part, le reportage se construit sur la mise en exergue de données quantitatives contredisant la parole politique. Elle place l’énonciateur dans la posture du dénonciateur qui l’amène, par exemple, à mettre au jour une « cartographie de la répression » (Dufresne, 2019). 

Dans l’enquête de Vincent Jarousseau, les portraits en gros plans des habitants de Denain, les scènes du quotidien au plus près des personnages témoignent de la proximité physique du photographe et d’une forme d’empathie qui fait écho aux traditions d’immersion du journalisme littéraire (Grevisse, 2014). L’engagement se situe ainsi, le plus souvent, dans une connivence et une subjectivité assumée avec la réalité rapportée. 

Dans ses illustrations, Fabien Toulmé ne cache pas ses émotions face aux drames vécus par son personnage. Il apparaît ému en contrechamps du témoignage d’Hakim et il n’hésite pas à situer ce récit dans sa réalité personnelle en se dessinant avec sa femme et ses enfants, préoccupés du travail qu’il mène.

Coopération

La dimension coopération de la véridicité des productions analysées s’établit d’abord dans une culture de partage des sources d’informations avec l’objectif de documenter les faits relatés et d’éclairer le contexte de la réalité rapportée. À noter que la mention des sources est un principe phare de l’écriture journalistique. La mise à disposition des documents d’enquête est moins usuelle. La démarche est une contribution forte à la véridicité énonciative de l’information étant donné qu’elle renforce la fiabilité de l’énonciateur, marque son rapport direct avec la réalité transmise et consolide un lien de confiance avec les lecteurs. 

Ce « partage des sources » est facilité par les outils du web dans les reportages de Trouillard (2018) et Dufresne (2019). Les lettres de Louise Pikovsky, retrouvées dans un lycée parisien plus de soixante-dix ans après leur rédaction, sont accessibles dans leur intégralité sur le site du reportage de France 24. Si le reportage se nourrit d’extrait pour les nécessités de sa narration, les lecteurs ont la possibilité de s’approprier ces archives à leur convenance. Le reportage de David Dufresne exploite les réseaux sociaux pour donner accès aux principales sources d’information de l’enquête et permettre aux lecteurs de les enrichir. Le datajournalisme s’appuie ici sur une communauté de lecteurs qui est partie prenante dans les données récoltées. 

Les enquêtes graphiques de Jarousseau (2019) et Toulmé (2020) font tous les deux une large place à une documentation supplémentaire, en marge du reportage, offrant aux lecteurs la possibilité d’approfondir les réalités présentées. Les Racines de la colère prennent fin sur le point de vue d’experts, géographe et sociologue et cet ajout vient non seulement légitimer le matériau recueilli pour le reportage, mais il constitue aussi une autre source d’information à disposition des lecteurs. 

La dimension coopérative de la véridicité se révèle également dans des effets de stimulations interprétatives qui passent, par exemple, par les articulations et agencements images-textes. La mise en scène des images peut, en effet, s’appréhender globalement comme un incitant narratif favorisant une lecture coopérante. Elle joue un rôle essentiel dans le processus de construction de sens du reportage. Les traits simples et naïfs de la bande dessinée de Toulmé (2020), en opposition à la dureté du récit d’Hakim, permettent, par exemple, aux lecteurs de figurer à sa guise le vécu du réfugié. Les ressorts narratifs et fictionnels sont d’autant plus clairs qu’ils peuvent être rapidement reconnus par les lecteurs comme un moteur au service de leur participation créative et critique. La multiplication des points d’entrées dans le récit en fonction, par exemple, des chapitrages ou des différents canaux de lecture (lire, voir) favorisent également l’investissement du lecteur. Le dispositif énonciatif configure ainsi des formes d’adresses aux destinataires de l’information, le processus interprétatif restant à l’initiative du lecteur.

Perspectives épistémologiques et pédagogiques

La grille de questions portant sur la véridicité met en relief des stratégies communes de véridicité en relevant aussi les singularités de chaque production. Elle fait apparaître des renouvellements de l’écriture journalistique à la faveur de logiques de coopération entre producteurs et destinataires des récits d’information. La fiabilité de l’information, traditionnellement perçue à travers le statut professionnel et l’expertise de l’énonciateur, s’approfondit dans la mise en transparence du travail d’enquête ou encore dans la vérifiabilité de l’information proposée, en marge du reportage. La véridicité et les axes de question qu’elle favorise s’envisagent ainsi comme un angle d’analyse d’autant plus pertinent qu’il s’adapte aux nouvelles stratégies développées par un journalisme de qualité voulant se montrer inventif (Cardon, 2019B). Les traditions d’écriture journalistique, principalement fondées sur la factualité, s’enrichissent dans le partage d’expériences sensibles et de nouvelles procédures d’accès au réel. Cet autre regard épistémologique sur le journalisme pourrait-il initier des réponses à la crise de défiance qui pèse sur l’activité journalistique dans le contexte des fake news ?

