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L’information « en temps réel » sur les accidents de travail est-elle possible ? Approche diachronique des dispositifs techniques de communication en HSCT chez Selenis, de la télématique à l’intranet (1986-2005)

15 Mar, 2011

Pour citer cet article, utiliser la référence suivante :

Douyère David, « L’information « en temps réel » sur les accidents de travail est-elle possible ? Approche diachronique des dispositifs techniques de communication en HSCT chez Selenis, de la télématique à l’intranet (1986-2005)« , Les Enjeux de l’Information et de la Communication, n°11/3b, , p. à , consulté le vendredi 6 décembre 2019, [en ligne] URL : https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2010/supplement-b/06-linformation-en-temps-reel-sur-les-accidents-de-travail-est-elle-possible-approche-diachronique-des-dispositifs-techniques-de-communication-en-hsct-chez-selenis-de-la-telemat/

Introduction

Qu’un dispositif technique soit conçu, dans une entreprise, pour donner « en temps réel » une information qui ne peut en réalité être donnée, pour des raisons politiques, sociales, juridiques, et de complexité même de l’objet, que dans la durée temporelle qui la génèrera ; qu’un dispositif technique complexe soit néanmoins conçu pour organiser la diffusion d’une telle information dans l’immédiateté, voilà le paradoxe du système d’information sur les accidents du travail conçu chez Selenis à partir des années 1980. Informer « en temps réel » sur les accidents de travail, par une application télématique, puis par bases de données en réseau, enfin par l’intranet, paraît la seule façon d’infléchir le taux de fréquence et de gravité des accidents du travail, alors même que seule une analyse des accidents, nécessairement longue et complexe, permet de produire l’information sur l’accident. Si un grand nombre d’entreprises ont été confrontées à cette problématique, nous proposons ici une réflexion qui s’appuie sur l’étude d’un terrain précis, celui de « Selenis », ancienne administration française (que nous proposons d’appeler ici la DGM, pour « Direction générale des moyens »), concevant et produisant des services à base technique, devenue une entreprise commerciale privée entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 1990, et pourvue d’une forte culture d’innovation technique.

Nous proposons dans cet article, dans une perspective d’histoire communicationnelle des supports et de leurs fonctions, de développer un regard qui, traversant les supports et les modes d’organisation, permette de considérer sur une longue durée comment la télématique, avec l’application Préventel, puis, plus brièvement, les bases de données, sur disquette et en réseau (ERP), et, enfin, l’intranet (e-Prévention) ont été investis successivement de cette fonction de transmission aux acteurs de la fonction hygiène, sécurité, conditions de travail (HSCT) de l’information sur les accidents, malgré la complexité, voire l’impossibilité de cette dernière, en entreprise.

Pour mener à bien cette étude diachronique, qui s’efforce d’éclairer le lien entre technique, information, complexité et temporalité, nous nous appuyons à la fois sur une étude menée durant trois ans (Douyère, 2005), et nous efforçons de prendre quelque distance avec elle pour mettre en avant les points qui nous apparaissent comme saillants dans cette relation de l’information sur l’accident aux supports censés la transmettre.

1 –Accès aux données et modalités de la recherche

L’étude de ces dispositifs techniques d’information a été menée dans le cadre d’une recherche personnelle (Douyère, 2005) consacrée au partage de connaissances dans la fonction hygiène, sécurité, conditions de travail (hsct) chez Selenis, conduite entre 2002 et 2005.

La pratique de cette recherche s’inscrit dans le cadre d’une « théorie ancrée » (Cefaï, 2003) fondée sur l’idée que la réflexion doit émerger du terrain (Le Marec, 2001), à partir de la parole et du langage des acteurs en situation professionnelle (Borzeix, Fraenkel, 2001 ; Boutet, 2010), d’où l’importance donnée ici aux citations de documents, d’entretiens, et d’échanges de travail observés. La position du chercheur est entendue comme une position d’écoute et d’analyse qui ne se substitue pas à la pensée des acteurs mais cherche à faire émerger paroles et faits, à établir des liens, à proposer une interprétation que ne peuvent fournir les acteurs.

Notre approche a été triple, consistant à la fois (Bouzon, Meyer, 2006) dans un travail d’analyse de documents (Peyrelong, 2002), d’archives ou contemporains, d’observation non participante de situations de travail – et notamment de travail informationnel (Guyot, 2006) –, d’une session de formation d’un an, de soixante-neuf réunions, et dans la réalisation d’entretiens, tant avec des acteurs historiques que contemporains.

