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Médiation de collections minières en ligne : une analyse qualitative de pratiques d’amateurs-témoins

29 Avr, 2026

Résumé

Cet article propose d’analyser des pratiques de médiation de collections d’objets miniers, partagées en ligne via Facebook. Après un rapide état de l’art sur la place du web comme médium dans les processus de patrimonialisation, l’article revient sur les formes d’engagement d’amateurs dans le partage de la mémoire en ligne. S’appuyant sur une enquête qualitative, l’étude porte à la fois sur la constitution de collections en tant que support de la mémoire minière ; sur le choix de Facebook comme support des collections ; et sur la construction de sens engendrée par les interactions sur ce dispositif d’entre-soi. Les principaux résultats mettent en évidence l’usage de Facebook qui contribue à partager une mémoire à portée limitée, ancrée dans des projets individuels et collectifs et favorisant des formes de reconnaissance locales en tant que témoin indirect de ce passé.

Mots clés

Collections, patrimoine, mémoire, dispositifs numériques, amateur-témoin

In English

Title

The Mediation Issues Surrounding Online Mining Collections: A Qualitative Analysis of Amateur-Witness Practices

Abstract

This article analyses practices of mediating collections of mining artefacts shared online via Facebook. After a brief overview of the state of the art regarding the role of the web as a medium in heritage preservation processes, the article examines forms of amateur engagement in sharing memories online. Based on a qualitative survey, the study focuses on the creation of collections as a medium for mining memory; the choice of Facebook as a medium for collections; and the construction of meaning generated by interactions on this closed platform. The main findings concern the use of Facebook as a means of sharing limited-scope memory, rooted in individual and collective projects and enabling forms of local recognition as an indirect witness to this past.

Keywords

Collections, Heritage, Memory, Digital devices, Amateur witness

En Español

Título

Los retos de la mediación de colecciones mineras en línea: un análisis cualitativo de prácticas de aficionados-testigos

Resumen

Este artículo propone analizar las prácticas de mediación de colecciones de objetos mineros, compartidas en línea a través de Facebook. Tras un breve repaso al estado actual de la web como medio en los procesos de patrimonialización, el artículo se centra en las formas de participación amateur en el intercambio de la memoria en línea. Basándose en una encuesta cualitativa, el estudio se centra tanto en la constitución de colecciones como soporte de la memoria minera, como en la elección de Facebook como soporte de las colecciones, y en la construcción de sentido generada por las interacciones en este dispositivo de intercambio entre iguales. Los principales resultados se refieren al uso de Facebook como medio para compartir una memoria de alcance limitado, arraigada en proyectos individuales y colectivos, y que permite formas de reconocimiento local como testigo indirecto de ese pasado.

Palabras clave

Colecciones, Patrimonio, Memoria, Dispositivos digitales, Testigo aficionado

Pour citer cet article, utiliser la référence suivante :

Le Marquer Juliette, « Médiation de collections minières en ligne : une analyse qualitative de pratiques d’amateurs-témoins », n°, , p. à , consulté le mercredi 6 mai 2026, [en ligne] URL : https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2026/varia/mediation-de-collections-minieres-en-ligne-une-analyse-qualitative-de-pratiques-damateurs-temoins/

Introduction

Les collections patrimoniales en ligne interrogent les supports qui permettent de les préserver et de les diffuser. Dans le cas du patrimoine minier du Nord-Pas-de-Calais, au-delà des institutions muséales et documentaires, il existe un grand nombre d’associations locales, de groupements d’anciens ouvriers et de collectionneurs privés dont les étagères abondent en documents et en objets miniers. Outre les formes de médiation sur le territoire et les formes documentaires qu’ils élaborent, ils s’investissent dans le partage de leurs collections en ligne, notamment sur Facebook. Cet article cherche à produire une analyse sur le partage de ces collections, sur le travail d’écriture qui le structure, et sur les formes de médiation du patrimoine qui en résultent. Les pratiques étudiées rappellent le processus de patrimonialisation, au sens de Jean Davallon (2014), en passant par un premier geste de « reconnaissance d’une « valeur » de l’objet » (ibid., p. 1), et par une « production de savoir sur l’objet et son monde d’origine » (ibid., p. 2). Si le statut juridique de patrimoine n’est pas attribué à ces objets, les amateurs attachent cependant une grande importance à leur accès auprès de la communauté minière et à leur transmission aux générations futures. Ces deux gestes de médiation sont portés par les réseaux socio-numériques qui leur permettent d’accéder à des outils structurant un « travail d’écriture « documentante » » (Kovacs, Tardy, 2017, p. 57). La question centrale qui guidera cet article sera d’interroger en quoi ces pratiques de médiation des collections d’objets miniers participent à la construction d’une mémoire minière tout en redessinant des formes de médiation par le numérique.

