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Pratiques informationnelles et construction des savoirs dans une communauté professionnelle

31 Mar, 2011

Pour citer cet article, utiliser la référence suivante :

Fabre Isabelle, Liquète Vincent, Gardies Cécile, « Pratiques informationnelles et construction des savoirs dans une communauté professionnelle« , Les Enjeux de l’Information et de la Communication, n°11/3b, , p. à , consulté le samedi 7 décembre 2019, [en ligne] URL : https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2010/supplement-b/07-pratiques-informationnelles-et-construction-des-savoirs-dans-une-communaute-professionnelle/

Introduction

L’information en circulation et en structuration dans des contextes professionnels particuliers a, entre autres, la spécificité d’être prise en charge par les acteurs eux-mêmes sans passer forcément par des formes de médiation, assurées notamment par les documentalistes, les gestionnaires de l’information web, les infomestres… Cependant, ces « communautés » professionnelles se situent au sein d’un territoire dans lequel de plus en plus de « médiations réfèrent à l’action locale et à des pratiques situées, tendant à proclamer un cadre de pratiques balisées et formatées » (Labelle, 2008). Le questionnement induit par ces pratiques informationnelles non médiées nous semble particulièrement intéressant à privilégier, car il permettra d’initier une observation et une analyse des formes émergentes de production et d’organisation de l’information ; son rôle dans la construction de nouveaux savoirs étant ici primordial. En effet, la rencontre et la co-construction de connaissances sont indispensables pour relever les défis scientifiques et professionnels mais elles nécessitent toujours plus de recherche d’information afin de permettre un véritable partage des savoirs (Fabre, Gardiès, 2008). Ainsi, lorsqu’un groupe d’acteurs professionnels partage un centre d’intérêt, où peu de savoirs sur leurs pratiques professionnelles sont déjà construits, et décide de s’associer pour valider puis véhiculer des informations d’autorité, il structure une connaissance nouvelle dans le groupe lui-même. Or, ces démarches que l’on qualifie de pratiques informationnelles au sens de « conduites finalisées, individuelles ou collectives, figées ou adaptatives, socialement situées, inscrites dans une temporalité, sous tendues par des représentations, des savoirs, une logique et un raisonnement, marquées par une appréciation de soi et des autres, et révélatrices d’une culture qu’elles enrichissent éventuellement en retour » (Paul, Perriault, 2004) ne vont pas de soi et impliquent des habiletés, des adaptations et des connaissances individuelles souvent non maîtrisées. Le recours massif à l’information met en jeu des savoirs spécifiques et implique des savoir-faire et des procédures à construire dans le contexte au sein duquel l’acteur évolue. En effet, « l’information n’existe pas en tant que telle si elle n’est pas effectivement reçue. Pour l’esprit qui la reçoit, elle est connaissance, et vient modifier son savoir implicite ou explicite » (Meyriat, 1985).

Dès lors, nous interrogeons les stratégies de recherche d’informations, puis de validation, d’organisation et de diffusion de l’information professionnelle au sein d’une communauté aux pratiques professionnelles innovantes renvoyant à des formes de logiques d’usage sans action, aide ou accompagnement d’un professionnel de l’information. Quelles sont alors les sources interrogées, les formes d’information privilégiées, les documents, les contenus construits ou échangés et les outils de gestion mis en place par les acteurs de communautés professionnelles ?

Dans un premier temps nous définirons de manière théorique les pratiques informationnelles et leurs rôles dans la construction des savoirs, puis dans une deuxième partie, nous situerons les contextes d’investigation exploratoires et enfin à partir d’une description de la méthodologie mise en place nous examinerons et analyserons des premières tendances obtenues nous permettant ultérieurement de dégager quelques prolongements et perspectives de cette recherche.