Soixante-quinze entretiens d’une heure trente à deux heures trente ont en effet été réalisés auprès de préventeurs et d’anciens conseillers hsct, ingénieurs sécurité, experts sécurité et conditions de travail, responsables de la politique hsct de l’entreprise, membres du comité éditorial du site intranet, à partir de deux guides successifs d’entretiens d’une quarantaine de questions, axés sur les modalités du partage de connaissance dans la fonction sécurité, les supports évoqués ici ne constituant qu’un aspect du système d’information (Marciniak, Rowe, 1997 ; Guyot, 2006) étudié.

Cent huit documents concernant le domaine hsct produits par la dgm et Selenis entre 1979 et 2004 ont été étudiés (les principaux documents cités ici sont indiqués en bibliographie). Ces documents, imprimés, d’une longueur variant de une à deux cent pages, ont été conservés par la cellule « Santé et sécurité au travail » de la division technique, la plus spécialisée dans la prévention des risques professionnels, de Selenis, où ils ont été consultés. Ils constituent l’intégralité des archives générales sur la fonction sécurité de la cellule, qui a hérité des archives de l’ancienne direction de la sécurité du service du personnel. Ces documents permettent de retracer l’histoire de la fonction sécurité sur dix-huit ans, de 1979 à 1996, la période ultérieure étant mieux connue et documentée. Les documents d’archives concernant l’organisation du « réseau » de la fonction hsct et les supports techniques ont été étudiés dans leur totalité, sans grille d’analyse spécifique ; l’attention a été portée à la fois sur l’organisation et l’animation du collectif, et les outils et supports utilisés.

Nous avons pu observer les réunions du comité éditorial, des séances de saisie (Douyère, 2008, 2006) dès la mise en place de l’intranet e-Prévention (2002) jusqu’en 2005, étudier le site lui-même, parfois dans les différentes versions des textes proposés (Douyère, 2009 a), et interroger les préventeurs sur leur usage de celui-ci. L’application Préventel, fermée en 1997, n’a pu évidemment être consultée, et ne nous est connue que par les entretiens, des notes de service (notamment dgm 1988), le guide de l’application (1988-1989) et les mentions de l’application dans les comptes-rendus des journées sécurité.

Nous nous sommes efforcé d’opérer des croisements entre ces archives et les entretiens, les documents devenant supports d’une question, prolongement d’une réponse. Ces matériaux n’ont pas permis le recueil de données numériques précises sur le volume d’accidents recensés, le format des bases, le nombre d’utilisateurs des dispositifs, voire même l’usage réel de ces outils autrement que de façon sporadique, par des entretiens. Ils ont permis en revanche, confrontés à l’observation actuelle, l’inscription dans la durée de la question de l’information sur l’accident, tout comme le développement d’une réflexion sur les supports techniques d’information en hsct, dont nous avons étudié ailleurs (Douyère, 2010) le volet imprimé destiné aux agents, sous la forme des petits classeurs d’instructions de sécurité. La recherche menée est donc à la fois vaste (dans la durée, la diversité des supports) et forcément lacunaire, puisqu’elle s’appuie sur les documents conservés.

Une dynamique, nous semble-t-il, se dégage toutefois des données recueillies, qui constitue le support de notre interrogation sur la façon dont une communication sur les accidents du travail est possible sur de tels supports d’information quand des enjeux politiques, sociaux et liés à la nature même de l’événement, pèsent sur la question. Ce que nous voudrions mettre en avant ici, c’est l’échec d’une organisation à dire les accidents du travail, et l’illusion d’une transparence technico-informationnelle, ou plutôt, la réduction de la consistance de l’information sur ces supports et ce, de la télématique à l’intranet. Il s’agit aussi pour nous de rappeler que l’information numérique professionnelle s’inscrit dans une histoire, qui disparaît vite de la mémoire des professionnels, sinon des chercheurs.

