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Présence des contributions étrangères dans les revues espagnoles de sciences de l’information et de la communication

2 Août, 2012

Résumé

Les revues scientifiques constituent une source primaire qui permet de connaître la recherche réalisée en Espagne sur la communication. Dans ce travail, nous essayons de faire un état des liens de la recherche espagnole avec la recherche internationale. Nous évaluons la façon dont la production scientifique est représentée, aussi bien en fonction de la présence d’auteurs d’autres pays dans les principales revues espagnoles de communication, que de l’origine des références les plus fréquemment utilisées.
Les données montrent une importante activité scientifique pendant 2010 avec un grand nombre de contributions dans un contexte d’endogamie géographique se caractérisant par un très petit nombre de contributions étrangères. L’espagnol apparaît comme la langue dominante et très peu de liens existent avec les auteurs et les publications de pays voisins.

Mots clés

Communication scientifique, revues scientifiques sur la communication, recherche en communication en Espagne, multilinguisme scientifique.

In English

Abstract

The scientific journals are a primary source to know the communication research made in Spain. We want to know the international connections, or disconnections, of the spanish academy. We study the presence of articles produced by researchers from other countries in the main group of scientific communication journals, as well as the origins of the more used references.
The data show an important scientific activity in 2010 a lifted number of academic contributions in a geographic scene of endogamia with little contributions of the outside, with the Spanish like dominant language, without hardly connection with authors and publications of neighboring countries.

Keywords

Science communication, scientific journals on communication, communication research in Spain, scientific multilingualism.

En Español

Resumen

Las revistas científicas constituyen una fuente primaria que permite conocer la investigación que se realiza en España sobre comunicación. Intentamos abordar con la presente investigación el estado de las conexiones y/o desconexiones internacionales de la academia española. En este trabajo valoramos cómo se representa en la producción científica, tanto la presencia de autores de otros países en las principales revistas de comunicación españolas, como el origen de las referencias más frecuentemente utilizadas.
Los datos muestran una importante actividad científica durante 2010, un número elevado de contribuciones académicas en un escenario de endogamia geográfica con escasas contribuciones del exterior, con el español como idioma dominante, sin apenas conexión con autores y publicaciones de países vecinos.

Palabras clave

Comunicación de la ciencia, revistas científicas sobre comunicación, investigación en comunicación en España, multilingüismo científico.

Pour citer cet article, utiliser la référence suivante :

Pestano Rodríguez José Manuel, Rodríguez Wangüemert Carmen, Rodríguez Breijo Vanessa, « Présence des contributions étrangères dans les revues espagnoles de sciences de l’information et de la communication« , Les Enjeux de l’Information et de la Communication, n°13/1, , p.61 à 83, consulté le jeudi 17 octobre 2019, [en ligne] URL : https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2012/varia/04-presence-des-contributions-etrangeres-dans-les-revues-espagnoles-de-sciences-de-linformation-et-de-la-communication/

Introduction

L’activité scientifique vise à comprendre un objet d’étude et l’une de ses étapes est la production d’écrits scientifiques. Cette littérature scientifique a pour but la diffusion des résultats de la recherche. La communication des connaissances acquises est devenue multidirectionnelle. Cela conduit à un processus de formation de réseaux qui peut être représenté sous la forme de graphiques de citations d’auteurs, écoles et disciplines. La connaissance scientifique est également une connaissance sociale et elle est construite dans un environnement social sur la base des informations pertinentes.

Cette production sociale de la connaissance scientifique évolue. En communication, les sujets de recherche, les méthodes, les lignes directrices et les conditions de production se modifient donnant lieu à des écrits différents de ceux produits des années auparavant. Les pressions de l’environnement politique et économique touchent les chercheurs qui ont besoin de publier pour survivre dans un contexte dominé par les contrôles de qualité inhérents au fonctionnement des entreprises, en même temps que la profession devient plus précaire (Enders, 2000).
Malgré certaines opinions (AERES, 2010), du moins en Espagne, il y a fort longtemps que les livres et les chapitres de livres ont cédé la place à des revues scientifiques comme outil de transmission des connaissances dans ce champ scientifique.

D’un côté, les livres, monographies et chapitres de livres ne sont pas obligatoirement soumis à une analyse extérieure et anonyme, de sorte que leur contenu ne dépend que de l’auteur et de sa relation avec l’éditeur, et dans un contexte de marchandisation de la connaissance scientifique, le livre est traité comme un autre objet de plus dans l’industrie de la production de contenus (Cartellier, 1999). Les livres ne semblent pas non plus adéquats pour communiquer des résultats de recherche dans un domaine où la seule constante est le changement avec une dynamique qui peut entraîner une obsolescence rapide des monographies. D’un autre côté, l’édition de revues spécialisées en communication a été développée dans des pays comme l’Espagne sous la tutelle des institutions de recherche, grâce au bénévolat de professeurs d’université qui ajoutent à leurs tâches d’enseignement, de recherche et de gestion, celles d’éditeur de publications scientifiques et de relecteur (d’évaluateur). Giménez et Alcain, (2006), Castillo et Carretón (2010) ont étudié l’évolution et l’état des revues scientifiques espagnoles sur la communication.
Les changements concernent également les auteurs. Ainsi, en consultant quelques exemples des premiers numéros de Comunicación y Sociedad, on se rend compte qu’en 1988, les articles n’avaient qu’un seul auteur ; à partir de l’an 2000, ce nombre augmente et de nos jours il est désormais courant de trouver des textes signés par deux ou trois auteurs (Castillo et Carretón, 2010).

Malgré tout, des pratiques du passé persistent encore. Certaines revues n’acceptent pas plus de trois auteurs ; s’ils sont plus de trois, ils sont cités séparément, sans aucune explication, contrairement à ce qui se passe dans d’autres domaines de la science.

Le regard des auteurs sur la communauté scientifique a également évolué. Pendant un certain temps les revues de communication publiées en Espagne étaient rarement mentionnées dans les rapports et les articles de leurs propres revues. Actuellement, cette tendance est inversée ; les auteurs sont attentifs aux articles des revues, le nombre de citations dans les articles augmente, les auteurs citent davantage les travaux récents et les auteurs contemporains et pertinents, plutôt que des références érudites d’auteurs classiques.