Dans un premier temps, nous apporterons des éléments de contexte sur la manière dont les sciences de l’information et de la communication (SIC) traitent la médiation patrimoniale dans un contexte numérique. Le web semble être un médium privilégié pour accompagner les processus de patrimonialisation et il fait émerger des questionnements quant aux modes d’accès et de transmission des données. Notre intérêt portera aussi sur les travaux autour des pratiques de médiation du patrimoine par le numérique, dans un contexte amateur. Les acteurs étudiés seront désignés comme des « amateurs-témoins » (Scopsi, 2020, p. 177) afin de mettre en lumière leurs activités et leur lien au passé. À partir d’une ethnographie en ligne sur le réseau social Facebook, nous analyserons ensuite deux collections minières pour interroger ce que font ces pratiques d’écriture à la patrimonialisation, à la mémoire et à la production de connaissances sur le passé minier.

Médiation patrimoniale et engagement amateur : nouvelles logiques de patrimonialisation en contexte numérique

Évolutions théoriques de la médiation patrimoniale

La médiation du patrimoine a fait l’objet d’une vaste littérature dans le champ des SIC. Durant les années 1960, se développe une politique de diffusion de l’art selon deux modèles. Le premier « est celui d’une rencontre sans médiateur » (Caune, 1999, p. 32) où la communication s’opère entre l’œuvre et le visiteur. Le second, au contraire, admet que l’objet d’art ne se suffit pas à lui-même et qu’il « convient de préparer les conditions à la rencontre » (ibid., p. 32). Ce point de vue est privilégié dans les années 1980, lorsque le ministère de la Culture et de la Communication exprime une volonté de valorisation du patrimoine par sa « mise en communication à destination des publics » (Davallon, 2006, p. 33). Comme l’explique J. Davallon à travers la formule « communiquer le patrimoine » (ibid., p. 33), il s’agit de lui donner une visibilité et une lisibilité. Ce processus ne relève pas uniquement d’une « médiation esthétique » au sens de Jean Caune (2006, p. 156) entendue comme le fait « de considérer l’objet ou le processus comme la source de relations sensibles, relations qui dépendent d’abord de la structure, de la forme et du support physique de l’objet » (ibid., p. 156). Le caractère patrimonial d’un objet ne tient donc pas seulement à sa nature matérielle, il s’inscrit dans « un processus social dans lequel la perception et la reconnaissance de ce caractère patrimonial ont une importance fondamentale » (Flon, 2012, p. 201). 

Pour expliquer cette communication du patrimoine, J. Davallon parle d’une « médiatisation des objets patrimoniaux » (Ibid., p. 35). Elle passe par l’usage de dispositifs techniques établissant une relation entre le public et le patrimoine. Deux opérations sont essentielles, à savoir la mise en communication et la mise en exposition. La première « désigne ainsi tout ce qui doit permettre au visiteur d’aller vers l’objet et d’entrer en rapport avec lui » (Ibid., p. 37), tandis que la seconde « propose au visiteur un dispositif de présentation destiné à régler sa relation à l’objet » (ibid., p. 38). Dans le cas de collections patrimoniales, Bernard Lamizet indique que c’est l’espace même du musée, en tant qu’espace culturel, qui leur donnent sens. C’est selon lui « le regroupement des objets dans un lieu culturel particulier […] qui les fait échapper à une logique fonctionnelle ou organique et qui, au contraire, les inscrit dans une logique de signification » (Lamizet, 1999, p. 113). Dans le cas étudié, les collections ne sont pas exposées dans un espace muséal au sens institutionnel du terme. Elles s’inscrivent dans un espace numérique qui fonctionne comme un espace culturel médiatisé et structuré dans des cadres éditoriaux spécifiques. Ce déplacement vers un espace en ligne n’invalide pas la logique de signification décrite par B. Lamizet mais en reconfigure les modalités, en constituant l’espace numérique comme lieu de mise en sens des objets patrimoniaux. Toutefois la numérisation des collections qui s’accélère depuis 15 ans fait émerger des questions de médiation soulevées dans le dossier Patrimoine et collections numériques : politiques, pratiques professionnelles, usages et dispositifs, porté par Viviane Clavier et Céline Paganelli (2015). Si les enjeux sont multiples pour les institutions (économiques, politiques, accessibilité, etc.), les recherches en SIC sur les médiations patrimoniales mettent en lumière la participation active de nouveaux acteurs, en l’occurrence les amateurs.

Le rôle croissant des amateurs sur les plateformes patrimoniales

Dans les années 1970, l’amateur passe d’un statut d’aristocrate à une figure plus populaire (Severo, 2021). Culturellement et socialement émancipé, il possède des connaissances dans des domaines particuliers (l’histoire, la généalogie, les objets techniques, etc.) qui l’engagent dans des pratiques variées, en passant par des outils du numérique. Détachées du monde professionnel, ces pratiques sont associées à une « valorisation du temps pour soi » (Bromberger, 1998, p. 7). Les années 2010 sont marquées par un nombre croissant d’institutions mettant en place des projets de crowdsourcing sur des plateformes en ligne afin de collecter des données patrimoniales, d’indexer les collections numérisées ou encore de les décrire. Dans une recherche portée sur la médiation du patrimoine scientifique numérisé, Lisa Chupin (2016) a par exemple mis en lumière la manière dont la documentarisation participative redessine les modes de médiation des collections, redéfinissant ainsi le rôle du public comme acteur de leur enrichissement. 