1 –Pratiques de l’information professionnelle

1-1 Pratiques informationnelles intuitives, circulation de l’information

Les pratiques informationnelles peuvent se définir comme une manière concrète d’exercer une activité sur l’information (Rey, 1995) visant des résultats concrets sans intention d’expliquer comment le résultat a été atteint. Les pratiques informationnelles sont des procédures, des manières de faire sur et avec l’information (recherche, évaluation, exploitation, traitement, stockage, diffusion) permettant à une activité, par exemple professionnelle, de se dérouler.  Une pratique intuitive est généralement perçue comme immédiate, c’est-à-dire sans médiation. Les pratiques intuitives sont plus rapides et efficaces que des pratiques demandant un apprentissage car elles font appel à un mode de réflexion – et non à une absence de réflexion – basé sur des  impressions. Elles sont des processus rationnels qui font appel à un  » balayage superficiel  » c’est-à-dire à notre faculté à plonger rapidement au cœur des enjeux ou d’englober les méandres d’une situation à partir d’indices captés en surface. Les pratiques informationnelles intuitives, sont largement expérimentales et empiriques, le faire précédant ici la réflexion sur le comment faire. Puis une prise de conscience peut s’effectuer permettant de comprendre la place de l’information dans la construction des nouveaux savoirs, entraînant alors de nouveaux procédés, quelquefois un effort de théorisation et le plus souvent des essais de formalisation plus systématiques qui vont faire évoluer ces pratiques intuitives. Le but est alors d’analyser les multiples manières de faire, la nature des nouveaux processus et leur systématisation.

Les expériences accumulées dans le domaine de l’information professionnelle permettent la mise en œuvre de riches interactions, que les évolutions numériques aujourd’hui prédéterminent leur interactivité. L’information considérée sera notamment appréhendée comme « pensée de la pratique » où nous dépasserons la vision de la seule coopération entre chercheurs ou experts et praticiens, pour considérer la place du « praticien comme producteur de connaissances » (Darré, 1999). Par conséquent, l’information analysée le sera en tant que construit social, produit des expériences des praticiens et des intentions-représentations des membres de la communauté, sous forme d’un processus continu qui s’inscrit dans la durée d’une communauté (Bruner, 2000).

Cependant l’information professionnelle est manipulée par les acteurs principalement au travers de son support, le document, « objet sémiotique (qui) … précède toujours la prise d’information qui conditionne la construction des connaissances » (Courbières, 2008). L’information est en effet véhiculée par le document qui apporte une preuve, permet d’organiser une pensée et est envisagé comme un ensemble relativement stable (Pedauque, 2003). C’est pourquoi il est souvent perçu comme un objet non transformable, sorte de frein à l’évolution car non négociable ; les acteurs le vivent plutôt comme une contrainte à contourner (Gaglio, Zacklad. 2006).  Ainsi « le document est plutôt un reflet de l’organisation du travail prescrit et non celui de l’action collective ». (Gaglio, Zacklad. 2006). Pourtant, les documents restent un médium, et médiatisent un grand nombre d’interactions au sein des collectifs de travail. Ils sont un « artefact cognitif, instrument artificiel conçu pour conserver, rendre manifeste de l’information ou opérer sur elle, de façon à servir une fonction représentationnelle » (Norman, 1993). En ce sens, « le document pour l’action vaut à la fois pour son contenu informatif et pour son extériorité […]. Imprimé, il sert de repère dans les interactions en face à face, en version numérique il permet de gérer les relations à distance. » (Gaglio, Zacklad. 2006). Ces approches nous interrogent sur le rôle de l’information professionnelle circulant via des formes de documents contraignant sa mise en forme et influençant son appropriation dans la construction des savoirs des acteurs.

1-2 Rôle de l’information dans la construction des savoirs

« L’information est un bien aussi fondamental que la matière et l’énergie, un des fondements de la vie humaine[…] l’information est souvent fixée, conservée et transmise » (Meyriat, 1993) et contribue ainsi à la dynamique de construction des connaissances. S’agissant d’informations en circulation dans des communautés professionnelles, elles sont socialement distribuées, supposées partagées par les membres de la communauté et mobilisées dans les activités professionnelles. En ce sens on peut parler de socialisation des connaissances basée sur des informations (appropriées, diffusées) liées aux contextes d’activités. Ces connaissances contribuent à la construction de savoirs dans le sens de domaines recensés, catalogués, qui sont produits dans un contexte historique et social et qui font référence à des cultures spécifiques. Les savoirs désignent ainsi des corps de connaissances dans des contextes sociaux et peuvent refléter des rapports de domination.  La question des savoirs se retrouve dans celle de la légitimité, certains savoirs peuvent être parés d’une légitimité aux dépens des autres. Les savoirs constitués par leur socialisation et leur légitimité sont d’abord dénommés par leurs producteurs et leurs utilisateurs (savoir des élites, savoir des paysans,…) (Beillerot, 1996). Mais cette qualification des savoirs a été et est toujours l’objet de débats, par exemple lorsqu’on oppose les savoirs scientifiques et les savoirs empiriques, les sacrés aux profanes, les implicites aux explicites, les savoirs théoriques, les savoirs procéduraux, les savoirs pratiques, les savoir-faire… Si le savoir scientifique établit des lois universelles et s’appuie sur des vérifications expérimentales, si le savoir rationnel est fondé sur la logique et les opérations formelles de pensée, le savoir pragmatique, lui, est construit dans l’action aux fins de son efficacité (Malglaive, 1990). Cependant une analyse compréhensive permet une formalisation et une amélioration de ces savoirs pratiques. Il peut alors y avoir une production des savoirs sur la pratique par une recherche sur les processus et leur fonctionnement avec une mise en évidence de variables et de leur articulation (Barbier, 1996).