Les revues scientifiques de la communication comme objet d’étude

En Espagne, la recherche sur la communication se fait dans les universités et à l’heure actuelle, de nombreux centres universitaires offrent un cursus de communication. Ces études ont des profils différents ; les diplômes les plus courants sont ceux de « journalisme », offerts par 48 centres, « communication audiovisuelle », dans 54 centres, et « publicité et relations publiques », dans 39 ;   plusieurs universités ont aussi une offre au niveau master et doctorat (ME, 2011 ; Pestano et al, 2011). Bien qu’il existe aujourd’hui des changements dans la formation doctorale, environ 670 thèses sur la communication ont été soutenues, dans la dernière décennie. Les universités Complutense de Madrid et Autonome de Barcelona sont celles qui produisent le plus (TESEO, 2011). Une synthèse récente de la recherche espagnole en communication révèle le potentiel du secteur, ses défis et ses principaux axes de travail (Martínez, 2009; Rodrigo et García, 2010). L’activité de recherche espagnole s’étend à d’autres pays, particulièrement en Amérique latine. Des programmes de doctorat sont offerts par plusieurs universités, de nouveaux partenariats intercontinentaux de recherche et de nouveaux réseaux de chercheurs se constituent. Certains de ces groupes commencent à avoir une visibilité internationale.

Au fur et à mesure que l’activité de recherche se consolide, la publication de revues, comme activité d’édition spécifique, s’impose et tient son rang dans le domaine académique des sciences de la communication.
Au cours des deux dernières décennies, des listes et des classements de revues scientifiques en sciences sociales ont été établis ; ils confèrent un prestige académique et sont utilisés pour évaluer des projets de recherche, allouer des ressources et décider des questions telles que le maintien ou la promotion des professeurs d’université (1).
En Espagne, dans le domaine des sciences sociales, il existe plusieurs outils de références pour l’évaluation de revues scientifiques auxquels les agences d’évaluation ont recours (Torres-Salinas et al, 2010, p. 679). Ces outils fournissent des indicateurs pour la gestion de la politique scientifique. On peut citer les anciens RESH-CINDOC et DICE-CSIC (Giménez et Alcain, 2006, p. 109) et les plus nouveaux MIAR (2011), basés sur la présence de chaque publication dans différentes bases de données, et IN-RECS (2011), qui détermine l’impact des revues de sciences sociales.

La corrélation entre les listes est élevée sur le haut du tableau et les revues qui occupent les premières positions dans IN-RECS occupent habituellement les premières places dans MIAR. Il existe aussi des publications dont la position varie beaucoup d’une année à l’autre. Bien que ces listes soient utilisées comme un indicateur de la production scientifique, il est reconnu que ces données peuvent être relatives et devraient donc être utilisées avec prudence, en complétant avec d’autres moyens pour avoir une meilleure idée de la qualité des travaux sur la communication.

En 2009, IN-RECS a recensé 23 revues de communication qui ont publié 1.667 articles. Malgré ce volume de publications, la communication au sein des sciences sociales, est la discipline qui a le moins de revues par rapport à d’autres champs, avec une représentation peu abondante dans l’université espagnole. Le nombre de revues ne répond donc pas à la potentialité du secteur. En outre, les 23 publications citées par IN-RECS ne sont pas toutes des revues scientifiques publiées en Espagne sur la communication et certaines revues n’y figurent pas.

Des portails comme Infoamérica (2011), de l’Université de Malaga ou le Portail de la Communication (2011), de l’Université Autonome de Barcelone offrent une vision plus complète. La base DIALNET (2011), de l’Université de La Rioja propose des données sur l’édition des revues et des liens aux articles.

Les revues du premier quartile, celles qui ont le facteur d’impact le plus élevé, ne sont que cinq, ce qui est un nombre insuffisant pour répondre aux exigences de la production académique. Les revues source sont sept, mais en 2009, trois d’entre elles ont perdu leur place dans le classement annuel.

Si l’on considère seulement la moitié des professeurs existants et un nombre similaire d’étudiants de doctorat, on peut estimer entre deux et trois mille, le nombre d’auteurs espagnols qui cherchent un lieu pour publier. Cet état de fait entraîne a) une stagnation dans les grands périodiquesqui ne peuvent pas répondre aux auteurs, b) un retard important dans le temps de révision des articles, c) une perte de valeur des travaux de recherche qui peuvent devenir obsolètes ou dépassés, d) une surcharge des évaluateurs, e) une augmentation du taux de rejet. Bien sûr, parmi ces articles rejetés il peut y avoir des travaux intéressants, mais qui ne sont pas publiés.

En réponse à cette situation, de nombreux chercheurs ont appelé à la création de forums universitaires innovants, promus par les centres de recherche universitaires. Par exemple, pour faciliter l’accès à de nouvelles publications scientifiques, une plate-forme de revues de communication émergentes a été récemment mise en place, composée par les revues Pangea, Revista Mediterránea de Communicación, Miguel Hernández Communication Journal, Fonseca Communication Journal, TecCom Studies et Fotocinema. Citons également E-LIS (2011) qui permet d’enregistrer et de récupérer des travaux scientifiques sur la communication.

 Les langues dans la communication scientifique sur la communication

L’examen, sur plusieurs années, de revues scientifiques espagnoles sur la communication nous a conduit à constater l’absence de références à d’autres revues qui sont publiées dans les pays européens ainsi que l’absence de citations de publications d’auteurs européens. Ce constat semble lié à la langue dans laquelle publient ces revues ; ce n’est que lorsque l’article a été traduit en espagnol, ou publié en anglais, qu’il est susceptible d’apparaître comme référence dans une revue espagnole. Les citations d’articles d’autres langues sont épisodiques. A cela s’ajoute que nous voyons peu d’auteurs étrangers dans les revues espagnoles. Bien que ce ne soit pas nouveau, il est nécessaire de faire face ouvertement à cette situation, pour promouvoir la discussion et trouver des alternatives.