Cette médiation s’inscrit dans des espaces du web dont il est possible de distinguer différentes formes de contributions amateures. Nathalie Casemajor Loustau en distingue deux types, un premier institutionnel « où l’activité des usagers tend à être strictement encadrée » (Casemajor Loustau, 2011, p. 5) et un second où « les normes éditoriales sont plus ouvertes et épousent les contours de la pratique amateur » (ibid., p. 5). Toutefois, s’il existe des espaces en ligne où les amateurs ont la possibilité de s’exprimer sans répondre à un projet institutionnel, M. Severo (2021) indique qu’il n’y a pas de site dédié au patrimoine. Ce contexte expliquerait l’engagement des amateurs sur des plateformes communautaires ou commerciales comme Facebook, venant répondre à leurs pratiques bien qu’elles prescrivent leurs usages. Ces espaces numériques, fondamentalement sociaux, deviennent alors des lieux de diffusion du patrimoine sous forme de « substituts numériques » (Tardy, 2015, p. 153). Les amateurs deviennent ainsi les médiateurs des contenus qu’ils sélectionnent et qu’ils mettent en ligne pour des communautés d’intérêt identifiées. Ces pratiques se rattachent à « une conception d’un patrimoine défini comme tel par le groupe ou la communauté […] qui en revendique la propriété continue depuis le passé » (Davallon, 2015, p. 49). 

Démarche de terrain et d’enquête

Étudier les amateurs-témoins

La méthodologie adoptée dans ce travail est qualitative, et portée par une approche compréhensive des pratiques d’écriture en ligne afin de saisir le sens que les amateurs donnent à leurs activités de partage des collections numérisées sur Facebook. L’étude de terrain, menée auprès de la communauté minière lors d’une recherche doctorale (2019-2024), s’appuie sur l’exemple de deux collections partagées sur Facebook. La constitution des collections étudiées, avant d’être numériques, s’ancre dans les activités patrimoniales des enquêtés et leurs expériences personnelles. Pour cette raison, nous souhaitons ajuster le terme d’amateur pour nous appuyer sur celui d’ « amateur-témoin » (Scopsi, 2020, p. 177). Si la désignation « amateur » permet de saisir les compétences et le travail d’intelligence collective des enquêtés en ligne, celle de « témoin » insiste sur l’aspect de devoir de mémoire et de transmission auprès de la communauté minière.

Une vingtaine d’entretiens individuels et collectifs ont permis de distinguer quatre types de témoins, à la fois par rapport à leurs liens à l’industrie minière et au territoire. Cette typologie permet de saisir leur engagement patrimonial et les pratiques de médiation en ligne qui en résultent. Elle comprend des anciens mineurs (1), des descendants de mineurs (2), des médiateurs (3) et des experts (4)1. Parmi les enquêtés, nous distinguons deux statuts, celui de témoin direct ou de témoin indirect. Le témoin direct – à l’image de l’ancien mineur — est « celui qui a eu l’évidence phénoménologique, en chair et en os, de ce qui s’est passé » (Bachimont, 2020, p. 82). Les témoins indirects (2, 3 et 4) n’ont, quant à eux, pas participé à ces événements mais proposent une interprétation du passé à partir de leur propre vécu. Ils deviennent alors « quasi témoins » (Gellereau, 2010, p. 20), s’identifiant eux-mêmes dans l’expérience de ceux qu’ils décrivent et préservant leur mémoire. Cette idée est notamment amorcée par Renaud Dulong (1998) pour qui les témoins indirects représentent les récipiendaires des récits des témoins directs. Selon lui, « une expérience seconde de l’événement est en mesure de générer d’autres témoins. Ceux-ci ne seraient pas de « second degré », ils n’auraient pas pour fonction de véhiculer l’information, mais ils auraient à témoigner de l’expérience qui les a initiés à l’événement » (Dulong, 1998, p. 207). Les témoins indirects construisent alors leurs récits à partir d’un regard nouveau, s’appuyant sur des preuves du passé afin de perpétuer un lien entre l’événement et le présent. Ils sont des référents, capables d’interpréter « dans chaque objet les traces d’une pratique humaine » (Gellereau, 2015, p. 85). Dans cet article, c’est plus précisément l’activité des descendants et médiateurs qui nous intéresse.