2 – L’ambition télématique : l’information sécurité en temps réel (1986-1996)

La télématique (vidéotex distribué) n’a pas seulement donné lieu au début des années 1980 à des applications grand public (Marchand, 1984, 1987) permettant des réservations à distance (Sncf, 1982), des rencontres érotiques (« messagerie rose »), donnant lieu à un nouveau type d’échanges (Jouet, 1990, 1989) ou à des applications d’édition et d’enseignement, elle a également été utilisée pour transmettre des informations au niveau territorial (Bonnichon, Caune, Guyot, Haye, Miège et al. 1984), mais aussi en entreprise (Dégot, Girin, Midler, 1982, pour EDF, par exemple ; Sochacki, 1993) ― cet aspect du développement de la télématique ayant toutefois été peu étudié ―, dans une perspective de diffusion de l’information et d’échange en réseau « en temps réel », dans une première réalisation des « autoroutes de l’information » (Lacroix, Miège, Tremblay, 1994). Le Minitel est présenté, à partir de la fin 1986, comme « un facteur d’amélioration de la qualité pour les entreprises » et va constituer « un progrès qui va révolutionner l’entreprise » (Sochacki, 1993, p.40), tant par le réseau télématique que par le « Kiosque professionnel » développé.

A la dgm, administration mère de la société Selenis, la conception d’applications télématiques fait partie intégrante du métier de l’organisation. Les services télématiques connaissent alors, au milieu des années 1980, un plein essor (Monnoyer, 1990). Selenis fait paraître, au moment de la création de Préventel, des publicités vantant l’intérêt de l’usage professionnel de la télématique : « Minitel plus que jamais à l’heure professionnelle » (accroche), « Avec le Minitel, on peut s’informer, informer, décider, exposer, gérer, contrôler […] motiver, gagner du temps [….]. » (Incipit du texte ; apcci-Cecod, 1988, p. 10). L’usage d’applications télématiques en interne, dans une entreprise, vantée par la Lettre de Télétel en 1987-1988 (Mœglin, 1994, p.184), relève donc autant d’une acculturation/formation des salariés dans une logique de « culture d’innovation » (Alter, 1984), que d’une mise en adéquation des usages internes et des services vendus à l’externe, dans une perspective commerciale.

Dans ce cadre d’innovation technologique appliquée à l’usage professionnel est créé en 1986 le service télématique de vidéotex distribué Préventel, dont la vocation est de permettre à l’organisation de « mieux connaître [ses] accidents (qualitativement et quantitativement) et surtout [de] pouvoir les prévenir plus rapidement. » (M. Tibille(1), dgm, 1987, p. 6). Donnons ici, à titre de cadre, les dates principales de la vie (mouvementée) du service télématique Préventel (1987-1996), car elles montrent bien les aléas de l’application, dont on envisage la fusion avec une autre base (1989), dès sa mise en fonctionnement :

– 1986 : le service responsable de la sécurité au travail, l’Octal, crée l’application Préventel ;
– 1987 : annonce de la création de Préventel aux journées nationales d’hygiène et de sécurité de Chantilly-Gouvieux (12-14 octobre) ;
– 1987 (fin) : phases de mises en oeuvre de Préventel, annonce qu’il sera opérationnel au 1.01.88 ;
– 1988 (juin) : test de Préventel par l’Octal (« Oserons-nous encore en parler ? ») ;
– 1988 : la version 1 de Préventel fonctionne (« opérationnel sur tout le territoire français » le 3.11.88) ;
– 1988 (nov.) : parution de la note de service dgm n°305, annonçant la mise en place de Préventel ;
– 1988 : reprise de l’application par le service du personnel (Spel), désormais en charge de la sécurité au travail, réalisation de la version 2 ;
– 1989 : l’intégration dans la base de données rh Arche(2) est envisagée ;
– 1994 : le service fonctionne toujours, mais le projet semble abandonné dans l’idée ;
– 1996 (déc.) : annonce officielle de l’arrêt de Préventel au 8.01.97 (courrier interne du 12.12.96) ;
– 1997 : prise en charge par Arche des statistiques des accidents du travail gérées par Préventel;
– 1997 : arrêt de Préventel le 8.01.97, annoncé par courrier interne du 12.12.96.

Lorsque, en octobre 1987, le directeur du projet (centre d’exploitation de Bagnolet) Préventel, présente le « système d’information télématique » lors des journées nationales d’hygiène et de sécurité, qui réunissent annuellement tous les acteurs internes du domaine, il lui assigne pour objectif :

– [que] tout le réseau Hygiène et Sécurité  [puisse] connaître en temps réel les accidents [et] prendre éventuellement les mesures de prévention sur le vif […] ;
– [d’] éviter ainsi le circuit papier […] ;
– [de permettre un] traitement multicritères […] ;
– [d’] améliorer la communication au sein des réseaux de prévention avec une messagerie et des pages d’informations nationales.
(M. Néraud, Présentation de l’application Préventel, dgm, 1987, p. 38-39)