Les difficultés pour la publication en anglais sont communes à un grand nombre de chercheurs. L’expression correcte en langue non-maternelle constitue un obstacle important, même pour ceux qui ont une grande compétence en anglais. En outre, l’utilisation de traducteurs professionnels n’est pas une ressource accessible à tous les chercheurs. Lorsque l’offre d’articles excède la demande d’édition, en langue anglaise, les éditeurs sont plus exigeants en ce qui concerne le niveau d’expression.

Tandis que les grandes entreprises informatiques mettent au point les SATS, systèmes de traduction automatique synchronisée (Martín, 2010), le besoin de recourir à l’anglais comme langue véhiculaire est justifié car la diversité linguistique empêche un échange fluide de pensée entre les langues vernaculaires. Mais contrairement à ce qui se passe dans d’autres parties du monde, nous n’avons, en Europe, que quelques douzaines de langues différentes, certaines avec de nombreuses caractéristiques communes et d’importantes relations culturelles. Dès lors, la revendication d’une communication scientifique multilingue semble non seulement possible mais nécessaire, surtout dans ce contexte géographique, social et politique (Dumas, 2010).

Nous pensons que ce phénomène d’invisibilité affecte les scientifiques de la communication, non seulement en Espagne, mais dans d’autres pays européens. Les auteurs produisent des résultats de recherche intéressants, significatifs et mis à jour, mais qui s’avèrent inconnus pour la communauté scientifique des pays voisins (Puustinen, 2007, p. 74).

Ce phénomène a plusieurs composantes. D’une part, il est associé à l’hégémonie de l’anglais comme langue d’échange scientifique et aux difficultés personnelles et économiques dérivées d’utiliser une autre langue que la langue maternelle. D’autre part, il est lié aux limites imposées par la publication en raison de sa politique d’édition, de sa commercialisation et aux impératifs commerciaux. Ajoutons à cela l’accroissement des exigences linguistiques des revues anglo-saxonnes (Guyot, 2010, p. 53). Enfin, l’environnement éditorial est également soumis à un phénomène de concurrence; la compétition entre les revues, pour améliorer leur facteur d’impact, les conduit à réduire le nombre d’articles par an, à publier des articles de synthèse, avec de nombreuses citations ou à encourager l’autocitation de la revue.

Questions et hypothèses de recherche

Nous nous sommes attachés à décrire le scénario des relations dans le domaine de la recherche en communication à travers la façon dont les revues scientifiques espagnoles prennent en compte des auteurs de différents pays. Nous essayons de connaître les liens qui existent entre les auteurs espagnols et leurs homologues étrangers. Nous cherchons à savoir si dans un environnement de plus en plus interconnecté, nous améliorons ou pas le transfert d’idées, de sujets, de méthodes et de résultats, en favorisant les synergies entre des équipes, des groupes ou des écoles… Nous voulons aussi voir s’il existe une recherche en communication, médiatisée par la langue de publication et dans quelle mesure, nous nous trouvons, par conséquent devant un domaine académique plus semblable à un archipel fragmenté et isolé, qu’à un territoire continu. Ces préoccupations et les constats préliminaires nous permettent de formuler les questions de recherche et les hypothèses suivantes.

Q1. Les auteurs étrangers sont-ils présents dans la production scientifique espagnole sur la communication?
Q2. Existe-t-il des exemples de perméabilité des frontières géographiques du domaine scientifique de la communication ou, au contraire, sommes-nous devant un cas d’isolement national avec des caractéristiques d’endogamie ?
Q3. Quelle est la présence des contributions françaises à la recherche académique espagnole en communication?

H1. La production scientifique espagnole sur la communication est dans une situation d’endogamie géographique, avec une faible représentation d’auteurs d’autres pays européens et d’autres continents.
H2. La production scientifique espagnole en communication emploie, dans une plus grande proportion, des références publiées en espagnol. Elle utilise dans une moindre mesure, des références en anglais et n’a que très peu recours à des références dans d’autres langues européennes, comme le français, le portugais, l’italien ou l’allemand.
H3. Dans la production scientifique publiée dans les revues espagnoles de communication, la visibilité d’articles et de publications d’auteurs français est nulle.

Méthode

La production scientifique espagnole en matière de communication est sous forme de supports primaires tels que des actes de congrès, des rapports, des thèses, des monographies et des articles dans des revues. Les articles sont liés à d’autres sources, comme les communications à des congrès et les rapports partiels de recherches plus vastes ; leurs caractéristiques font que les revues contiennent la recherche la plus récente, émergente et dans toute sa diversité. Elles sont de ce fait les supports les plus pertinents pour aborder l’état de ce domaine académique.

En Espagne, il existe divers outils et bases de données pour les revues scientifiques de sciences sociales. Nous avons comparé la situation des revues par rapport à deux d’entre eux qui utilisent des méthodologies différentes : MIAR et IN-RECS.

MIAR, Matriu d’Informació per a L’Avaluació de Revistes, de l’Université Autonome de Barcelone évalue la présence d’un périodique dans certaines bases de données ; en fonction de celles-ci, la revue se voit attribuer un score. La durée de vie de la publication est également prise en compte dans ces calculs.

IN-RECS, Indice d’impact des revues espagnoles de sciences sociales, est réalisé par le Groupe d’évaluation des sciences et de la communication scientifique (EC3) de l’Université de Grenade Cet indice offre des statistiques des revues de communication à l’aide d’une analyse quantitative des citations bibliographiques. Il est publié à la fin de chaque année avec des variations interannuelles et précise les articles les plus cités ainsi que le nombre de citations nationales et internationales obtenues par une publication.

Des méthodologies différentes montrent une forte corrélation, au moins parmi les revues qui sont dans le quartile supérieur des deux indices. Nous choisissons, ici, IN-RECS pour deux raisons : d’abord, il s’agit d’une source primaire qui produit ses propres données alors que MIAR utilise celles des autres ; ensuite, les conditions pour être inclus dans IN-RECS sont celles d’une base de données de qualité.