Corpus et choix des collections étudiées

Nous appuyons ici notre analyse sur deux collections centrées autour des activités d’une descendante de mineur, Véronique2, et de l’association des Amis de l’École et de la Mine de Harnes. La raison de l’absence de témoin expert dans ce corpus s’explique par le fait que, bien qu’ils numérisent leurs collections, les experts ne les partagent pas sur Facebook par souci de pillage ou de plagiat de leur travail. Ils se saisissent plutôt d’autres moyens de partage comme la publication d’ouvrages ou la création de sites personnels permettant la protection de leurs données. La première collection étudiée est constituée de photographies d’anciens mineurs ayant travaillé à la fosse Ledoux. Elle se compose de 299 photographies collectées dans les magazines miniers Relais (diffusion entre 1969 et 1987), Coups de Pic, Coups de Plume (diffusion entre 1953 et 1968), et auprès de familles d’anciens mineurs de la fosse Ledoux. La seconde collection est visible au Musée de l’École et de la Mine de Harnes, créée et conservée par l’association éponyme, constituée d’enseignants retraités. Depuis les années 1990, avec l’aide d’anciens mineurs, les bénévoles ont reconstitué deux galeries de mine, un estaminet, un cabinet médical, une salle des fossiles et un intérieur de coron. Le musée se compose de centaines d’objets et la collection s’agrandit en fonction des dons locaux.

L’ethnographie en ligne des collections minières

Une enquête ethnographique en ligne a été conduite sur Facebook entre 2019 et 2021. Le choix de ce réseau s’est confirmé auprès des enquêtés pour qui cet espace peut être défini comme un espace de « réaffirmation de l’entre-soi et des attachements au groupe » (Beaudouin, 2016, p. 221). En effet, pour les deux cas étudiés, Facebook permet d’interagir avec des internautes touchés par leurs travaux (autres associations, visiteurs, familles et amis issus d’une culture minière) et de limiter la circulation de leur collection grâce au réseau restreint constitué sur le dispositif. Le réseau de notre profil Facebook d’enquête se compose de 110 amis (dont 7 femmes et 27 profils étrangers des bassins miniers belges, allemands et anglais) et du suivi de 48 pages, 16 groupes publics et 14 groupes privés (nécessitant une acceptation de l’administrateur). Les collections étudiées ici font toutes les deux l’objet d’un travail de numérisation et de partage sur Facebook. Le choix des formes de représentation et d’espaces de médiation de ces collections s’inscrit dans des stratégies propres aux enquêtés. 

Entre singularités individuelles et dynamiques collectives : faire collection comme travail de mémoire

La collection comme expression de l’amateur-témoin

La constitution des collections minières sinscrit tout à la fois dans les activités patrimoniales des enquêtés – qui permettent de les qualifier d’amateurs –, et dans leurs expériences personnelles – qui permettent de les lier à un statut de témoin indirect. Les collections des amateurs-témoins possèdent dès lors deux dimensions. Une dimension de singularité dans le choix des objets qui composent leurs collections et les pratiques qui les documentent, les inventorient et les classent : c’est la réunion de ces objets comme un tout qui en construit le sens particulier. Et une dimension commune, où les objets, comme des ouvertures, viennent recouper des récits du passé minier au sein de la communauté. Ces collections reflèteraient alors le désir de faire partie du groupe, plutôt que de s’en distinguer. 

Au cours de notre enquête de terrain, nous avons remarqué que le partage des collections avec un public était systématique chez les descendants et chez les médiateurs. À travers la médiation de ces collections, ils attestent d’une réalité où leur identité de témoin indirect est mise en relief par rapport aux objets rassemblés. Dans cette optique, nous voyons les collections d’objets miniers des descendants et des médiateurs comme possédant tout à la fois une fonction pédagogique autour de la mémoire minière et une capacité à mettre en récit le passé à partir de leur propre expérience. Pour autant, tous ne choisissent pas de présenter leurs collections en ligne, préférant par exemple des formes de médiations conçues autour d’expositions temporaires ou permanentes. La mise en ligne des collections nous interroge donc sur les différentes logiques de médiation de ces objets à travers un positionnement de témoin indirect. Finalement, qu’apportent les dispositifs numériques à la mise en récit de la mémoire minière en ligne ? Quelle construction de sens pour ces collections ? Comment s’articule la posture du témoin indirect dans ce contexte numérique ? Dans la partie suivante, nous reviendrons sur les contextes d’inscription sur le dispositif numérique Facebook à travers les choix et orientations des deux exemples étudiés.

Choisir Facebook pour dire le passé

Les motivations qui poussent Véronique et l’association à s’engager sur Facebook peuvent être perçues comme une opportunité pour mettre en place de nouvelles formes de médiations avec la communauté minière et locale et réaffirmer leur statut de témoin. Lors d’un entretien, Véronique explique n’avoir pris conscience de la difficulté de ce métier qu’après le décès de son père, elle exprime un besoin de témoigner du labeur des mineurs :

Véronique : « Je ne savais pas ce que c’était le métier de mineur. Par la force des choses, avec les témoignages, on a compris ce que c’était. Et quand il est décédé [son père] en fait, au fur et à mesure on me disait « Véronique, tu as vu ? Il y a un tel il est mort », et puis ça tout le temps, tout le temps. J’ai dit « Ce n’est pas possible, ils s’en vont tous, il n’y a personne qui parle d’eux, il faut faire quelque chose » » (Véronique, Roubaix, 08/09/20). 