Le but de l’application est de permettre l’analyse et la prévention même des accidents. Il s’agit à la fois de répondre aux besoins de différents services, d’informer les conseillers locaux de sécurité (CLS), et de permettre la production du bilan annuel hsct. Préventel doit ainsi « contribuer à la réduction des accidents du travail des personnels de Selenis, en donnant aux chargés de sécurité un outil de travail informatique facilitant leur mission de prévention des accidents. » (Selenis, 1988, note de service n°305, p. 2). La saisie des accidents par les chargés de sécurité est obligatoire. Dans une logique de modernisation administrative, l’application entend remplacer les fiches d’analyse d’accidents imprimées 988 N1 et N2.
L’accès au service Préventel se fait par minitel (par le 3615) sur un réseau interne dédié (Pujolle, 1988, p. 143-146) et par micro-ordinateur pour la partie statistique. L’application permet de créer, supprimer et modifier un accident. La fiche accident accueille, sur plusieurs écrans, les indications générales, le descriptif des faits, la nature de l’accident, ses causes, ses conséquences, les incidences sur la gestion, l’avis du conseiller sécurité (cls) et des responsables hiérarchiques.
Une structure de circulation-validation de l’information est intégrée : quatre niveaux de validation hiérarchique sont prévus, et une « file d’attente » des accidents qui requièrent un avis pour passer au niveau supérieur est imposée (workflow). Une fonction de recherche multicritère permet d’effectuer une sélection d’accidents qui ont des critères en commun, comme le type d’établissement, l’activité, la nature, le matériel, l’outillage utilisé. Une procédure particulière est prévue pour les accidents graves et mortels : le signalement, immédiat, doit être impérativement effectué par télex aux deux services intérieurs qui gèrent alors la sécurité, le Spel et l’Octal (Douyère, 2010) – le système est-il perçu comme n’étant pas assez rapide, ou ne conférant pas aux informations un caractère suffisamment visible ? Il convient de noter que le système ne prévoit pas de recherche de responsabilité de l’accident.
Le recueil d’informations organisé par l’application, qui en effectue une classification, fournit les bases d’un travail de gestion de l’accidentologie interne. Les conséquences des accidents sont valorisées économiquement (coût forfaitaire par journée d’arrêt, insuffisant et imprécis, en réalité ; entretien avec Michel M., le 15.01.03). Il s’agit d’ « aider les gestionnaires au renforcement de leur action ». Les indicateurs fournis sont le nombre d’accidents, le nombre de jours mensuels de congés pour accident de travail, le taux de fréquence (Tfrac), le taux de gravité (Tgrac), et le coût mensuel estimatif d’accidents par entité – ce qui permet de réaliser l’attente d’une sécurité gestionnaire, énoncée à plusieurs reprises par les responsables de la sécurité dans l’organisation. Si le système est national, une personnalisation régionale est possible. Le système, dans une perspective collaborative, est conçu comme devant être ouvert : « Il a été décidé qu’il n’y aurait pas de confidentialité : n’importe qui, à n’importe quel endroit, pourra avoir connaissance de l’accident. » (M. Tibille, in dgm, 1987, p. 39).
Application technique issue de la recherche en innovation de l’organisation, le service télématique procède d’une logique de rationalisation gestionnaire de la sécurité. Il introduit la rigueur scientifique dans le traitement des données : « La direction générale considère […] que la prévention des accidents du travail doit, pour être efficace, se faire dans un contexte dépassionné et avec les méthodes scientifiques. » (Selenis, 1988, note de service n°305, p. 2).
Il est conçu au sens plein comme un système d’information, entendu comme un dispositif de facilitation de l’action et de la décision, et doit tout simplement permettre de diminuer le nombre d’accidents. On a là une sorte d’utopie informationnelle liée à la fois aux médias et aux applications informatiques en réseau : la connaissance des faits étant partagée grâce à l’application, le négatif sera définitivement résorbé (3).