On peut ainsi considérer avec Callon que « the dynamic of knowledge is the result of a constantly renewed tension between the production of standardised and universal knowledge on one hand, and the production of knowledge that takes into account the complexity of singular local situations, on the other hand » (Callon, 1999). Il développe ainsi l’idée d’un modèle de co-construction des savoirs, voire de savoir collectif « it is possible to talk of collective learning since the different knowledge is mutually enriching throughout the process of its co-production…Existence of concerned groups…these groups may play a leading role in production, orientation and evaluation of knowledge » (Callon, 1999). Si l’information en circulation vise ainsi la construction des savoirs, la communauté des acteurs en est-elle un élément facilitateur ?

1-3 Communautés, réseaux de dialogue et de rationalité

La communauté est un groupe d’individus qui interagissent et construisent un engagement mutuel reposant sur le sentiment d’appartenance à ce même groupe. Une communauté a des intérêts émergents et est souvent minoritaire, voire peu soutenue dans la construction et la circulation de l’information, par les institutions officielles chargées de la diffusion des savoirs. Pour Wenger (1998), trois dimensions sont alors à prendre en considération afin de caractériser une communauté de pratiques: l’engagement mutuel (mutual engagement), une entreprise commune s’organisant autour d’un objectif partagé (joint enterprise), et un répertoire partagé (shared repertoire) reposant sur un ensemble de ressources mobilisables (procédures, routines, symboles, représentations, outils, concepts…).

Le savoir en jeu dans un système devient un enjeu pour les acteurs et leur place effective, sorte de contrepartie symbolique. Le simple fait d’être détenteur de ce savoir modifie la position des acteurs. S. Moscovici montre le rôle des représentations sociales dans l’institution d’une réalité consensuelle, leur fonction socio-cognitive dans l’intégration de la nouveauté, l’orientation des communications et des conduites. Ainsi les représentations sociales peuvent être étudiées globalement comme des contenus dont les dimensions sont coordonnées par un principe organisateur (attitude, normes…) ou de manière focalisée comme structures de savoir organisant l’ensemble des significations relatives à l’objet concerné. Ainsi « La représentation sociale est un processus d’élaboration perceptive et mentale de la réalité qui transforme les objets sociaux (personnes, contextes, situations) en catégories symboliques (valeurs, croyances, idéologies) et leur confère un statut cognitif, permettant d’appréhender les aspects de la vie ordinaire par un recadrage de nos propres conduites à l’intérieur des interactions sociales » (Fischer, 1987). Sur le plan professionnel, les représentations sociales permettent de saisir les dimensions cognitives et communicationnelles collectives qui sous tendent les conduites de travail, même si des « représentations « obstacles » peuvent paralyser (…) des modes de diffusion et de partage d’informations qui pourtant jouent un rôle particulièrement déterminant dans la pratique professionnelle et la réactualisation des savoirs (…) » (Liquète, 2005).

De plus, nous pouvons envisager qu’au sein de communautés professionnelles orientées autour de pratiques émergentes, la place de la rationalité puisse être interrogée. Dans le cadre de la sociologie compréhensive, M. Weber insiste sur le caractère relativement fermé des communautés mais également sur leurs relations structurantes de « sociation » à savoir une concertation rationnelle des acteurs pour atteindre un objectif commun, reposant notamment sur un ensemble de compromis. Par ailleurs, « l’idée de cognition sociale met en lumière le fait que les individus travaillant en coopération sont susceptibles d’avoir des connaissances différentes et doivent engager un dialogue pour rassembler leurs sources et négocier leurs différences » (Vaezi-Nejad, 2008), ce qui peut nous amener à parler de socialisation des connaissances et de connaissance collective (Vaezi-Nejad, 2008).