Nous retrouvons dans son discours ce que Jean-Louis Tornatore a décrit comme « la dette des fils » (2008), c’est-à-dire des descendants « engagés dans un travail de justice mémorielle, procédant de l’acquittement d’une dette envers leur père, celle de leur avoir permis, au prix de la souffrance des corps, de transcender leur condition sociale » (Tornatore, 2008, p. 141). Véronique estime le travail des médias comme insuffisant et se saisit de Facebook comme un moyen de prendre la parole, en tant que témoin indirecte, pour parler de la vie des anciens mineurs. À travers la création de son profil personnel, elle est rapidement parvenue à réunir plus de 2000 amis en ligne issus de la Cité du Défriché (Condé sur l’Escaut), dont elle est aussi native. Collectionneuse de magazines miniers, Facebook lui donne la possibilité de partager ses documents, mais aussi d’en collecter de nouveaux (par le partage ou la messagerie). À partir des magazines miniers Relais et Coups de Pic, Coups de Plume de sa collection, elle a démarré une première collecte de portraits individuels de mineurs en scannant, découpant et numérisant les pages des magazines ensuite publiées sur un album Facebook intitulé « Photos individuelles des mineurs de la fosse Ledoux ». L’ambition de ce projet est de réunir la totalité des anciens mineurs disparus de Ledoux à travers des portraits individuels qui permettront à sa communauté de retrouver parents, amis et voisins et d’honorer leur mémoire via leurs visites et commentaires. Le support Facebook transforme ici chaque photo en une « image conversationnelle » au sens d’André Gunthert (2014) où les portraits permettent « l’élaboration de réponses collaboratives à un événement commun » (ibid., p. 10), ici la disparition des mineurs. Plus qu’une simple transposition de contenus patrimoniaux en ligne, cette pratique est un opérateur de mémoire où les photos, à l’attention d’une communauté en deuil, dépassent le seul cercle familial. Cet « ensemble signifiant » (Davallon, 2016, p. 17) de portraits devient alors le point de départ d’interactions sociales entre les membres de la communauté, constituée autour de leur propre mémoire. Bien qu’il s’agisse d’un public aux identités multiples (anciens mineurs, descendants, voisins ou proches), le caractère techno-sémiotique de Facebook les réunit ici autour d’une réalité commune : celle de l’expérience partagée de la perte. Le dispositif épouse la pratique de Véronique en lui permettant de s’adresser à un public restreint à travers une structure de participation spécifique (les commentaires sous les photos) qui favorise l’écriture de récits partagés. En tant que témoin indirecte, elle est plus que récipiendaire de ces portraits : elle en devient aussi interprète, perpétuant un lien entre les mineurs du passé et le présent. 

De son côté, du fait de la pandémie de Covid 19, l’association de l’École et de la Mine a observé une chute du nombre de visiteurs. Ils ont alors pris la décision de créer un groupe Facebook du musée afin de le faire connaître, de valoriser leurs activités et de mettre en avant leur travail de collecte d’objets miniers depuis presque trente ans3. L’intention première derrière la création du groupe était de constituer une communauté locale d’anciens et de futurs visiteurs. Proposant une médiation pédagogique autour de certains objets du musée dont l’usage est aujourd’hui opaque, ils restituent les usages entendus in situ et lus en ligne, et tentent d’en briser les mythes. Durant un entretien de groupe, deux membres de l’association expliquent l’importance d’un travail d’enquête avant de publier en ligne :

Josie (Présidente de l’association) : « On s’enrichit par tout ce qu’on entend. Puis après il faut vérifier aussi. Les chevaux morts au fond…Jeanne (membre de l’association) : Les canaris…
Josie : Les canaris. Bon il y a eu des canaris [au fond], mais ce n’était pas systématique. Vous voyez, des idées toutes faites. Le briquet, qui viendrait de « Raoul Briquet », alors que Zola dans Germinal parle déjà du briquet. À cette époque-là, je crois que Raoul Briquet devait avoir huit ans. Donc ça aurait été un génie quand même de parler déjà du briquet. Vous voyez, nous on est là pour essayer de rectifier tout ça. Et puis inversement, on est preneur des anecdotes qu’on nous apporte. On s’enrichit de ça » (Josette et Jeanne, Harnes, 08/10/20).