Préventel doit contribuer à améliorer la connaissance des chargés de sécurité en matière d’accidentologie. En effet, en leur permettant d’être informés quasi-immédiatement des accidents se produisant sur l’ensemble du territoire, ils pourront mieux anticiper la probabilité d’occurrence de tels accidents dans leur établissement et proposer, aux responsables hiérarchiques concernés, les mesures de prévention adaptées, visant à la non-répétition de ces accidents.
Les accidents du travail étant par nature relativement rares au niveau d’un « établissement », mais le plus souvent graves dans leurs conséquences, il est indispensable pour entretenir la vigilance des chargés de sécurité de les tenir informés, en temps réel, de tous les accidents et même des incidents significatifs se produisant.
(Selenis, 1988, note de service n°305, p. 2 ; nous soulignons)

La mise en réseau permet une diffusion des informations, qui augmente la connaissance en vue de l’action (de prévention). Le dispositif technique est donc affecté d’une dimension « sociale » forte ; il crée la communauté que les réseaux humains seraient incapables de constituer efficacement et, messager ou média, distribue les connaissances en accidentologie. L’application est donc investie d’une fonction socio-cognitive forte. Au-delà de la saisie et du suivi des accidents, l’application est donc censée permettre

la communication interactive des chargés de sécurité entre eux au moyen d’une messagerie électronique et du service « Informations Nationales » qui permettra aux services centraux de la Direction Générale d’informer tout le réseau des chargés de sécurité dans les meilleurs délais.
(Selenis, 1988, note de service n°305, p. 3)

Il s’agit donc également d’un service de communication en réseau, dont une note interne (Michel Mongerie, direction de la sécurité) de 1994 sur l’animation du réseau sécurité, indique qu’il offrait des possibilités insuffisantes de communication en réseau :

La vie d’un réseau doit trouver son expression au travers d’un média permettant un échange d’informations concrètes. Une partie de ce besoin était couvert par la messagerie intégrée dans PREVENTEL. Cependant ce type d’outil ne permet qu’une communication limitée (écrans textes de taille réduite, informations essentiellement descendantes).
(Mongerie, Selenis, 1994, p. 3 ; nous soulignons)

Ceci conduit l’auteur de la note à proposer pour le remplacer la création d’un journal… La fonction communicationnelle de l’application est prise au sérieux, mais celle-ci jugée inapte à la prendre en charge véritablement.
Dès 1994, toutefois, Préventel n’existe plus réellement comme service, et se voit concurrencé par des bases de données, probablement moins ambitieuses dans leur esprit, mais jugées plus performantes : Agile, Selen Epic… En 1997, les bases 80A (tableau de bord la direction générale) et GEP (gestion administrative, qui donnait, avant Agile, les états de gestion individuelle) donnent avec Préventel trois sources d’information différentes sur les accidents, car elles s’appuient sur des données différentes. La rationalisation gestionnaire par l’informatique a suscité une attente et conduit à une impasse provisoire. L’exemplaire du courrier interne du 12.12.96 intitulé « Arrêt de Préventel le 8 janvier 1997 » conservé dans les archives de l’espace mutualisé sécurité du travail porte une annotation manuscrite restée sans réponse écrite : « conséquences ? ».

3 – Disquettes, bases de données, ERP : l’informatique comme centralisation d’une information dispersée (1995-2000)

L’application Préventel fut dissoute dans la base de données (erp) Arche, qui devait être (2007-2008) elle-même portée sous une autre base. L’outil l’informatique, utilisé en agence, dans les services centraux, notamment pour la gestion (Giraud, 1987) apparaît tôt à certains chargés de sécurité comme un outil pour remédier à la dispersion : une tentative de rassembler les notes et instructions épars. On retrouve jusqu’en 2005 cette intervention d’informaticiens (ou d’amateurs éclairés en informatique) qui conçoivent des applications de gestion ou de suivi de la sécurité afin de se faciliter le travail de coordination, ou de faciliter le travail de leurs collègues, dans une perspective de bricolage informationnel (Vacher, 2004). Il ne s’agit plus alors d’informer en temps réel sur les accidents, mais de centraliser la documentation en hsct. Face donc à la dispersion et à la multiplication des notes, à la difficulté de recherche d’une référence précise, est envisagé le développement d’un référentiel informatique, puis « multimédia », davantage destiné à faire office de catalogue, puis de synthèse des références, dans un premier temps, qu’à constituer un référentiel de terrain, bien évidemment. Ces projets croisent ceux de l’application Préventel.
Ainsi le projet de Gilbert Boirier, conseiller hsct de la délégation régionale de Rennes, qui conçoit une base documentaire informatisée présentée au jnhs de Saint-Malo 1991, et propose à ses collègues conseillers sécurité une disquette pc, hors progiciel initial, devait constituer « une base de données de référence commune au réseau des Chargés de Sécurité. Ainsi serait assurée la consultation de cette base complète jusque dans les Établissements, sans contrainte particulière. » (Selenis, 1992, p.27 et annexe VII).
Le sociologue Pierre Trinquet (1996, p.168-169) note combien, dans certaines entreprises du btp, l’informatisation a permis de développer une meilleure connaissance des accidents du travail : « avant la mise à disposition de ces informations, dans cette entreprise tout au moins, on ne savait pas très bien comment maîtriser les risques du travail parce qu’on en savait pas grand-chose sur leur réalité profonde ». Ceci est peut-être lié au caractère dispersé des chantiers, et ne semble pas avoir été le cas dans l’organisation très hiérarchique et « militaire » (P. Muchard, entretien) de Selenis, qui disposait de dossiers très détaillés sur les accidents, avant même l’informatisation.
Après la disparition de Préventel, seule l’application Arche concentre des données (coûts, nombre) sur l’accidentologie, accessibles aux services de ressources humaines, informés par les chargés de sécurité, accessibles aux managers. Des conseillers de sécurité élaborent leur propre documentation, imprimée (archivée en classeurs) ou numérique (tableau Excel, bases Access personnelles à usage local ou régional). Le développement de l’intranet dans l’organisation va faire réapparaître la problématique de la diffusion numérique de l’information sur les accidents, d’une façon décentralisée.