2 – Les pratiques informationnelles dans le secteur de l’agriculture biologique

2-1 Communautés : niveaux d’organisation des acteurs

Dans le secteur de l’agriculture biologique, on assiste à l’émergence de groupes auto-organisés qui permettent aux pratiques professionnelles émergentes d’exister à la fois dans la sphère professionnelle et marchande. Ces groupes souvent issus d’une volonté d’échanges d’expériences deviennent des systèmes de construction hybride de savoirs professionnels et scientifiques. Cette construction s’appuie sur une mixité d’approches et de sources d’information allant de la diffusion de résultats d’essais pour la recherche de marchés, à des recherches-expérimentations jusqu’à des recherches actions. « Most of the studies reviewed, particularly the earlier one, were carried out a time when the organic sector was small and the diffusion of organic farming was at the so-called innovation stage » (Padel, 2001). Nous avons choisi d’analyser ces communautés à partir d’une grille d’analyse des contextes que nous avons testée ici et qui s’améliorera au fur et à mesure pour constituer un corpus méthodologique commun et servir in fine à la comparaison d’études de différents terrains.

2-2 Le secteur de l’agriculture biologique

Le secteur professionnel choisi ici comme terrain d’études, celui de l’agriculture biologique, privilégie des organisations intermédiaires basées sur une auto-organisation des acteurs professionnels. Dans cette phase exploratoire, l’hypothèse développée est que les pratiques informationnelles des agriculteurs diffèrent en fonction du niveau d’élaboration des savoirs nécessaires à la stabilisation de pratiques professionnelles en émergence et s’adaptent aux niveaux d’implication dans des  réseaux à finalités particulières, «organic farming is a mainly information-based or « software » innovation” (Padel, 2001). Concernant ce secteur, nous avons retenu deux niveaux d’organisations à investiguer sur un même territoire, (celui de Midi Pyrénées) : un premier concerne des groupements de producteurs ou les chambres d’agriculture, un deuxième niveau concerne des centres de recherche et d’expérimentations ou des instituts techniques en agriculture biologique.
Ces communautés sont intéressantes à analyser puisqu’elles permettent à des acteurs professionnels de valoriser et d’appuyer leurs pratiques professionnelles émergentes au travers, entre autres, d’usage et de diffusion d’informations, et ce dans des structures de taille et d’objectifs différents sur un même domaine professionnel. Ces contextes, approchés au travers d’une grille d‘analyse, permettent de saisir à la fois la complexité des organisations, l’implication des acteurs et la diversité des partenariats développés.
Le premier centre d’expérimentations que nous avons exploré est le CREAB (1) qui est une association loi 1901 créée en 1989 sous l’impulsion des producteurs. Les membres adhérents sont les structures régionales comme les groupements de producteurs biologiques, les organismes économiques, les chambres d’agriculture, les établissements d’enseignement agricole auxquelles se joignent les instituts techniques nationaux. Le CREAB Midi Pyrénées a pour mission d’acquérir des références techniques dans le domaine des grandes cultures biologiques en réalisant des essais analytiques qui permettent de diffuser des résultats et de prodiguer des conseils culturaux.

Autre organisme, la Chambre régionale d’Agriculture de Midi-Pyrénées est un établissement public à caractère administratif qui remplit dans sa circonscription, les 8 départements constituant la région, les missions que la loi et les règlements lui attribuent : la représentation auprès des Pouvoirs publics, État et collectivités territoriales, des intérêts généraux de l’agriculture légitimée par sa composition issue d’élections, des missions de service pour les agriculteurs et leurs organisations.

2-3 Les acteurs et l’information

Les acteurs que nous avons choisis d’interviewer pour cette première étape d’entretiens exploratoires ont un niveau d’investissement important dans ces groupes professionnels et sont au centre des pratiques informationnelles développées. Par exemple, nous avons mené un entretien semi-directif avec le responsable du CREAB Midi-Pyrénées qui réalise les expérimentations et diffuse les résultats aux agriculteurs. Nous avons également interrogé une chargée de mission en agriculture biologique à la chambre régionale d’agriculture de Midi Pyrénées qui assure la coordination des actions de développement de l’agriculture biologique.