Ce travail d’écoute et d’enquête permet aux médiateurs de réunir « des compétences spécifiques d’analyse et d’interprétation de l’objet » (Gellereau, 2015, p. 85). Facebook reproduit l’environnement du musée au sein duquel les interactions prennent habituellement place, venant appuyer leur statut de « témoins, médiateurs d’histoires humaines » (Lamizet, 1999, p. 86). Cette médiation vise à mettre en contact les internautes avec les objets miniers et la mémoire qu’ils portent. En activant un régime d’attention particulier sur certains artefacts, ce travail donne des clefs d’interprétation et suscite des échanges autour de leur signification. Leur démarche contribue au processus de patrimonialisation où les objets acquièrent une valeur collective au sein du groupe. Grâce aux usages liés aux objets mais également à « une réalité intangible faite de coutumes, d’expériences, de paroles » (Régimbeau, 2015, p. 17). Les pratiques d’écriture des médiateurs revivifient ainsi la profession de mineur à travers des outils de travail devenus objets de musée. Sur le groupe Facebook, la mobilisation de leurs compétences et des photos des objets institue un cadre de référence interprétatif du passé minier dans un discret jeu d’autorité des médiateurs vers les internautes. 

Ainsi, les médiations permises par Facebook sont le résultat d’un contexte d’inscription sur le dispositif qui varie selon le vécu et les activités des témoins indirects. Leurs trajectoires sont constitutives de leurs pratiques et de la diversité de leurs parcours. Chacun s’adresse à une communauté ciblée où sont partagés les mêmes centres d’intérêt, formant un « public idéal » (Cardon, Delaunay-Téterel, 2006, p. 23). Facebook leur permet de rompre avec un schéma traditionnel de médiation dont ils exploitent les propriétés techniques afin de « construire un public adressé tout en se cachant des autres » (Cardon, 2009, p. 64). Confirmant une forme d’entre-soi avec une communauté ciblée, ces espaces d’écriture « servent à fabriquer des savoirs et à construire du lien dans un même mouvement » (Beaudoin et al., 2021, p. 221). Ces sélections de contenus sous forme de collections, rassemblées dans un même espace numérique, permettent de poser un regard particulier sur les objets, et d’en redéfinir le sens et les modes de réception. Comme l’a souligné J. Davallon (2006), la mise en collection est une opération centrale de la patrimonialisation. Les objets, détachés de leur contexte d’usage, acquièrent une valeur interprétative nouvelle. Les deux collections observées fonctionnent analogiquement : leur collecte, leur regroupement et leur mise en ligne opèrent un déplacement qui les transforme en supports d’interprétation collective. Enfin, nos observations confirment les propos de R. Dulong à travers la volonté des témoins indirects de perpétuer un lien avec les événements du passé, mais aussi leur capacité d’interprétation dans la production de nouveaux récits. Les membres de la communauté accordent aux témoins indirects une authenticité et une légitimité qui ne reposent pas sur leur vécu, mais sur leur capacité à interpréter, à documenter et à transmettre ces objets. 

Construire du sens autour des collections en ligne : dynamiques communautaires et interprétatives

Parmi les collections observées sur le terrain, les magazines miniers tiennent une place particulière chez les témoins indirects puisqu’ils apportent des informations historiques, sociales et techniques sur la vie des mineurs. Le recours aux magazines met en lumière une première opération d’interprétation, au sens de J. Davallon, c’est-à-dire l’usage d’un objet initial produit dans un autre contexte et « extrait de son environnement social et culturel » (Davallon, 2014, p. 6) puis réinscrit dans un nouveau régime de sens. Comme on peut le lire dans cet extrait d’entretien avec Véronique, cette dernière n’extrait pas seulement des informations, elle les sélectionne méticuleusement pour les rendre signifiantes dans un cadre mémoriel collectif :

Véronique : « Et là, bon les décès, et puis là les retraités. Et puis là, c’est les petits mots que les mineurs envoyaient à la rédaction pour dire… ils étaient au service militaire en fait. Et là, c’est les personnes qui sont décédées accidentellement à la mine. Donc je collecte tout ça pour mes albums Facebook » (Véronique, Roubaix, 08/09/20).

Dans le cas de sa collection de portraits (figure 1), Véronique documente ceux issus des magazines à partir des informations qu’elle peut en extraire, parfois complétées par les internautes. Les familles qui lui transmettent des portraits accompagnent leur envoi par les informations sur leur ancêtre. Celles-ci sont succinctes mais intègrent chaque mineur dans un contexte social et historique permettant de redonner sens à l’histoire des familles. Cela engendre de nouvelles écritures que l’on retrouve en commentaire comme « je l’ai connu » ou « fière de voir la photo de mon papa », articulant travail individuel et échanges collectifs. Ces formes de reconnaissance confèrent à la collection une dimension mémorielle partagée autour de portraits disparates venant constituer une unité fondée sur la mise en commun de fragments biographiques.