4 – L’intranet comme support d’une écriture impossible (2000-2005)

L’intranet apparaît chez Selenis à la veille des années 2000 dans une dynamique de « libre expression » de la créativité individuelle (Beaudouin, Cardon et al., 2001) favorisant l’innovation (Daillier, 2002). Premier site de référence en matière de sécurité (Alain J., entretien du 21.01.03), le site Unir, conçu à Montpellier au sein de la division DRSA par des anciens du Spel (service du personnel) alors en charge de la sécurité à la DGM, est le premier site à proposer une information, principalement technique (matériel et équipements de protection individuelle, normes) et réglementaire, qui mentionne les accidents du travail, de façon succincte, dans la perspective d’une information des conseillers sécurité.

Voici par exemple un relevé d’accident paru sur le site NetRSA, qui succède à Unir, relatant un accident survenu lors de l’intervention d’un sous-traitant de Selenis :

Accident du 8/11/02 Dans le cadre de travaux de maintenance le salarié d’une [société prestataire] intervenait à l’échelle sur un appui. Le travail s’effectuait en binôme et le câble devait être déposé pour intervenir sur un manchon. Au moment du décrochage du câble l’appui s’est cassé au niveau du sol. L’appui était détecté pourri et l’information portée dans le Gespot. L’agent a été hospitalisé et souffre de fractures au niveau de la cage thoracique.
(NetRSA Sécurité du personnel, actualités, informations accidents, 2002)

« On écrit un minimum de choses », contre les « radio couloirs » (rumeurs), en étant « le plus synthétique et le plus près des faits possible » explique Charles F., le co-responsable du site (entretien du 5.03.03). Il recevra néanmoins ordre de ne plus publier d’informations sur les accidents, avant d’y revenir. Créé en 2002, le site intranet collaboratif e-Prévention, ouvert également à tous les salariés de l’entreprise, entend fédérer les initiatives de communication numérique interne en termes de prévention des risques au travail, et rassemble préventeurs (responsables HSCT), experts sécurité et médecins du travail dans un comité éditorial d’une vingtaine de personnes (Douyère, 2008) chargé d’élaborer une « encyclopédie de la santé et de la sécurité au travail » abordant thème par thème les grands risques rencontrés. Constituant une sorte de référentiel informel et non contraignant accompagnant la réorganisation de la fonction sécurité dans l’entreprise (Douyère, 2009 b), le site est censé permettre la « montée en compétences » des acteurs, parallèlement à une formation conçue ad hoc (Douyère, 2006). L’ensemble des situations de travail à risques est, progressivement, abordé : sous-traitance d’activité, stress, nuisance sonores sur les plateformes d’appel téléphoniques, risques liés aux travaux souterrains ou aériens, risques électriques ou liés au portage (déménagement), sécurité routière, alcool et tabac, etc. Parallèlement, le site intranet est ouvert, via un bouton « contribuer » donnant accès à un champ de l’outil de gestion de contenu alimentant la base de données constituant le site, à la contribution de tous les intranautes, pour des questions, remarques, apports d’expérience, et montre sa relation au terrain par la présence de témoignages illustrés d’une photo de l’auteur dans chaque dossier thématique. S’il n’est pas centré sur la question de l’accident (dont la méthode d’analyse fait cependant l’objet d’un dossier), il indique dès son cahier des charges initial, sans mention de temporalité, la possibilité d’informer dans une page « Actualités » les salariés de la survenue d’accidents grave, dans une perspective notamment d’infléchissement de la rumeur, medium majeur de diffusion des informations sur les accidents graves (entretien avec Michel M., le 15.01.03). L’observation du travail du comité éditorial et de la constitution progressive des textes proposés sur le site, qui fait apparaître la constitution collective d’une censure de toute information sensible (qualifiée de « sélection de l’information » et de « lissage »), notamment à propos des conditions de la prévention du stress (Douyère, 2009 a), nous a permis de voir la difficulté du comité éditorial à honorer son ambition de « communiquer sur les accidents ». Si, dans le principe, « il n’y a aucun problème » (Marcel R., entretien du 13.02.03), la recherche d’une formulation, le choix des informations à communiquer font apparaître de vives dissensions dans le groupe, et produisent un débat dont rien finalement n’émerge, et qui conduit le plus souvent au renoncement devant la perspective de publication d’une information sur l’accident. Un échange au sein du comité éditorial du site e-Prévention, à propos d’un accident survenu à Besançon, illustre cette difficulté :

