De l’ignorance technique aux données citoyennes. Le cas des cancers pédiatriques en Pays de Retz
Saliha Hadna
En s’appuyant sur une série d’entretiens et une analyse documentaire sur la controverse autour des cancers pédiatriques de Sainte-Pazanne, on montre dans un premier temps que la création du collectif Stop aux Cancers de nos Enfants (SCE) a contribué à l’institutionnalisation du mouvement citoyen. Il devient un interlocuteur privilégié des services de l’État en même temps que le révélateur de leurs limites dans la gestion du problème sanitaire. On montre dans un second temps que la mise en place de l’Institut citoyen de recherche et de prévention en santé environnementale (ICRePSE) participe à la scientifisation de l’argumentaire citoyen qui place au cœur de ses enjeux un concept rapidement écarté dans la démarche d’enquête des services de l’État : l’effet cocktail. La production de données épidémiologiques apparaît alors au centre des rapports de forces : tantôt évitées, tantôt recherchées. Le mouvement trouve un écho plus important à l’échelle nationale qui semble plus soucieuse de la situation locale, ce que démontre la récente adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi sur la création d’un registre national des cancers.