Pour être dans IN-RECS, une revue doit remplir les conditions suivantes: a) avoir une durée de vie de plusieurs années b) avoir des critères de qualité pour la sélection des articles c) disposer de comités éditoriaux et scientifiques réputés d) être considérée dans le cadre national et international e) être reconnue par les auteurs espagnols.

Nous avons utilisé les données générales d’IN-RECS pour quantifier le nombre d’articles publiés en 2009 dans les 23 revues de communication figurant dans l’indice. Le nombre élevé d’articles publiés rend nécessaire la définition d’ un échantillon adéquat. Pour cela, nous avons évalué le rang des revues ; IN-RECS classe les revues en quartiles ; celles situées dans le premier quartile sont généralement les plus utilisées par les chercheurs. Elles comptent toutes plus d’une décennie d’activité et leurs travaux sont cités plus fréquemment.

En 2009, les cinq revues du premier quartile ont été Revista Latina de Comunicación Social (Université de La Laguna, 1997), Comunicación y Sociedad (Université de Navarra, 1988), ZER Revista de estudios de comunicación (Université de Pays Vasque, 1996), Estudios sobre el Mensaje periodístico (1994) et Cuadernos de Información y Documentación (1995), toutes les deux de l’Université Complutense de Madrid.

L’importance nationale et internationale de ces revues est attestée par leur présence dans une ou plusieurs bases de données et organismes d’évaluation de revues comme Directory of Open Access Journal (DOAJ), Communications & Mass Media Complete (EBSCO), Fuente Académica Premier (EBSCO), Social Sciences Full Text Database (H. Wilson), Social Science Citation Index (Thomson Reuters), Ulrich’s, Latindex, Dialnet, Difusión y Calidad Editorial de las Revistas Españolas de Ciencias Sociales y Jurídicas (DICE), Revistas Españolas de Ciencias Sociales y Humanas (RESH).

Quelques revues sont aussi reconnues en France et sont parmi les revues de référence. Dans la liste établie par l’AERES (2009, 2010), on trouve trois publications espagnoles : Revista Española de Documentación Científica, ZER et Revista Latina de Comunicación Social. Estudios sobre el Mensaje Periodístico et Cuadernos de Información y Documentación se trouvent dans le catalogue SUDOC (ABES). Le site web Surlejournalisme (2011) mentionne les revues scientifiques en ligne significatives sur la communication et le journalisme. Parmi les 39 qui sont recensées deux sont espagnoles : Comunicación y sociedad et Revista Latina de Comunicación Social.

Sur les cinq revues qui occupent les positions en tête de la liste IN-RECS, il y en a quatre qui sont restées plusieurs années dans le premier quartile. Elles peuvent être considérées comme des revues centrales du domaine de la communication. Ainsi que le montre le tableau 1, les revues les plus stables sont Zer et Comunicación y sociedad qui n’ont pas quitté le premier quartile durant les quatre dernières années. Pour sa part, CIC constitue une nouveauté en 2009, après avoir été dans des positions plus éloignées.

Tableau 1 -Position des revues dans l’indice IN-RECS tout au long des dernières quatre années

Dénomination de la revue

2006

2007

2008

2009

Revista Latina de Comunicación Social

3e

11e

1re

1re

Comunicación y sociedad

5e

5e

3e

2de

Zer. Revista de Estudios de Comunicación

1re

2de

2de

3e

Estudios sobre el Mensaje Periodístico

6e

1re

8e

4e

CIC. Cuadernos de Información y Comunicación

10e

12e

12e

5e

À partir de ces données, nous avons construit l’échantillon avec tous les articles parus dans les revues situées dans le premier quartile d’IN-RECS, publiés en 2010. Les articles consultés se réfèrent à 2010, sauf ceux de Comunicación y sociedad (CS). Cette revue a une période d’accès limitée aux abonnés, c’est pourquoi ses données se réfèrent au dernier semestre de l’année 2009 et au premier semestre de 2010. L’échantillon est exhaustif pour cette période et pour les revues indiquées ; sa représentation en ce qui concerne le reste de revues est relative, mais si nous tenons compte de la Loi de Bradford, le petit noyau de revues d’un domaine de connaissances contient une grande quantité d’informations pertinentes et les informations provenant des autres revues sont généralement semblables, voire en majeure partie redondantes.

Nous avons examiné tous les articles publiés dans cette période pour identifier l’auteur, ou les auteurs, la répartition hommes/ femmes, le type d’article, leur origine, le nombre de références, les références en espagnol et dans d’autres langues, le titre, les mots-clés et les auteurs français cités.

Données et discussion

Les 23 revues de communication incluses dans IN-RECS ont publié 1.667 articles en 2009, parmi lesquels 349 correspondent aux 5 revues choisies, tandis qu’en 2010, ces mêmes 5 revues n’ont publié que 127 articles. La tendance, en 2010, a été de limiter le nombre d’articles publiés. Si l’on maintient l’activité éditoriale autour de 1.400-1.500 articles annuels, le premier quartile de revues de communication, qui correspond approximativement à 1/4 du secteur, contient seulement 7,6% des travaux publiés. Cette concentration de la production scientifique suit en partie la loi de Bradford qui pronostique qu’un noyau réduit de revues contient l’information significative d’un domaine scientifique. Dans les prochaines années, nous saurons si ces revues choisies vont être celles qui accumulent le plus de références, selon « l’effet Matthieu ».

Aucune de ces revues n’est récente. Elles répondent à un travail éditorial entamé il y a plus d’une décennie. Toutes disposent de comités éditoriaux et scientifiques internationaux (mentionnés sur leurs sites web) avec un système d’évaluation par les pairs et un ensemble de normes de publication explicites. À l’exception de Revista Latina de Comunicación Social (Latina), toutes sont nées sur support papier, et continuent d’être imprimées même si elles existent aussi en ligne. Sur Internet, le panorama est différent : Estudios sobre el Mensaje Periodístico (EMP)et Cuadernos de Información y Documentación (CIC) transposent la version imprimée sur le web et utilisent des liens hypertexte. Zer se distingue par son style concis, avec la possibilité d’accéder aux articles précédents et un index d’auteurs. Latina propose des résumés d’articles et fournit au lecteur des informations complémentaires, tandis que Comunicación y Sociedad (CS) comporte une mise en page et un graphisme nouveaux.