– Éliane Lespinasse (ingénieur sécurité à la DRH) : Donc voilà donc je… Alors je sais pas si euh… Je sais pas ce qu’on fait paraître, ce qu’on fait pas paraître… Moi je sais pas, je suis euh… Est-ce qu’il faut attendre, euh… Moi je… Est-ce qu’on attend d’avoir, euh… que l’enquête… ait été faite pour le publier ? Euh… Je sais pas…
– (
Silence)
– Éliane Lespinasse : Vraiment, je suis, euh, je suis très…
– Victor F. : Je pense qu’il faut être prudent, quand même…
– Bertrand G. : Oui.
– Éliane Lespinasse :… très circonspect en la matière… Autant, je vous dis, il y a deux jours, j’aurais dit, bah, écoutez, l’info qui est donnée, euh, aux formations syndicales, ça me pose pas de problème de la mettre, puisque… autant là maintenant je suis plus, je, si y a eu un expert qui a… qui a validé le truc moi je suis un peu embêtée… Donc voilà…. Bah, écoutez, on réfléchit… […]
Je veux bien qu’on en discute, mais je sais pas que faire paraître, comment il faut le faire paraître…
(Comité éditorial du site e-Prévention, réunion téléphonique du 6.03.03)

L’information ne sera pas publiée sur le site, mais sur NetRSA (ex-Unir). La non-publication de relations d’accidents sur le site e-Prévention est par ailleurs ressentie comme un échec par les membres du comité :

Le plus sensible…, c’est […] le problème des accidents. Ça, c’est un…, c’est presque un échec, mais bon, euh… Pas réussi… On n’a pas réussi à dépasser l’idée d’une censure liée aux problèmes juridiques derrière un accident pour en parler. Donc, c’est un peu dommage… On se prive de… d’un élément, mais, effectivement, on a pas dépassé ce point là…
(Michel M., entretien du 27.01.03)

La position des acteurs de la prévention des risques est en effet ambiguë : si le danger « d’écrire des choses fausses qui pourraient nuire », en sorte qu’il « faut être très prudent », est bien présent aux esprits, il leur apparaît également cependant nécessaire de « faire une analyse pour que ça serve » (Richard M., entretien du 21.01.03). La marge de manœuvre paraît étroite aux membres du comité éditorial du site e-Prévention : il faut « mettre un minimum d’info » (Bertrand G., entretien du 23.01.03), tout en ayant à l’esprit l’idée que « les directeurs d’unité ne veulent pas voir ça écrit » (idem), or le site s’est donné pour but d’aller à la rencontre des managers, dans une perspective de les mobiliser en vue de la prévention des risques dans les situations de travail.

Le recours à l’écriture, rendue publique par la diffusion numérique, pose donc problème en ce qu’elle constitue une trace mobilisable dans la recherche d’imputation de responsabilité et le traitement par l’entreprise de l’accident, déclaré auprès de la caisse d’assurance maladie et de l’inspection du travail, et qui peut faire l’objet d’une procédure pénale (Trinquet, 1996, p.137-144). Si la parole est libre (conversations téléphoniques, entretiens, échanges interpersonnels à l’écart d’une réunion, ou publiquement, sont nombreux quand un accident survient : « on ne parle que de ça »), l’écriture est contrainte, et contrôlée par le management et les ressources humaines de l’unité concernée, du fait des implications possibles du texte. L’écrit fait peur, car il peut devenir lui-même un fait.