Notre objectif au travers de ces entretiens est de recueillir des formulations sur les pratiques informationnelles d’acteurs qui oeuvrent à faire évoluer leurs pratiques professionnelles ou celles de leurs publics. Nous cherchons à savoir si dans des secteurs où les savoirs « savants » sont encore peu construits ou peu diffusés, les acteurs participent à leur co-construction et concourent ainsi à l’évolution des pratiques professionnelles en s’appuyant sur des informations qu’ils collectent, créent,  traitent, s’échangent ou diffusent. Nous tentons notamment de comprendre comment un groupe de professionnels se structure autour de cette information sans qu’il y ait intervention et/ou médiation d’un professionnel de l’information et comment ce recours à l’information permet de participer à la construction de nouveaux savoirs et à leur diffusion. Nous nous centrons donc sur le traitement et la circulation de l’information au sein des réseaux professionnels de l’agriculture biologique afin d’analyser les comportements informationnels et leur rôle dans la construction des savoirs.

3 – Des pratiques informationnelles à la construction de savoirs

3-1 Approche méthodologique

L’approche méthodologique choisie s’inscrit dans un programme de recherche et n’en constitue qu’une première étape exploratoire nous permettant de tester des hypothèses de travail. En ce sens, la méthodologie et les résultats n’autorisent pas pour l’instant une généralisation mais ont pour unique ambition d’ouvrir des thématiques, de caractériser des pistes que le programme s’attachera à approfondir. Nous sommes donc partis de l’hypothèse que l’information recherchée, traitée, distribuée a un caractère innovant, peu connue y compris par les pairs, mais susceptible de faire sens au sein du secteur professionnel examiné. Mais cette information peut également intéresser « un tiers supposé », telle une nécessité du groupe, une obligation pour les membres de la communauté, ou des clients ou récepteurs potentiels. L’information recueillie, réécrite, diffusée peut alors constituer une « instance tiers » (Charaudeau, 2004) qui permet de partager des savoirs de connaissance, qui circulent dans le groupe et qui seront mobilisés par un jeu d’inter-discursivité.

Les agriculteurs de ce domaine sont passés d’une agriculture où les prescriptions institutionnelles étaient fortes à de nouvelles règles impulsées par les contraintes environnementales. Celles-ci amènent de nouveaux raisonnements et de nouvelles pratiques qui mettent en jeu de nombreuses variables et s’appuient sur des savoirs encore peu construits. De cette constante évolution naît une complexité importante. De plus le développement de l’approche biologique dans l’agriculture, en l’absence de prescriptions institutionnelles, s’est longtemps appuyé sur des motivations idéologiques et peu sur des savoirs scientifiques. Pour résoudre les problèmes, les acteurs s’adossent donc aux « savoirs paysans » et ont recours à la recherche d’informations  pour construire de nouveaux savoirs.

Afin d’appréhender les logiques d’acteurs et les diverses stratégies qu’ils engagent ou déclarent, nous avons impulsé une méthodologie plus générale liée à la spécificité de notre objet d’étude à savoir les pratiques d’information professionnelle émergentes, en cherchant la triangulation des méthodes : le repérage puis l’exploitation de données documentaires, la mise en œuvre d’entretiens auprès d’un échantillon de professionnels de plusieurs communautés, enfin une approche comparative de deux secteurs, l’agriculture biologique et l’architecture éco-conceptrice, afin de nous permettre dans une seconde phase de proposer un ensemble de livrables permettant de répondre aux principaux besoins d’information professionnelle repérés et plus largement d’accompagner l’innovation.

Les résultats présentés ici s’appuient sur la partie entretiens de la méthode générale auprès des agriculteurs biologiques. Nous avons ainsi mené quelques entretiens individuels d’explicitation semi-directifs auprès de professionnels membres de la communauté d’intérêts. Outre des éléments d’identification personnelle de l’individu interrogé, nous avons organisé ces entretiens autour de trois dimensions principales :

  • d’une part, la dimension « besoins » d’information et modes de travail individuels puis collectifs qui leur sont associés. Il s’agissait d’identifier le positionnement individuel de l’acteur interrogé ainsi que les formes collectives engagées en matière de production, validation et diffusion de l’information.
  • d’autre part, la dimension « motivation » de l’acteur en interrogeant la place de l’information dans ses pratiques professionnelles. Dans cette partie, nous cherchons à apprécier les niveaux de motivation du sujet interrogée, les formes de sélection et de validation engagées et les modes collectifs d’échanges engagés.
  • enfin, une dernière partie de nos entretiens porte sur la dimension «  perception » des pratiques et de leur qualification. Il s’agit d’identifier la manière dont les acteurs définissent et caractérisent les pratiques informationnelles intuitives et leur intérêt vis à vis des pratiques professionnelles émergentes.