Ces revues sont liées à des facultés de communication ou des sociétés scientifiques et par conséquent, n‘obéissent pas à des critères commerciaux et ne cherchent pas à être rentables. Dans ces conditions, les équipes éditoriales travaillent au service de la communauté scientifique sans recevoir de contreparties économiques spécifiques, ni bénéficier de reconnaissance pour un travail auquel on n’accorde pas toute l’importance qu’il mérite, notamment en terme de temps passé pour ce qui est considéré comme faisant partie de leur activité. Elles reçoivent, bien sûr, la reconnaissance de leurs collègues et augmentent ainsi leur prestige. Toutefois, cette reconnaissance n’est pas exempte de critiques parce qu’elle se trouve exposée à des variations en fonction de la réponse de la revue aux articles envoyés.

La structure formelle des revues varie aussi de l’une à l’autre. Toutes n’ont pas d’éditorial. En revanche elles consacrent le « centre » de la revue aux articles de recherche et comprennent, à la fin, des critiques de livres. Cette structure se retrouve pour les revues en ligne comme pour les revues imprimées. Sur le web, le résultat est une page initiale organisée en deux ou trois colonnes et de nombreux liens. L’information s’étend au-delà du premier écran car ces pages répondent aux nécessités d’utilisateurs éprouvés et intéressés.

Les critères et les recommandations des agences d’évaluation et de promotion de la science, comme l’ANECA (Agence Nationale d’ Évaluation la Qualité et l’Accréditation) ou la FECYT (Fondation Espagnole pour la Science et la Technologie), sont transmis aux publications scientifiques (López-Cózar et al., 2006). Ces revues donnent la préférence aux articles de recherche de sorte qu’elles ne laissent quasiment pas de place aux essais et réflexions théoriques. Elles ont, parfois, des numéros consacrés à des sujets précis, des numéros thématiques, ou monographiques ; en ce cas-là, le numéro peut être exclusivement consacré au sujet traité ou bien conserver une partie dans laquelle sont publiés d’autres travaux.

On peut apprécier les limitations et les difficultés éditoriales si, en cas de simple transposition du support imprimé au web, manquent des services tels l’enregistrement des utilisateurs ou le signalement de nouveautés par courrier électronique. EMP et CIC utilisent des fils RSS, mais compte tenu du fait qu’il s’agit de revues à périodicité annuelle, ce service ne s’avère pas intéressant. Depuis l’année dernière Latina utilise les réseaux Facebook et Twitter. À l’exception peut-être de CS, aucune autre revue ne fonctionne sur une plate-forme comme Open Journal System, Lodel ou d’autres analogues et offre la possibilité de lire l’article, le télécharger en pdf, envoyer un commentaire aux auteurs ou imprimer la page. Elles disposent à peine de services pour les lecteurs. C’est un constat surprenant car il s’agit précisément de revues de communication et que les technologies émergentes permettent de promouvoir l’échange d’information scientifique mise à jour, en construisant des espaces différents, interactifs et participatifs qui servent à exposer, valider et mettre à disposition les avancées de la connaissance (Beaudry, 2010).

La capacité éditoriale de quelques revues est dépassée par l’offre d’articles. C’est le cas de Latina qui a bouclé son numéro de juin 2011, avec 23 articles alors qu’elle en avait reçu 100, pour ne pas nuire à son facteur d’impact (Latina, 2011). Par ailleurs, la publication des dates de réception, d’évaluation et d’acceptation montre que des revues comme Zer présentent un retard d’un an et demi entre la réception et l’acceptation d’un article.
Les articles publiés sont évalués par deux ou plusieurs lecteurs et les instructions aux auteurs indiquent la structure à suivre de préférence pour que les articles soient acceptés. Malgré la préférence pour les articles de recherche avec une structure traditionnelle (introduction, méthodologie, données, discussion, conclusions et références), certains articles sont assez loin de cette structure, et les articles synthétiques ne sont pas tellement fréquents. Ces revues de communication ne veulent pas abandonner complètement des articles théoriques ou partiellement basés en essais.

Les articles comprennent généralement un titre et un sous-titre, les noms des auteurs, leur qualité, un résumé et des mots clés en castillan et en anglais. On accepte aussi d’autres langues, comme le basque dans Zer. CIC innove en proposant le résumé et les mots clés en français et les articles de Latina, depuis 2008, comprennent un Digital Object Identifier (DOI) ; en 2009, cette revue est devenue bilingue en publiant en espagnol et en anglais tous ses articles.

Axes thématiques, références et langues des références

Dans un travail récent, Martínez et Saperas (2011) identifient les méthodes les plus habituelles et les axes thématiques qui ont fait l’objet de publications en Espagne entre 1998 et 2007. Ces auteurs détectent une présence plus importante dedivers travaux fondés sur des recherches empiriques,quelques uns plus hétérodoxes, et en moins grand nombre, des travaux théoriques et conceptuels, avec une préférence pour les sujets sur le journalisme. Dans notre cas, nous recensons 593 mots clés utilisés dans l’échantillon, qui indiquent la prévalence d’articles faisant référence à des technologies émergentes et à des sujets sur le journalisme et la communication, généraux ou spécifiques.

Tableau 2 – Mots-clés des articles publiés dans les revues choisies pendant 2010

Catégorie

Nombre

%

Audio-visuel

24

4,05

Communication

27

4,55

Cinéma

11

1,85

Journalisme

28

4,72

Technologies émergentes

30

5,06

Total de mots-clés

593

100

Peu de recherche sont consacrées à des sujets internationaux ou transfrontaliers. Parmi les sujets internationaux, on s’intéresse souvent à l’Amérique Latine et de façon plus lointaine, à l’Europe. Quelques sujets, en réalité très peu, sont traités par des équipes de différents pays. Les sujets transfrontaliers s’intéressent à la recherche dans des pays autres que l’Espagne ; dans cette catégorie, il y a par exemple un article sur le règlement du pluralisme en France (Almirón, 2009).