Les notions de vérifiabilité et de transparence constituent déjà de nouveaux réflexes au cœur de médias d’information orientés vers des relations qui se veulent plus « horizontales » entre journalistes et publics. Des médias font par exemple le choix d’améliorer la lisibilité de l’élaboration et de l’écriture de l’information, en marge des productions diffusées : que ce soient les « boîtes noires » ajoutées en fin de certains reportages du site Médiapart afin de mettre au jour la méthodologie d’enquête, ou de « coulisses de l’info » mises en place pour faire connaître l’environnement professionnel des journalistes et leurs façons de travailler (Tv5 Monde, Ouest-France, l’AFP, par exemple). 

Un partage de responsabilité entre journalisme et publics (Cornu, 2013) prend forme dans la culture participative du web et plus largement encore dans le développement de la dimension multimédiatique de l’information qui s’exerce dans le journalisme en ligne comme dans le journalisme de bande dessinée et l’enquête graphique. 

Cette logique participative n’est pas suffisamment prise en compte dans les démarches d’éducation aux médias alliées à l’expertise des journalistes. Notre article fait ainsi valoir la pertinence de nouvelles approches permettant d’initier les publics, jeunes ou moins jeunes, aux diversités de pratique d’écriture du journalisme en s’appuyant sur l’analyse de reportages expérimentant l’élargissement de son écriture du réel. La grille de questions de la véridicité dévoile la façon dont les énonciateurs conçoivent leurs publics et pourrait venir compléter les outils conceptuels de l’éducation aux médias élaborés selon le modèle d’une communication de masse. Elle met en lumière des marqueurs de véridicité du discours journalistique qui ne doivent pas être abordés comme des critères figés, mais comme un ensemble de repères qui font signe aux publics et balisent le champ de leur libre interprétation. 

L’approche énonciative, sémiotique et pragmatique du discours journalistique a fait l’objet d’une transposition didactique (Chevallard, 1985) qui devrait être approfondie. L’essentiel est d’appréhender l’éducation aux médias, et toute formation à la véridicité du journalisme, comme une « pédagogie de l’interrogation » (Landry et Basque, 2015). Autrement dit, la démarche ne consiste pas à délivrer des solutions clefs en main, mais à engager les individus dans l’exercice d’une vigilance ouverte (Mercier, 2020).

C’est pourquoi l’approche de la véridicité ne peut être une porte d’entrée au relativisme épistémologique du journalisme (Delforce, 2004). La notion est un outil permettant de centrer l’analyse d’un texte journalistique sur les manières de faire un discours vrai sans que soit remise en cause la valeur de la vérité reposant sur des faits et une fidélité au réel.

Conclusion

En considérant les fake news comme symptômes d’une crise de confiance entre publics et discours d’information, nous y voyons une opportunité pour le journalisme de clarifier un ensemble de liens avec son écriture du réel et avec ses lecteurs. Les efforts de promotion et de défense d’un « journalisme de référence » soulignent des limites face aux mutations de l’écosystème médiatique (Sonnac, 2013) et peuvent s’avérer contre-productifs. 

Le point de vue d’analyse de la véridicité offre une relecture des « discours de vérité » qui s’appuient, notamment, sur la coopération informateurs-publics. Ces productions d’information, de moins en moins marginales, contribuent à sensibiliser les lecteurs à un art d’informer stimulant l’activité interprétative des publics. 

Deux conditions sont toutefois nécessaires à l’efficacité de cette « relecture ». En premier lieu, il est essentiel de reconnaître la nature contractuelle du discours journalistique, contraint par le mandat social de dire vrai au nom d’un « nous » collectif qui comprend, très largement, journalistes et publics. Dans un second lieu, l’éducation aux médias gagnerait à prendre ses distances de toutes tentations solutionnistes afin de se centrer sur le développement d’habitudes visant une meilleure compréhension des messages médiatiques.

Notes

[1] Le terme énonciateur doit se comprendre selon une double composante journalistes et institutions médiatiques (producteur-diffuseur). Il est plus précisément un énonciateur figuré, construit par l’énonciation. Le destinataire désigne l’instance de réception du message médiatique, figure projetée d’un lecteur d’information imaginé qui ne dissimule pas pour autant l’hétérogénéité des publics.

[2] Il s’agit de reportages récompensés aux Assises internationales du journalisme de Tours (Dufresne, 2019) ou ayant reçu le prix Philippe Chaffanjon du reportage multimédia (Trouillard, 2018) ou encore le prix France Info de la BD d’actualité et de reportage (Jarousseau, 2019 ; Toulmé, 2020).

Références bibliographiques

Béasse, Muriel, (2020), Conditions d’énonciations et stratégies d’écriture des narrations journalistiques du web : les renouvellements d’un contrat de véridicité, thèse de doctorat en Sciences de l’information et de la communication, Université de Strasbourg et Université Laval, Québec.  

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Auteure

Muriel Béasse

Enseignante-chercheure en Sciences de l’information et de la communication, associée au Laboratoire interuniversitaire des sciences de l’éducation et de la communication (LISEC UR2310), membre de la Chaire UNESCO « Pratiques journalistiques et médiatiques. Entre mondialisation et diversité culturelle ». Ses travaux portent sur les mutations du journalisme et les dispositifs de médiation du savoir.
muriel.beasse@gmail.com