Ce travail s’inscrit donc dans la création et la stabilisation de la méthode présentée ci-dessus que nous avons en partie généralisée depuis, au sein de diverses communautés d’intérêts  localisées en Aquitaine et en Midi-Pyrénées (2).

Notre protocole de recherche s’inscrit dans une approche de type analyse socio-constructiviste, où est pris en considération le processus de construction partagée de savoirs au sein d’une communauté professionnelle d’usagers. Cette approche considère que les formats d’information  élaborés et mis en circulation entre les pairs sont des éléments d’illustration d’une culture informationnelle professionnelle en construction. Les connaissances analysées seront alors considérées comme des éléments du réel socialement construit par les membres de la communauté, à travers leur propre expérience.

3-2 Quelles pratiques informationnelles ?

Le secteur de l’agriculture biologique semble présenter des spécificités marquées en termes de place de l’information dans l’évolution des pratiques professionnelles et la construction de nouveaux savoirs, comme l’expriment les acteurs interrogés : « comme ils sont plus dispersés et qu’ils ont une particularité que d’autres agriculteurs n’ont pas, par leurs pratiques bio ils sont beaucoup plus en recherche d’échanges, de relations de liens entre eux … c’est une catégorie d’agriculteurs qui a un niveau d’étude supérieur à la moyenne des agriculteurs et même par rapport aussi à l’utilisation d’outils d’information, type Internet, ils ont été beaucoup plus en avance et plus nombreux a avoir ce type d’outils que la moyenne des agriculteurs » (A1).

Les praticiens semblent développer des stratégies de recherche d’informations : « Je ne sais pas, c’est comme çà que je fonctionne… je sais que je vais chercher une information bien particulière, toujours. Pas de globalité. J’ai une démarche assez structurée … En fonction de ma question, soit je vais aller voir dans une de mes bibles ou alors je vais poser la question à une personne spécialiste, référente » (A2). Ils s’appuient sur une cartographie de sources d’informations jugées les plus pertinentes par rapport à leurs besoins d’information, des réseaux de personnes ressources dans le domaine de la recherche (ex, l’Institut Nationale de Recherche Agronomique) ou dans le domaine technique (Institut technique en agriculture biologique). Ils recherchent ainsi des publications scientifiques et des rapports de stages d’élèves ingénieurs qui offrent des synthèses ou des bibliographies sur un sujet précis. Une autre source d’information est privilégiée comme les revues spécialisées (Perspectives agricoles ou Phytoma par exemple),  au détriment de revues grand public (comme La France agricole). Dans l’ensemble, ce sont des sources fiables a priori qui sont retenues comme les groupements d’intérêt public d’interprofession : « c’est un petit peu centralisé autour de l’Agence bio qui a développé des moyens d’information via des enquêtes annuelles de consommation, des études de marché pointues, ciblées sur des filières ou plus globales sur la part de marché de la bio sur le marché général. Dans la mesure où c’est un organisme …  çà reste un peu notre source indéfectible d’information … mais que ce soit leurs journées de communication ou tout leur travail de médiatisation via la presse spécialisée ou généraliste …et tout ce qui est contenu sur leur site internet…. En plus ils gèrent des données au niveau plus basique de la production, il y a un annuaire des opérateurs de l’agriculture biologique … c’est des éléments assez concis et fiables » (A1). Une autre source fiable est mentionnée : les « sélections d’ouvrages spécialisés sur la physiologie des plantes que je consulte régulièrement » (A2).

Les supports qui semblent ainsi privilégiés sont ceux connus et repérés par les acteurs. Les recherches d’information se font aussi via des catalogues de références constitués par des professionnels de l’information. Mais les pratiques informationnelles semblent aussi relever de l’intuition : « à force d’avoir un petit peu tâtonné on commence à se faire une idée » (A2). Les recherches sur Internet, sont parfois vécues comme un labyrinthe et synonyme de perte de temps. Mais pour certains cela peut aussi constituer une source de recherche pertinente : « après, c’est vrai c’est un public – je parle toujours des agriculteurs – qui sait aller chercher de l’info et qui n’hésite pas à aller fouiller dans Internet ou autre pour trouver des éléments qui correspondent à leur questionnement. » (A1).