L’analyse même de l’accident est en effet un processus, relevant de méthodes formalisées notamment par l’INRS (Institut national recherche sécurité), comme l’arbre des causes, qui s’inscrit dans un processus temporel long et demande une enquête pour simplement en expliquer la nature, le déroulement, et les causes. La relation immédiate fournie par les acteurs, témoins ou secouristes ne saurait constituer une version « écrivable » de l’événement, au sens où l’écrit viendrait conférer une réalité à une version non nécessairement établie par l’enquête. La « réalité » doit être constituée par l’investigation avant que d’être écrite. L’écriture est donc « impossible », et une description et analyse d’accident, outil essentiel de la prévention, largement utilisée par la presse et les formations spécialisées, suit généralement de loin la survenue de l’accident. La rapidité de diffusion que permet le numérique ne coïncide pas ici avec la lenteur de la possibilité de constitution du texte qui viendra extraire informations, expérience et connaissances de l’évènement. L’« immédiateté » proposée par le numérique affronte ici le temps de la pensée, de l’analyse et de la compréhension. Une matérialité temporelle apparaît, constitutive de la constitution même de l’événement dans sa dimension écrite, que le dispositif numérique d’information esquive.

Conclusion

La rationalisation de la politique de prévention des accidents professionnels et de gestion des coûts et incidences juridiques financières et administratives des accidents passe chez Selenis par la rationalisation de la transmission et de la conservation de l’information sur un dispositif numérique, alors même qu’existe une communauté professionnelle, une hiérarchie dans la fonction sécurité, des procédures de travail, qui permettent à l’information de s’échanger, en lien avec l’action. Cette mission confiée au support technique ne peut qu’étonner qui, prétendant l’équiper, semble venir dénier l’efficacité de l’organisation conçue pour gérer et encadrer la sécurité au travail. La notion d’ « outil » au service de celle-ci est ici à interroger, dans la mesure où, à rebours de la définition même, il s’agit d’un outil qui ne sert pas, mais devient plutôt objet et support de la constitution de la représentation de la politique de sécurité dans l’entreprise.

Les dispositifs techniques utilisés chez Selenis, en lien avec les transformations de l’entreprise et son inscription dans la « modernité » (Linhart, 1994), ― qui qualifie et que représentent les services qu’elle conçoit et promeut ―, pour remplacer les procédures administratives traditionnelles de transmission de l’information (Gardey, 2008), écrite ou orale, attestent, outre d’un souci d’une rationalisation de la technique autant que par la technique (Bouillon, 2003), à la fois d’une représentation artificielle et réductrice des formes sociales d’échange dans l’entreprise, réduites à une saisie d’information interconnectée, le lien social se trouvant ramenée à une « connexion » (Craipeau, 2001), d’un investissement fétichiste et réificateur (Gabel, 1977) de l’objet technique, investi d’une confiance qui ne saurait être accordée aux ressources humaines.

Plus frappant encore semble l’oubli de la dimension temporelle (Maldiney, 1990, parle de « chronogénèse ») dans la constitution de l’information et de la connaissance qui la rend possible. Cette volonté de faire comme si le temps n’existait pas, ou pouvait être accéléré, instantanéisé, alors qu’il s’agit d’une réalité matérielle indépendante des phénomènes communicationnels, non réductible à la seule représentation que l’on en peut avoir, apparaît comme une illusion majeure de ces dispositifs numériques de téléinformation, dans un domaine ou seul le temps de l’enquête, de l’expression et de l’analyse des enjeux en terme de responsabilité permet de produire une information juste et pertinente, qui prenne tout son sens dans l’organisation qui la produit et l’accueille. Ces dispositifs techniques, posés comme nodaux, ne constituent dès lors qu’un à côté de la transmission, orale, puis écrite, de l’information sur les accidents du travail dans l’entreprise qui a peut-être, en soi, une fonction communicationnelle : dire l’efficacité de l’organisation dans la gestion et la prévention des accidents du travail, sans dire l’accident.

Notes

(1) Tous les noms propres de membres du personnel de la dgm et de Selenis ont été modifiés.

(2) Le nom donné au système d’information rh a été modifié.

(3) Askenazy (2004) voit de la sorte une influence du web sur la diminution des accidents de travail, par la diffusion de l’information sur les accidents dans les entreprises.

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Auteur

David Douyère

.: David Douyère est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 13, responsable du master Communication et Ressources Humaines en apprentissage, et chercheur au Labsic.