En ce qui concerne la parité entre les sexes; les 127 articles ont deux cents auteurs, dont cent hommes et cent femmes. Il s’avère encore fréquent de travailler en solitaire. Le nombre d’articles avec un seul auteur (79) est presque le double de ceux qui ont deux ou plusieurs auteurs (48) (voir tableau 3). Ces données sont contradictoires avec celles d’autres travaux qui indiquent un plus grand développement du travail en équipe dans ce domaine scientifique (Castillo et Carretón, 2010). Les articles contiennent 3.581 références avec une moyenne de 28 par article ; néanmoins, l’écart de ce paramètre varie entre quelques articles de plus de 100 références et un article surprenant qui n’en a aucune. Tandis que deux tiers des références correspondent à des sources en espagnol, presqu’un tiers sont en anglais ; les références dans d’autres langues n’occupent que très peu de place.

Tableau 3 – Informations générales des cinq revues choisies en 2010

Données générales

Nombre

Articles/année

127

Auteurs

200

Hommes

100

Femmes

100

Articles avec un auteur

79

Articles avec deux auteurs ou plus

48

Bien qu’il existe certaines différences entre les publications, la plupart des articles sont signés par un auteur, selon les indications du tableau 4. Le fait, pour un auteur d’écrire seul, est lié à l’atomisation du domaine qui favorise l’individualisme. Après plusieurs décennies, on s’aperçoit de difficultés sérieuses pour la construction et le maintien d’équipes de recherche stables dans le domaine de la communication. Il y a plusieurs raisons : d’une part, l’absence d’un financement important pour la recherche, empêche des performances ambitieuses permettant de constituer des équipes et d’écrire des rapports conjoints. En outre, le fait de publier seul peut aussi répondre à des stratégies individuelles, liées aux exigences des évaluations, dans le but notamment d’une promotion professionnelle. Le mérite d’une publication, en effet, peut se voir sous-estimé quand il y a plusieurs auteurs, ce qui ne contribue pas à créer des équipes de chercheurs.

Tableau 4 – Pourcentage d’auteurs individuels et collectifs dans chacune des revues (2010)

En ce qui concerne les références, les articles de CS présentent un chiffre supérieur à la moyenne, certains travaux étant publiés avec plus de 100 références ; le reste des revues est entre 25 et 29 par article, et il diminue à 20 dans le cas de CIC.

Les revues montrent aussi des variations quant à la langue des références. CS inverse la tendance générale car les références en anglais y sont plus nombreuses que celles en espagnol et dans d’autres langues ; dans le reste des revues, l’espagnol prédomine, accompagné par l’anglais tandis que d’autres langues ont à peine une citation. Les données du tableau 5 montrent clairement que le total des références en français arrive à peine à 1%. La disparition des auteurs, des articles et des revues françaises en communication paraît presque totale. Le portugais, l’italien et l’allemand se trouvent dans une situation encore pire. Nous devons ajouter que quelques auteurs français bien connus, Mattelard, Miège, Wolton, sont cités pour leurs travaux en anglais ou en espagnol.

Tableau 5 – Nombre d’articles et de références et langues des références
dans chacune des revues

 

Articles

Références

Espagnol

Anglais

Français

Portugais

Italien

Allemand

Autres

 

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

N

%

Latina

43

33,9

1155

32,3

775

21,6

290

8,1

12

0,3

1

0,0

1

0,0

6

0,2

27

2,0

CS

22

17,3

848

23,7

316

8,8

482

13,5

1

0,0

0

0,0

2

0,1

0

0,0

7

1,3

ZER

25

19,7

718

20,1

475

13,3

187

5,2

9

0,3

24

0,7

6

0,2

6

0,2

11

0,3

EMP

24

18,9

604

16,8

435

12,1

146

4,1

5

0,1

0

0,0

0

0,0

0

0,0

15

0,4

CIC

13

10,2

256

7,1

152

4,2

95

2,7

2

0,1

1

0,0

1

0,0

0

0,0

5

0,1

Total

127

100

3581

100,0

2153

60,1

1200

33,5

29

0,8

26

0,7

10

0,3

12

0,3

65

4,1

Dans chaque catégorie la fréquence numérique (N) est exprimée en caractère gras
le pourcentage est indiqué dans les colonnes de droite (2010).

Conseils éditoriaux et origine des articles

L’origine des articles et les références utilisées, donnent des informations sur un état de fait actuel qui peut être modifié dans l’avenir. Par conséquent, nous avons aussi considéré la vocation internationale des revues. Les Conseils éditoriaux, consultatifs et scientifiques sont des indications sur les orientations de la direction de la revue. Ces Conseils, ou comités, sont construits en partie avec l’intention de transférer le prestige des membres à l’image de la publication et constituent un échantillon du capital social dont la direction dote la revue. Dans le tableau 6, il est possible d’observer la composition par pays des comités scientifiques des revues concernées.

Nous avons constaté que, malgré la composition internationale des comités éditoriaux et scientifiques, il n’existe pas de corrélation avec l’origine des articles, ni avec l’origine linguistique des sources utilisées. Il s’avère fréquent de trouver des comités mixtes, parfois même avec une plus grande présence de chercheurs étrangers plutôt qu’espagnols. Toutefois, les articles dont les auteurs sont espagnols sont les plus nombreux et la langue prédominante dans les sources employées est l’espagnol.