Par ailleurs, une stratégie active de veille documentaire paraît se développer par exemple au travers de l’inscription à des listes de diffusion d’information technique celles par exemple du CETIOM (Centre technique interprofessionnel sur les oléagineux métropolitains) (A2) qui sont ensuite intégrées dans les archives personnelles. En termes de conservation et de gestion, l’information numérique est plutôt imprimée par les acteurs. C’est le support papier qui est classé sous la forme par exemple de dossiers thématiques, mais en s’appuyant simplement sur la mémoire visuelle pour retrouver l’information : « je suis pas très bon … j’empile … après je me demande où est-ce que j’ai mis … » (A2).

Pour les acteurs interrogés, l’appropriation de l’information passe par une lecture active assistée d’un traitement que l’on peut qualifier de documentaire : « par contre, quand je lis un ouvrage, j’essaie de prendre des notes, et je me fais une sorte de petit résumé … et là j’essaie toujours de remettre la source, dans quel ouvrage j’ai trouvé çà, à quelle page plus particulièrement … ce qui me permet de remonter à la source » (A2).

L’information primaire sert à reconstruire une nouvelle information venant argumenter les résultats d’expérimentations ou la divulgation de conseils. « Je peux très bien dire : on peut trouver dans la bibliographie telle information ou alors telle personne a fait telle étude qui a dit que … mais sinon j’englobe çà comme si c‘était du savoir que j’avais déjà dans ma tête alors que je viens juste de le lire dans un bouquin » (A2).

La diffusion de cette information ainsi vulgarisée s’effectue, dans le cadre des activités professionnelles observées, par oral, directement auprès des agriculteurs, grâce à l’auto-organisation de la profession des agriculteurs bio : « une association à vocation inter-professionnelle Interbio permet d’ échanger et de travailler ensemble certains sujets de façon coordonnée, ça c’est une première manière d’organiser l’information…après pour tout ce qui est recherche expérimentations on a des moyens via des journées techniques, des réunions « bout de champ » du travail d’animation locale, de diffusion d’informations par l’oral, et puis par la démonstration » (A1). Cette information est aussi diffusée par écrit via des sites Web des organismes ou de ceux des partenaires. « L’information orale et la communication orale restent prédominantes » (A1).

3-3 Pratiques informationnelles et construction des savoirs

Le secteur de l’agriculture biologique que nous avons approché, s’il présente effectivement des pratiques professionnelles émergentes tend à s’organiser et à prendre de l’essor notamment dans l’espace public ce qui peut justifier le besoin accru de circulation de l’information.

Les personnes interrogées reconnaissent le rôle central de l’information dans l’évolution des pratiques professionnelles. Les praticiens investis dans des communautés de pratiques contribuent, en lien et en négociation avec des chercheurs et des techniciens, à  construire une connaissance collective, véritable pensée de la pratique, en effet « If availability of information is regarded as important in the diffusion of technological innovations, it is likely to be even more important for a knowledge-based or “software” innovation » (Padel, 2001).

Dans certaines situations, les pratiques des acteurs s’alimentent dans l’action et sur le terrain principalement par une circulation orale de l’information, au détriment d’un support de l’information, le document ce qui nous amène à nous poser la question de la perception du document comme support de prescription non valorisé dans les pratiques quotidiennes pour certaines catégories d’acteurs. On peut alors se demander si ce constat est lié à la spécificité du contexte émergent de l’agriculture biologique ? Cette question pourra être vérifiée dans les comparaisons à venir avec d’autres secteurs.

La recherche d’informations, pour les acteurs interrogés dans ce domaine, semble s’orienter vers des sources fiables et très ciblées avec une forte tendance de circulation entre pairs, ce qui confirme les propos de Padel soulignant : « the avaibility of information is likely to be crucial to its diffusion process and difficulties with access to information have been frequently noted as a barrier. Organic farmers seem to prefer specialist organic information sources such as other organic farmers, but this may make it difficult for newcomers to enter into such a closed network. … organic farming has developed through a self-approach in opposition to the mainstream agricultural sector with only the support of a few pioneers » (Padel, 2001).