Figure 1. Capture d’écran de l’album des mineurs de Ledoux

Le dispositif Facebook lui permet alors d’adopter une « écriture mosaïque » (Beaudouin, 2019, p. 160) c’est-à-dire « d’avoir sous un même format des images et des sources hétérogènes, privées et publiques, du passé et du présent, et de les assembler dans une trame d’écriture » (Ibid., p. 160). Cet assemblage de 299 portraits vient co-produire du sens avec les internautes : le caractère matériel de la collection disparaît alors au profit de l’aspect mémoriel, au centre des échanges. À la manière des opérations de mise en collection décrites par J. Davallon, ces groupements de portraits opèrent un déplacement patrimonial : il ne s’agit plus de photos de famille rangées dans des albums privés ou de portraits individuels publiés dans les magazines, mais d’un ensemble mis à disposition du collectif et qui fait émerger des interprétations et des commentaires de la communauté. Cette démarche « apporte un regard et une connaissance sur la société et sa culture pour les membres du groupement lui-même » (Davallon, 2015, p. 67). Le travail de Véronique illustre ici le rôle actif des témoins indirects mis en évidence par R. Dulong et M. Gellereau. Ils ne transmettent pas passivement les récits qu’ils reçoivent car ils possèdent eux-mêmes un lien sensible à ces objets : ils transposent l’espace numérique en un lieu où se rejouent des opérations d’interprétation et de partage propres aux dispositifs patrimoniaux. 

Figure 2. Capture d’écran d’un objet publié dans un « quizz dominical »

De leur côté, les médiateurs de l’association ne s’appuient pas sur un classement en ligne des images par album mais plutôt sur des objets individualisés publiés « au fil de l’eau », à l’image de la figure 2. Par inférence, les photos, prises dans l’espace du musée, laissent transparaître les indices d’un ensemble d’objets qui les environne. Fractionnée ainsi, cette pratique indique l’intention des médiateurs de favoriser une lecture singulière par objet. Chaque photo devient alors une sorte de micro-entrée permettant à la fois d’esquisser la cohérence de l’ensemble et de mettre en avant la singularité de certains objets. On y retrouve une « logique de signification » (Lamizet, 1999, p. 113) où le sens de la collection se construit autour des publications régulières comme les « quizz dominicaux » qui montrent une maîtrise spécialisée du vocabulaire et de l’histoire des objets comme sur la figure 2. À travers des questions telles que : « Quelle était la fonction de cette « Femme Mineur » ? », les publics sont « sollicités en tant que témoins […] mais aussi en tant qu’experts […] : ils mettent alors leurs compétences au service de l’enrichissement des connaissances sur le patrimoine » (Casemajor Loustau, 2012, p. 6). Ces interactions construisent un rapport spécifique au passé entre internautes et objets car les contenus les engagent à partager leurs savoirs pour l’intérêt du collectif. Les réponses sont nombreuses et les commentaires se croisent. Comme l’explique Josie durant l’entretien de groupe, ce travail nécessite une certaine mobilisation :

Josie : « Je réponds à tout le monde, parfois ils donnent la bonne réponse, parfois c’est plus éloigné on va dire. Et puis on se dit bonjour, on se salue. C’est entre nous, les gens n’ont pas peur de se tromper en fait. Et à 17h, tous les dimanches, j’annonce la bonne réponse. » (Josie, Harnes, 08/10/20).

La forme rassurante du jeu appelle ici à une participation plus large. Cette dynamique met aussi en lumière l’importance de la dimension dialogique où l’objet ne se suffit pas à lui-même mais prend sens dans les interactions. L’extrait de l’entretien illustre le fait que ces interactions se tissent à travers des rituels (dire bonjour, répondre à tous, remercier) qui entretiennent la circulation des interprétations et consolident le groupe. À travers cette pratique, les publications des objets de la collection deviennent des « documents outils » (Leleu-Merviel, 2004, p. 122) car leur fonction, en plus d’apporter un témoignage du passé, est de « dispenser un enseignement, faire réfléchir, former, initier, instruire » (ibid., p. 122), faisant ainsi émerger du sens pour la communauté en ligne. 

Dans les deux cas étudiés, le sens donné aux collections en ligne se construit dans l’interaction avec les communautés constituées par les enquêtés, et bornées par l’espace d’écriture configuré sur Facebook. Le dispositif donne la possibilité alors aux collections minières « d’exister techniquement, socialement, sémiotiquement et symboliquement » (Davallon, 2016, p. 21). Dans cette enquête, la mise en ligne des collections éclaire sur les logiques de médiation des témoins indirects. Les dispositifs numériques favorisent l’articulation de ces objets sur un même support et offrent un cadre d’écriture partagée conduisant à des échanges au sein de la communauté. Le sens des collections n’émerge donc pas uniquement des objets ou de leur collectionneur, mais bien de leur circulation, de leur discussion et de leur réappropriation par le groupe lui-même. La construction de ce rapport au passé par le dispositif donne de l’épaisseur à la mémoire en permettant aux témoins indirects de jouer un rôle actif dans l’alimentation des connaissances sur la mine et en maintenant l’intérêt pour les générations actuelles et futures. Ils y engagent de nombreuses compétences qui conduisent à les définir comme amateurs-témoins, à travers la composition des collections, leur médiation technique sur le dispositif et leur capacité à mettre ces fragments en récit. Enfin, comme l’illustre le présent terrain, dans un contexte numérique, la posture de témoin indirect est loin d’être individuelle : elle se renforce dans et par le collectif. 