Tableau 6 – Composition par pays des comités scientifiques,
consultatifs et d’édition des cinq revues de communication

 

Pays

Latina

CS

ZER

EMP

CIC

Total

Argentine

1

 

1

1

1

4

Australie

 

 

 

 

 

 

Allemagne

 

 

 

 

 

 

Brésil

 

1

1

 

 

2

Chili

2

1

 

 

 

3

Colombie

 

 

1

1

1

3

Cuba

 

 

 

2

 

2

Slovénie

 

 

1

 

 

1

France

2

1

2

1

 

6

Grèce

 

 

1

 

 

1

Italie

 

1

1

 

1

3

Mexique

6

 

 

3

 

9

Portugal

 

 

 

1

 

1

Russie

 

 

 

1

 

1

Royaume-Uni

1

 

 

 

1

2

États-Unis

5

3

2

 

3

13

Venezuela

1

 

 

 

 

1

Espagne

17

12

10

36

14

89

Extérieur

18

7

12

7

7

51

Total

35

19

22

43

21

140

Si nous considérons les données précédentes, les chercheurs étrangers occupent 36% des comités scientifiques et éditoriaux de ces revues; il s’agit fréquemment d’une participation nominale, honorifique pour les deux parties, dans la mesure où beaucoup d’entre eux ne contribuent pas de manière effective au fonctionnement de la publication. De toute façon, ce pourcentage significatif ne correspond pas avec le nombre d’articles publiés, originaires de l’étranger. Comme nous ignorons le nombre d’articles étrangers rejetés, nous ne pouvons pas aller au-delà, mais nous pouvons au moins constater qu’il n’existe pas de corrélation entre ce qui est publié et la composition des comités. Les données montrent que les revues choisies publient de nombreux articles d’auteurs espagnols et peu d’articles d’auteurs étrangers (voir tableau 7 ci-joint), qui représentent seulement 8% de l’espace éditorial.

Tableau 7 – Pays d’origine des articles publiés

Pays

Nombre

Australie

1

Allemagne

1

Brésil

1

Chili

1

Colombie

1

Cuba

2

Espagne

117

Mexique

4

Total

127

Tableau 8 – Comparaison entre la composition des comités et l’origine des articles
dans les cinq revues de communication (2010)

Toutes les revues montrent une asymétrie considérable entre la composition internationale de leur comité scientifique et éditorial et la publication de travaux d’auteurs étrangers, comme cela peut être constaté dans le tableau 8. L’origine des articles montre une faible imbrication de la communication espagnole avec d’autres pays, en particulier européens, moins même si l’on analyse les données une par une. L’article allemand, par exemple, est une réédition d’un article de Noelle Bonn Neuman des années 70. Face à cela, le sentiment d’isolement en termes d’apports extérieurs s’avère inévitable.

Conclusion

Les principales revues de communication publiées en Espagne concentrent les travaux les plus cités par la communauté scientifique espagnole ; l’indice IN-RECS est élaboré selon ce critère. Ces revues publient un pourcentage d’articles réduit, inférieur au poids spécifique que ces revues ont dans l’ensemble des revues de leur secteur. L’évolution entre 2009 et 2010 a été de réduire le nombre d’articles publiés, répondant plus à des objectifs éditoriaux, comme maintenir le facteur d’impact, qu’à des objectifs de communication scientifique.

Les principales revues espagnoles de communication sont publiées dans des facultés ou des sociétés sans but lucratif, dont l’activité éditoriale est non professionnelle et prise en charge par les enseignants et les chercheurs qui sont volontaires pour ce travail.
Malgré la technologie disponible, ces revues utilisent peu de services pour les lecteurs comme l’enregistrement pour la communication de nouveautés par courrier électronique, bien que certaines innovations soient mobilisées. Par exemple, les revues de l’Université Complutense de Madrid offrent un flux RSS mais il s’agit de revues qui existent aussi sous forme imprimée, avec une périodicité annuelle, et les nouveautés sont aussi annuelles. CS a un secteur réservé à des utilisateurs enregistrés. L’incorporation du DOI est récente dans Latina ainsi que la présence de la revue dans des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. La publication de l’indice acceptation ou rejet des articles est aussi importante comme orientation aux auteurs. Dans le cas de de Latina, un résumé du rapport anonyme des referees est proposé (Latina, 2010).
Les contributions françaises à la recherche espagnole en communication sont faibles. Dans leur majorité, il ne s’agit pas de travaux actuels ; il n’est pas fait référence à des revues scientifiques françaises. L’invisibilité de la recherche académique française n’est pas absolue ; nous avons trouvé 29 références d’auteurs français, en français, sur un total de 3.581 ;  en outre, quelques auteurs français sont cités pour leurs travaux en anglais ou en espagnol.
La situation des revues françaises de communication n’est pas bonne ; leurs articles ne constituent pas une référence pour les chercheurs espagnols ; cette absence peut être constatée dans des indices comme MIAR. Le processus d’édition des revues françaises pourrait lui-même être aussi responsable de cet état de fait. Certaines sont encore seulement sous forme papier; d’autres sont électroniques mais réservées aux seuls abonnés ; et d’autres, semi-fermées, ne donnent accès aux articles qu’un certain nombre de mois ou d’années.
En revenant aux hypothèses de départ, nous pouvons conclure que H1 et H2 sont confirmées et également que la production scientifique espagnole sur la communication se trouve face à une situation d’endogamie géographique, avec peu de représentation des auteurs d’autres pays européens et d’autres continents. La production scientifique espagnole en communication utilise, en majeure partie, des références publiées en espagnol et, dans une moindre mesure des références en anglais. Les références en d’autres langues n’apparaissent presque jamais. Quant à la troisième hypothèse (H3), elle est partiellement confirmée puisque dans la production scientifique publiée dans les revues espagnoles de communication, la visibilité d’articles et de publications d’auteurs français est faible mais non nulle.
Nous avons effectué ce travail pour essayer de répondre à des questions préoccupantes sur la culture scientifique. Nous nous sommes fondés sur les publications d’un secteur scientifique parce qu’elles reflètent l’état de leur domaine et nous avons trouvé un cadre dysfonctionnel et asymétrique. La communauté scientifique qui étudie la communication peut être isolée dans des ghettos nationaux, séparés par des frontières idiomatiques et par des pratiques éditoriales qui favorisent le capitalisme cognitif face à d’autres objectifs de l’enseignement supérieur et de la recherche en communication.
Comme axe pour de futures recherches, nous suggérons de faire des études réciproques, qui traitent cette situation dans les différents pays européens. Il serait aussi intéressant d’évaluer la pertinence de la publication en anglais, de même que celle de l’édition de revues scientifiques espagnoles ou françaises, bilingues ou multilingues, mais sans abandonner la publication dans les langues nationales dans la mesure où elles véhiculent des formes de culture spécifique.