Les recherches d’information observées tendent à se structurer au travers de procédures (sources, repérage de la qualité, recours aux experts) même si le tâtonnement y a encore toute sa place et s’accompagne d’un traitement intuitif (prise de notes, classement). La diffusion, elle, semble plus organisée, que ce soit dans les canaux (oral, écrit) ou dans les liens entre cercles de partenaires. Si les pratiques informationnelles des acteurs interrogés sont donc très présentes, elles sont pour une part intuitive mais des stratégies précises se développent et concourent à construire une connaissance collective. La socialisation de l’information entre pairs semble avoir une place dans le partage des savoirs encore en construction. Même si les entretiens menés ici n’ont qu’une visée exploratoire, on peut dire que les premiers éléments analysés donnent des pistes qu’il s’agira d’approfondir dans les prochaines étapes de ce travail de recherche. Le nombre limité d’acteurs interrogés ne nous a pas encore permis d’appréhender les dimensions caractérisant les communautés de pratiques ni d’identifier les savoirs construits à partir des informations traitées et diffusées entre acteurs.

Pour conclure

Si les entretiens et les premières observations menés ont permis d’expérimenter une méthodologie, les résultats, bien que partiels, semblent encourager l’hypothèse selon laquelle l’information en circulation et en structuration dans des communautés professionnelles a un rôle à jouer dans la construction de nouveaux savoirs. Si les pratiques informationnelles des agriculteurs biologiques semblent intuitives, elles tendent néanmoins à se structurer et peuvent aller jusqu’à palier l’absence de traitement documentaire au travers d’un type de médiation spécifique aux acteurs eux-mêmes et que nous n’avons que partiellement questionné.
A ce stade exploratoire de notre travail, trois dimensions semblent déjà orienter notre perspective de recherche : d’une part, il nous semble essentiel de poursuivre notre investigation sur  le questionnement autour de la place du document face aux divers modes de circulation de l’information professionnelle. Il s’agira de s’interroger sur la manière dont les documents, et plus largement, les formats d’information professionnelle en circulation participent à la socialisation de l’information. D’autre part, nous continuerons d’interroger la circulation orale de l’information entre les praticiens et sa place dans la construction de nouveaux savoirs. Nous envisageons de renforcer notre étude sur les discours de ces derniers, par l’analyse systématique des contenus archivés et diffusés entre les membres afin de considérer non seulement les thématiques et les problématiques faisant autorité, mais également d’analyser les formes d’écriture. Enfin, il s’agira de se rapprocher des formes sociales en jeu, en recherchant à partir des divers terrains professionnels sélectionnés, engagés autour de questions et d’intérêts professionnels émergents, des « homologies structurantes ». Nous examinerons si ces dernières constituent, quels que soient les secteurs professionnels observés, d’éventuelles formes d’organisation, de mise en circulation, de validation de l’information et si elles ont également comme vocation de lier les membres de la communauté et de participer à la délimitation de leur système de représentations professionnelles.

Notes

(1) Centre Régional de Recherche et d’Expérimentation en Agriculture Biologique.

(2) Nous avons depuis engagé la seconde phase du programme de recherche consistant à comparer nos données recueillies entre les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, tout en amorçant le croisement des tendances dans deux secteurs de l’environnement que sont l’agriculture biologique et l’architecture éco-constructive.

Références bibliographiques

Barbier, Jean-Marie  (1996). Savoirs théoriques et savoirs d’action. Paris : PUF. 305 p.

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Auteurs

Isabelle Fabre

.: Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication au sein de l’Université de Toulouse, à l’Ecole Nationale de Formation Agronomique, dans l’UMR EFTS (Education formation travail savoirs), elle mène des recherches sur les pratiques des systèmes d’information et sur la médiation de l’espace documentaire, confrontant notamment représentations et usages.

Vincent Liquète

.: Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Bordeaux 4–IUFM, responsable de la spécialité « Documentation et systèmes d’information » (Master MEEF). Chercheur à l’IMS-CNRS-UMR 5218 dans l’équipe « Cognitique et Ingénierie Humaine » ; il mène des recherches sur les pratiques informationnelles professionnelles et l’appropriation d’une culture professionnelle de l’information.

Cécile Gardies

.: Maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication au sein de l’Université de Toulouse, à l’Ecole Nationale de Formation Agronomique, dans l’UMR EFTS (Education formation travail savoirs), ses travaux portent sur les pratiques informationnelles, le partage des savoirs au sein des systèmes d’information documentaire et sur l’éducation à l’information.