Conclusion

Les pratiques d’écriture observées autour des deux collections minières montrent à quel point le numérique ne se limite pas à une simple transposition des contenus patrimoniaux mais fonctionne comme un véritable opérateur de mémoire. Comme nous l’avons vu à travers l’exemple du travail de Véronique et de l’association, s’intéresser de manière compréhensive aux parcours et activités des témoins offre la possibilité de comprendre de quelles manières les collections s’inscrivent dans des projets individuels ou collectifs. Les collections portent des histoires singulières, où les objets sont réunis dans le temps long et accompagnés des récits qui les ont amenés jusqu’à nous. Bien plus qu’une pratique amateure, la collection d’objets miniers permet aux témoins indirects de construire un rapport particulier au passé et de s’inscrire dans une communauté : elles participent à la revendication d’une identité individuelle et collective. Ainsi, ce qui était le fragment d’une histoire familiale ou professionnelle devient un élément constitutif d’une collection, et plus largement d’une mémoire collective.

Selon nos observations, les objets acquièrent une valeur supplémentaire dans le processus de partage vers un public. Au sein de la communauté minière du Nord-Pas-de-Calais, une partie des pratiques de médiation se réalise directement au contact du public, par exemple lors d’expositions temporaires et permanentes. Dans le contexte numérique, la complexité de la médiation des collections réside dans le fait que les objets perdent leur ancrage spatial et temporel. Par exemple, la cafus (figure 2) se retrouve extraite de la mise en scène dans laquelle elle est exposée et les photos individuelles (figure 1) sont extraites des magazines ou albums de famille dans lesquels elles s’inscrivent. En choisissant de mettre en ligne ces objets, les témoins doivent alors leur redonner du sens. Facebook est ici apparu comme un terrain privilégié où les témoins inscrivent les collections dans un dispositif continuellement activé par les interactions. Leurs pratiques mettent en lumière un travail d’appropriation des objets (les prendre en photo, les ranger, les découper…) et de construction de sens (les partager dans un espace dédié à une communauté ciblée, les mettre en récit…).

Ce faisant, la numérisation des collections en ligne pose des questions pour la recherche en SIC : l’opacité et la rigidité des réseaux sociaux commerciaux, tels que Facebook, interrogent sur l’évolution de ce web mémoriel. Que deviennent ces collections numériques quand la transmission se réalise par la documentation partagée et fragmentée des réseaux sociaux ? Loin de figer le passé, les pratiques numériques contribuent à une patrimonialisation inséparable d’une production de connaissances située, collective et évolutive. 

 

Notes

[1] Si les deux premières catégories sont relativement claires dans leur dénomination, les médiateurs se différencient des experts de par leur approche ancrée sur le territoire. Ils ne sont pas issus de familles ouvrières, mais ont grandi dans le Nord-Pas-de-Calais, s’attachant à leur histoire locale et à la volonté de la transmettre. Les médiateurs s’inscrivent dans des associations d’histoire locale qui leur permettent de faire de la médiation autour de musées de société ou à travers l’écriture de fascicules d’histoire locale. Les experts, quant à eux, possèdent une expérience du territoire élargie à d’autres bassins miniers en raison de leurs passions (minéraux, outils et machines, chemins de fer, etc.). Se rapprochant du statut de « pro-am » décrit par C. Leadbeater et P. Millet (2004), ils s’ancrent dans un réseau d’acteurs dense partagé entre institutions et pairs. Ils sont sollicités par les institutions locales pour leur expertise technique, des prêts d’objets de leur collection personnelle, ou encore des analyses de documents d’archives.

[2] Pour des raisons d’anonymat, nous avons changé tous les prénoms dans le texte.

[3] L’association possède un site internet indiquant les informations essentielles pour visiter le musée. Si leur projet initial était de partager des photographies des collections minières sur le site, celui-ci n’a pas pu aboutir après le départ de l’un des membres de l’association, seul webmestre du groupe. Le site n’a pas connu d’évolution par la suite. Lien URL du site : https://www.museedelamine.org/ ; Lien URL de leur groupe Facebook : https://www.facebook.com/groups/2599092877064396

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Auteure

Juliette Le Marquer

Juliette Le Marquer est postdoctorante à l’Université Claude Bernard Lyon et rattachée au laboratoire ELICO. Ses recherches portent sur la place des dispositifs d’écriture dans la transmission de la mémoire portée par les communautés qui s’en déclarent détentrices. Sa méthodologie de terrain repose sur une approche compréhensive mobilisant recueil documentaire, entretiens et observations ethnographiques.

juliette.le-marquer@univ-lyon1.fr