Notes

(1) Pour resituer l’importance des revues scientifiques dans le dispositif d’évaluation de la recherche en Espagne, nous devons prendre en considération l’organisation administrative de ce secteur. L’activité de publication des chercheurs se trouve prise en compte tout au long du parcours académique, autant pour l’accès aux postes de professeur d’université, que pour la reconnaissance en matière de recherche et l’évaluation des projets. Ces trois aspects sont liés et dans tous les trois, les publications dans des revues scientifiques accréditées ont une importance considérable.

Accès et évaluation du professorat universitaire en Espagne

En Espagne, la Loi Organique d’Universités (LOU) définit deux sortes de corps enseignant universitaire : le « professorat fonctionnaire » et les agents contractuels. Le « professorat fonctionnaire », est formé par des professeurs titulaires de chaire qui y accèdent par un concours similaire aux Concours publics externes de l’Éducation Nationale (LOU, 2001 : art. 56 et suivants). Les agents contractuels, en régime d’employés, accèdent normalement à travers un concours de recrutement (LOU, 2001 :art.48 et suivants).
La LOU définit les conditions nécessaires pour l’accès à une catégorie ou l’autre. Ceux qui désirent obtenir un poste de titulaire ou de chaire devront être détenteur de l’accréditation nationale de la Agencia Nacional de Evaluación de la Calidad y la Acreditación (ANECA). Ceux qui désirent obtenir un poste d’agent contractuel employé devront avoir obtenu une accréditation différente, de rang inférieur, qui peut être décerné par l’ANECA ou par des agences d’évaluation qui existent dans quelques Communautés autonomes. Pour ces accréditations, les critères d’évaluation sont différents mais, dans les deux cas, le parcours de recherche a une importance très grande ; les critères d’évaluation ne sont pas automatiques, mais les commissions correspondantes prennent en compte la qualité et la pertinence du travail du candidat. En ce qui concerne les sciences sociales, pour une accréditation pour une chaire, les publications scientifiques sont prise en compte à hauteur d’un tiers, dans l’ensemble du processus d’évaluation. On recommande ainsi de présenter seize publications dans des revues scientifiques de prestige (ANECA, 2008 :18). Pour le professorat contractuel, il es recommandé d’avoir au moins deux publications, pour obtenir 30 points sur un total de 100 (ANECA, 2007 :5).
De plus, chaque Communauté autonome et chaque université établissent leurs propres procédures pour l’évaluation périodique de leur professorat en activité ; sont évalués l’activité de recherche, l’enseignement et la gestion comme composantes principales de cette fonction.

Évaluation et reconnaissance de l’activité de recherche

Pour les professeurs universitaires fonctionnaires, il existe une évaluation périodique, (tous les 6 ans), réalisée par un organisme spécifique, la Comisión Nacional Evaluadora de la Actividad Investigadora (CNEAI). Elle conditionne le déroulement de la carrière, l’accès à des postes plus prestigieux, l’obtention de financement pour les projets ; elle a également des effets sur le salaire. En sciences sociales, le chercheur devra avoir publié, dans les six années évaluées, 5 travaux dont au moins un livre, de diffusion internationale et publié dans une maison d’édition reconnue, ou bien deux articles dans des revues reconnues, c’est-à-dire figurant dans des bases telles que « Subject Category Listing » del « Journal Citation Information-ISI-, Philadelphia, PA, USA) (CNEAI, 2011) ;  éventuellement, ce peut être aussi trois articles dans des revues mentionnées dans d’autres bases de données nationales ou internationales, (par exemple, ERIH, INRECS, LATINDEX, SCOPUS, DICE-CINDOC, etc.) » (CNEAI, 2009).

Évaluation de projets de recherche

Pour l’évaluation externe de projets R&D, il existe en Espagne la Agencia Nacional de Evaluación y Prospectiva (ANEP), intégrée au ministère de Sciences et Technologie. Les publications dans des revues scientifiques accréditées constituent un des éléments de référence pour ce type d’évaluation qui permet d’obtenir des fonds pour financer des projets de recherche.

Références supplémentaires

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Auteurs

José Manuel Pestano Rodríguez

.: Professeur de Communication Sociale à la Faculté de Sciences de l’Information de l’Université de La Laguna (Îles Canaries, Espagne). Ses lignes de recherche se réfèrent au rôle des moyens de communication dans la société, l’éducation et les technologies émergentes. Membre du Réseau International Calima il a pris part et a dirigé plusieurs projets et thèses doctorales mis en rapport avec ces questions.

Carmen Rodríguez Wangüemert

.: Maître de conférences en journalisme à l’Université de La Laguna (Îles Canaries, Espagne), dirige le Groupe de Recherche sur Communication, Culture et Développement et le Réseau International Calima. Ses domaines de recherche sont axées sur le contenu des messages, des sources d’information et les interrelations entre eux. Elle participe à des groupes de recherche multidisciplinaires qui traitent des questions de genre et de la communication, la ville, migration et culture, en collaboration avec des groupes d’universités africaines et dirige l’Unité de Formation et de Recherche de la Faculté des Sciences de l’Information de l’Université de La Laguna.

Vanessa Rodríguez Breijo

.: Enseignante-chercheuse en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université San Jorge (Zaragoza, Espagne). Membre du Réseau International Calima, elle a plusieurs publications sur migrations, culture et médias. Elle a aussi été chercheuse à l’Institut de recherches sur les communications (ININCO) de l’Université Central de Venezuela et professeure à l’École de Communication à l’Université de Santa Rosa (Caracas, Venezuela)